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samedi, 16 avril 2011

De la méthode

Ce que nous vivons aujourd’hui en Tunisie est assez exceptionnel et l’espoir de voir notre pays vivre en démocratie n’a jamais été aussi grand. L’Instance de Yadh Ben Achour a fini par accoucher, presque dans les temps, d’un projet de code électoral révolutionnaire. Révolutionnaire pour plusieurs raisons :

-Le fait de confier l’organisation des élections à une instance indépendante, en dehors du contrôle du ministère de l’Intérieur est un acte de rupture radical avec le passé ! Tous les « magouilleurs » qui ont falsifié les élections durant les 40 dernières années seront « hors d’état de nuire ».

-Le fait d’interdire les anciens responsables du RCD de se présenter est aussi un acte important. Je ne sais pas ci cela concernera 200 personnes ou 50 000 personnes, mais cela voudra dire que nos futurs élus ne seraient pas de la même nature que ceux que nous avions avant ! Cela aussi répond à une volonté populaire forte que nous avions porté depuis le 14 janvier : « RCD Dégage ! ».

-Le point le plus important concerne la Parité. Décision Sage qui reconnait la place de la femme dans notre société et sa participation active dans la chute du régime de benali. Les réactions depuis cette décision sont nombreuses :

-On conteste la légitimité de cette commission… Soyons clair ! Nul n’est légitime en Tunisie aujourd’hui pour parler au nom du Peuple ! Cette commission a le mérite de faire tout de même l’objet d’un large consensus. J’entends aussi ici et là des appels au référendum, qui réalisera ce référendum ? Quelle commission légitime pourra organiser le référendum ? C’est un cercle vicieux sans fin qui ne finira jamais ! Alors arrêtons de critiquer, mieux est l’ennemi de bien ! L’objectif c’est d’avoir un gouvernement légitime au 25 juillet et pas plus tard ! Le Pays a besoin de se remettre en ordre de marche, l’économie est à l’arrêt, le tourisme est au ralenti, l’investissement est absent…

-On conteste le mode de scrutin : Aucun mode de scrutin n’est parfait ! J’ai déjà expliqué ma préférence pour les listes. C’est un mode plus facile à organiser et qui a ses avantages et inconvénients. Les tenants du mode uninominal par quartier savent pertinemment qu’il est difficile de mettre en place ces élections pour le 24 juillet dans la mesure où un découpage électoral de la Tunisie en petites circonscriptions aurait nécessité une estimation de la population et un découpage « zenga zenga » difficile à finaliser en quelques semaines !

-On conteste la parité ! Et je suis étonné de voir que ça vient de partis se disant modernistes comme le PDP. Je ne commenterai pas plus dans la mesure où cette décision est historique, sa portée symbolique est mondiale et elle affirme la place de la femme dans notre pays. Qu’elle n’assurera pas une parité totale au sein de la constituante soit. Mais que chaque liste, indépendants et partis assument la composition de leur liste.

Le point le plus drôle est tout de même la contestation des RCDistes appuyée par Beji Kaid Essebsi lui-même qui a envoyé son « responsable de communication » tâter le terrain et a sorti ses gouverneurs pour « appuyer ». Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet, mais je rappelle juste que ces « responsables » du RCD ont été actifs ou « passifs » dans la mise en place d’un système politico mafieux qui a violé le pays politiquement et économiquement. Ce n’est pas parce que le Peuple qui a fait la révolution n’a pas dressé la guillotine pour couper les têtes de façon expéditive que ces gens la se croient tout permis et ressortent de leur abris. Les Tunisiens ont montré un attachement fort à la Justice et au Droit, il faudra mettre en place une commission nationale pour écouter ces responsables, leurs mea-culpa et ensuite accepter de « pardonner » les acteurs « passifs » de l’ère benali et juger sévèrement les autres. On n’a pas le temps de le faire, alors cette solution est la plus simple et la plus juste ! Nous sommes en train de rompre avec le système de benali, ce n’est pas avec ses « compagnons de route » que nous réussirons à le faire…. Un peu de décence est nécessaire !

Pour finir je rappelle qu’on est à 99 jours des élections, nous n’avons plus de temps à perdre ! Que chacun de nous s’interroge sur le model sociétal pour la Tunisie des décennies futures et quelle constitution nous garantirai une démocratie durable et une prospérité équitable. Et puis, dans 75 jours, la Campagne électorale commencera. Alors que chaque Tunisien qui souhaite s’engager choisisse son camp et/ou son action pour faire réussir ces élections historiques dans le monde !

dimanche, 27 mars 2011

Pour un Front de Gauche!

La Gauche Tunisienne à une longue histoire de luttes et de résistances qui trouvent leurs racines dans la lutte pour l’Indépendance du pays… Je ne vais pas raconter l’histoire, mais je vais essayer de définir les deux concepts clés qui définissent la Gauche Tunisienne aujourd’hui :

A- La Gauche Tunisienne est résolument Moderniste dans la mesure où elle épouse les valeurs de Citoyenneté universelles tel le qu’on les trouve dans les Chartes de droit de l’Homme (voir http://www.un.org/fr/documents/udhr/ ). Cela implique par exemple l’appel à l’abolition de la peine de mort où à l’égalité dans l’héritage entre homme et femme. Elle est également moderne dans sa conception des rapports de l’homme à son environnement.

B- La Gauche Tunisienne est de gauche ! Cela veut dire que son approche socio-économique est dictée par quelques idées fortes :

  • un souci permanent de Justice Sociale,
  • une recherche permanente de l’équité et de partage équitable de richesses,
  • la Solidarité, avec un parti pris pour défendre les plus « faibles »,
  • la défense d’un Service Public fort et un rôle moteur de l’Etat,
  • il est fort possible de changer le monde ! Ne pas accepter la fatalité des inégalités, de l’ordre établi, du dictat de la Finance mondiale, …
  • privilégier «l’intérêt public » sur les intérêts de marchés ou les intérêts financiers.

Finalement, on pourrait résumer cela en une phrase : œuvrer pour une société plus juste et plus humaine. Ceci étant dit, on voit que sur les valeurs modernistes, il y a moyen de trouver un consensus entre les partis « historiques » et les partis libéraux, notamment parmi ceux qui ont fleuri depuis le 14 janvier.

Sur l’aspect économique, en alliant ces idées et un sens de la responsabilité, j’arrive à la conclusion simple : Il est de la responsabilité du FDTL et d’Ettajdid de lancer au plus vite une coalition afin de rallier les forces vives qui adhèreraient a cette vision du monde et qui seraient prêtes pour construire une Tunisie démocratique plus juste.

J’aurais pu ajouter le PDP, mais depuis quelques jours, on assiste à une « dérive » droitière de ce parti et son premier responsable « officieux », M. Najib Chabbi, rejette publiquement les propositions d’alliances à gauche même si sa première responsable (Maya Jeribi) ne ferme pas la porte. Je crois que dès que ce Front est lancé, le PDP aura à choisir son camp… J’espère qu’il fera le bon choix !

Une coalition résolument moderniste et clairement à gauche rallierait selon moi une large frange de la population et par la même obligerait l’extrême gauche à se positionner sur les sujets de fond et sortir des alliances électoralistes à contre nature avec les conservateurs !

Notre pays a besoin de réinventer son modèle de développement pour qu’il soir solidaire, durable et moderne… Notre pays a besoin d’une majorité moderniste pour que les fondements de la 2ième république ne soient pas accrochés à une gloire passée à mais résolument tournés vers un futur meilleur.

Alors pour être pragmatique, j’invite tous les modernistes de gauche en Tunisie à pousser avec moi ces deux « vieux » partis à unir leurs forces pour le bien de notre pays… Et pour leur bien :-)

mercredi, 16 mars 2011

Des règles du jeu et des enjeux...

Le débat est lancé concernant le mode d’élection de l’assemblée constituante. Il y a globalement deux options pour élire les députés. Ces deux options s’appuient sur un découpage électoral de 1 siège pour 50.000 habitants afin de décider du nombre final des députés. -Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours : Dans ce cas, chaque 50 000 habitants formeraient une circonscription de laquelle sortirait un élu. Le représentant est élu à la majorité absolue. En cas de ballotage (aucun candidat n’obtient 50% des voix + 1 voix), seuls se présentent à un second tour les candidats arrivés en 1ère et 2ème positions. Le candidat arrivé en première position en nombre de voix est élu. -Le scrutin proportionnel à un tour s’appuie sur des listes électorales qui peuvent être régionales ou nationales… Par exemple, dans chaque gouvernorat on détermine le nombre d’élus (Il y’aurait autour de 20 élus sur le Grand Tunis si on dit qu’il y a 1 000 000 d’habitants) et on vote pour des listes. Le nombre de sièges attribué à chaque liste est en fait le pourcentage des votes obtenus. La liste qui obtient 30% aurait 6 sièges dans le cas de figure de Tunis.

Bien sur il existe des variantes autour des modes, puisque techniquement on ne pourra pas découper aisément en circonscriptions de 50 000 habitants (il faudra y aller zenga, zenga et houch, houch), on aura finalement des circonscriptions avec plusieurs députés et d’autres avec des regroupements de « grands territoires » pour atteindre les 50 000 habitants. Bref, ça sera un casse tête de faire un bon découpage électoral surtout si on va vers l’uninominal. Pour ma part, je défends fermement le scrutin par liste proportionnel et je vais expliquer mes raisons : -Un scrutin par liste déplacerai la campagne électorale plus facilement sur un combat d’Idées et de programmes. En effet, voter pour 1 élu ferait que l’on va choisir le bonhomme ou la bonne femme qui nous plait le plus et pas forcément dont les idées ou le programme nous corresponde le plus. Pire encore, dans certaines région, on va exacerber les reflexes tribaux et le clientélisme au détriment des valeurs des candidats. -Les enjeux de la Constituante sont tellement importants pour l’avenir du Pays qu’il me parait choquant de ne pas avoir de débat de fond durant les semaines à venir. On va rester sur des débats de proximité, du populisme et on risque de voir des méthodes peu orthodoxes (achat de voix, etc…). -Avoir des dizaines de candidats plus ou moins indépendants qui se présentent de façon individuelle va aboutir à une assemblée pas claire dans laquelle les ex RCD recyclés sous couverts d’indépendants ou de notables locaux seraient légions. Une assemblée dans laquelle les visions de la Tunisie des uns et des autres commenceraient à se clarifier le 25 juillet. Une assemblée ou la coalitions des « traditionalistes » serait plus grande que prévu, une assemblée ou les coalitions seraient à contre nature… J’ai déjà lu ici et là que le modèle le plus « démocratique » est le suffrage uninominal : Je ne suis pas d’accord ! La démocratie n’est pas uniquement l’expression de la majorité, c’est également la protection des minoritaires ! Il faut que les « idées » minoritaires soient entendues ! Et on ne pourra pas les entendre si on les sort mécaniquement du débat. J’ai également lu des arguments du type : La proportionnelle par liste va faire le jeu des partis au détriment des indépendants. Je suis en partie d’accord ! Mais il faut assumer ! Nous aurons aux élections quelques 70 partis politiques, cela m’étonnerai fortement qu’on n’aura pas de parti politique qui corresponde à 90% des aspirations de chaque Tunisien. Il est temps que ces « Personnalités » « Indépendantes » s’engagent, il est temps qu’elles mettent leur égo de coté et si elles n’y arrivent pas qu’elles créent des partis autour d’elles ! Et puis les procès d’intention et les raccourcis faciles de type « tous pourris » ne valent pas un millime dans un paysage politique quasi vierge… Je souhaite que lors de ces élections, les projets des uns et des autres soient clairement identifiés afin que l’on vote pour la vision de la TUNISIE qui corresponde le mieux à nos aspirations ! Khaled Abdeljaoued

lundi, 7 février 2011

Soutenir une transition démocratique «douce» ne veut pas dire avaler des couleuvres !

Je l’ai écrit, on ne peut sécuriser cette transition qu’en démantelant le RCD ! Il semble qu’une sentence politique est prise dans ce sens avec la décision du ministre de l’intérieur (encore faut il qu’elle soit confirmée puisqu’elle a disparu du site de la TAP).

Cela ne m’inquiète pas puisque c’est l’affaire de quelques jours…

Ce qui m’inquiète par contre c’est les anciens caïds de l’ancien régime qui continuent à noyauter partout et la naïveté politique complice du gouvernement :

-Les nominations des gouverneurs faites au dépit du bon sens sans consulter les « soutiens » du gouvernement (voir communiqué d’Ettajdid ou de l’UGT), sans même consulter les ministres de ce gouvernement qui ont accepté de soutenir une transition vers la démocratie par devoir !

-Les nominations au niveau des médias nationaux (radios et journaux) qui semblent sortir du bureau du sinistre abdelwaheb abdallah!

-Les nominations au sein des commissions, si importantes pour la transition démocratiques, ne font pas l’unanimité...

D’autres cafouillages viennent semer le trouble comme les déclarations de hédi baccouche, les nominations des administrateurs judiciaires (le financier de Princess Holding a, semble t il, été nommé par la justice pour gérer la boite qu’il a monté de toute pièces pour sakhr materi), les sorties incongrues du ministre des affaires étrangères, les «oublis» flagrants dans le gel des avoirs (il manque des membres de la famille, des belles familles ou des prêtes noms notoires).

Heureusement que le Peuple Tunisien est aux aguets !

Je veux bien soutenir un gouvernement de transition pour qu’il gère les affaires courantes le temps de faire des élections. Mais ce soutien n’est valable que si les choses sont claires par rapport à sa composition et son rôle :

En premier, j’attends de ce gouvernement un démantèlement méthodique et exhaustif de la machine rcd et de l’organisation mafieuse qui s’y est collée. On est bien partis mais certains départements ministériels sont en retard et d’autres ne semblent pas vouloir le faire ! De plus la relation incestueuse PSD-RCD / Etat a duré plus de 50 ans, il va falloir y aller au Karcher !

En second lieux, j’attends que ce gouvernement (j’inclus le Président) s’engage sur un calendrier électoral clair (quelle élections et quand) avec des dates butoirs pour les amendements de la loi qui gère les associations et les partis ainsi que la refonte du code électoral. Cette activité doit se faire avec un maximum de consultations voir faire appel a un référendum populaire pour trancher les grandes questions (chronologie des présidentielles et législatives ; mode de scrutin, ou autre).

En troisieme lieux, j’attends que ce gouvernement déclare la guerre à la corruption ! Qu’il gèle les privatisations, qu’il réexamine les marchés publiques, qu’il annule les marchés passés avec des dessous de tables, qu’il renationalise les sociétés publiques mal acquises, même si c’est des « partenaires » étranger !

En quatrième lieux, j’attends de ce gouvernement un changement des hommes à la tête des grandes administrations, des entreprises publiques, etc… Afin que les trois premiers points soient réalisés sur le terrain.

Il est urgent que ce gouvernement mette hors d’état de nuire les vieux « caids » qui continuent à tirer les ficelles ! Il est anormal que ghariani apparaisse encore sur al jazeera ou fasse encore des réunions, qu’abdallah reçoive encore chez lui… Il est anormal de voir les chefaillons du RCD encore à l’œuvre dans nos villes… Il faut les arrêter, leur couper le téléphone et commencer les interrogatoires ! Il faut également couper les robinets des commissions occultes (les rumeurs sont grandes) qui continueraient de tomber chez les proches de l’ancien régime !

Une fois ceci fait, on peut sereinement aborder la suite et relancer notre économie !

Notre Révolution avait, pour moi, trois principaux objectifs, la Liberté, la Démocratie et la Justice Sociale. Ce que j’ai exprimé jusque là c’était pour avoir des assurances fortes pour la Liberté et la Démocratie. Mais le plus gros enjeu pour moi sera celui de la Justice Sociale. Quel développement durable pour les régions ? Quel modèle de partage de richesses ? Quelle fiscalité ? Quelle Economie ? Sur ces points, les libéraux ont pris une grande avance ! La gauche n’est pas organisée pour défendre ce terrain… La bataille sera rude et les forces en présence, globalement d’accord sur les premiers points, devraient s’organiser pour l’avenir de notre Pays.

lundi, 31 janvier 2011

Les Barbus sont la?

Depuis ce matin, l’arrivée de Monseigneur Rached Ghannouchi déchaine les passions chez les progressistes (« plutôt laïques », les « laïques », les antis religieux, etc..) et les religieux traditionalistes (a divers degrés).

Pour être clair, je considère que le modèle tunisien actuel, dans sa relation a la Religion, n’est pas mauvais (du moins en théorie).

Je crois que nous devons séparer le plus possible la religion du politique. Cela veut dire, par exemple, que les mosquées doivent être « autogérées », que les partis « traditionalistes » doivent être libérés. La bataille est une bataille d’idées, elle devrait se dérouler sans violence (même si les premières sorties des « islamistes » ne sont pas rassurantes) avec des espaces de liberté pour que les visions du monde se confrontent ! La justice et l’état doivent également veiller au respect des lois…

Pour ma part j’ai choisi mon camp : Je ne veux pas d’une loi coranique anachronique en Tunisie.
Plus particulièrement, notre code du statut personnel aujourd’hui me parait trop religieux et il mériterait des amendements basés sur une lecture plus ouverte de l’ISLAM afin que l’on puisse aller vers une vraie égalité des sexes à tous les niveaux (Droits et devoirs).

Je ne suis pas certain que la Tunisie serait « Islamiste » de « nature ».

Je souhaite avouer, tout de même, une petite inquiétude : Beaucoup de personnes qui partagent ma vision sont en train de se diviser sur les questions économiques. Ils ont raison !

Mais je les invite à être plus pragmatiques ! Dans cette phase de transition, ou l’une des clés de la bataille électorale serait la position religieuse (en attendant une maturité démocratique qui permettrait à tous d’avoir des grilles de différenciation qui incluraient le programme social, économique, etc…), je les invite a se regrouper, si possible autour des pôles déjà existants afin de les renforcer, les aider a se structurer (50 ans d’oppression les ont affaibli)… Le front « moderniste » aborde cette phase de transition divisé alors que le front «traditionaliste » sera uni (même si par la suite il se divisera). Pensez y chers amis, faites vos choix, engagez vous !

Et puis avant de dormir, gardez un œil ouvert !

Point du Soir…

Nous avons choisi pour notre Révolution un modèle de transition « douce » afin de ne pas casser complètement les acquis du pays notamment sur le plan économique.
Ce modèle est à l’anti thèse de ceux qui réclamaient une « table rase » afin de rebâtir a nouveau. Je ne vais pas polémiquer sur le sujet, les faits sont là et c’est parti n’en déplaise aux révolutionnaires sincères, aux révolutionnaires de circonstance (ceux qui affichent comme programme politique d’écouter la rue) et aux contre-révolutionnaires (tous les caciques et notables du RCD, les barons de l’UGTT, etc…). Je m’adresse particulièrement aux révolutionnaires sincères pour les inviter a lire la suite du texte parce que leur rôle est important les mois qui viennent. Les défis qui se pose aujourd’hui (il est clair que cette analyse est valide a cet instant puisque la donne peut changer) sont de deux natures :

-Economie : Le pays a marque une pause, salutaire, de quelques semaines… L’espoir est Grand et nous nous devons tous de remettre notre économie sur les rails avec des règles du jeu saines. Ceci veut dire chasser le clientélisme, faire la guerre a la corruption, libérer l’administration du joug du RCD afin de libérer l’initiative de nos fonctionnaires et leur permettre d’être jugés uniquement sur le mérite et la qualité de leur services aux citoyens.

Il est temps d’avoir un Economie saine (ou tout le monde paye ses taxes), sans corruption, sans favoritisme, équitable s’appuyant sur une Justice forte et Indépendante.

Pour faire cela, nous devons être tous responsables, engagés dans nos devoirs et fermes sur nos droits.

-Démocratie : On ne sort pas de 50 ans de Parti Unique indemnes ! Les vieux reflexes sont là, l’Administration est en relation incestueuse avec le RCD depuis des lustres, la rendre neutre et la remettre au service du Citoyen est un challenge de taille.

Les médias publics peuvent être sous contrôle. Les médias privés appartenant aux familles de l’ancien régime ou a leur affidés peuvent avoir leur propre agenda.
Une instance de contrôle indépendante est nécessaire, l’octroi d’autres licences est également urgent ! Les municipalités sont encore gérées par le RCD (A l’exception de quelques unes ou le Peuple a pris le pouvoir via des Groupes de Citoyens)… Passer en mode Service Public, neutre et équitable est un des gros défis des semaines à venir…

Et puis, notre peuple, mature et Citoyen, n’a pas l’expérience de la démocratie ! Il faut que l’on se mette tous en mode apprentissage accéléré.

En fait, notre rôle de Citoyen vigilant est primordial pour construire un pays démocratique !

dimanche, 23 mai 2010

Petites réflexions sur Ammar, l’opposition et les autres…

Hier Samedi, nous étions quelques poignées habillés en blancs en signe de protestation contre « Ammar 404 », personnage fictif, qui filtre le net Tunisien. Tout d’abord, les « Groupes » sur l’Avenue : -Les « Geeks » à l’Africa, en force et en blanc… plus de 20 -Les Tajdiens et « amis » au Café l’Univers (une dizaine) et une poignée au Grand Café, -D’autre « militants » que je connais de vue mais pas de nom, a l’Univers, au Grand Café, etc.. …. Bref une bonne centaine selon mes estimations et ma balade vers 16h, dont la moitié de « jeunes puceaux et pucelles » de la politique qui ont du sortir du monde « virtuel » pour la première fois… Une amie sur facebook a posté un commentaire déçu du « peu de mobilisation », je partage son amertume, mais je tien a lui dire qu’étant donné le contexte, cette centaine de personnes est une Grande lueur d’espoir pour notre pays ! -D’abord, c’est le premier pont entre une contestation virtuelle, somme toute active, et le monde réel… -La mobilisation d’hier, malgré la présence massive et nerveuse d’Agents, a montré que l’on peut protester « avec la Manière » et pour certains « avec Classe » sans se faire tabasser ni « aller en Prison ! » comme beaucoup le pensent... ou le craignent. -Les initiateurs de la Manif «Non autorisée » sont des acteurs du net Tunisiens, peut être sans engagement dans un parti politique, mais en tout cas avec un fort engagement citoyen et donc par définition politique ! D’autres « membres du réseau virtuel » dont une particulièrement c’est félicitée que les initiateurs et les acteurs ne fasse pas parti de l’opposition, et la je la cite : « … l'opposition tunisienne avec son arrogance est la cause de tout les maux de la Tunise... » Je ne partage pas son raccourci… L’opposition existe, certes pas suffisamment unie, mais c’est elle qui empêche de tourner en rond et la majorité des « petits hommes blancs du 22mai » venait des rangs de cette Opposition… Et ils ont joué le jeu, sans arrogance et sans récupération ostentatoire… Ce type de « sentence » présage déjà d’un « nouveau parti » tout aussi arrogant que les autres si ce n’est plus. Ceci étant dit, l’heure de vérité arrive… La contestation virtuelle aura-t-elle suffisament de souffle ? Profitera t elle de ce flash mob réussi et sans incident pour remettre cela ? On saura dans les jours qui viennent si c’est tache d’huile ou un coup d’épée dans l’eau. De toute facon, Ammar perdra sa 404 tot ou tard....

Pour ma part, a la prochaine invitation, la table de Slim, Yassine et Emna est à ma charge !!!!!!

Sante a tous !!!!.

mercredi, 10 février 2010

2010 : l’Année faste des télécoms !

Ce début d’année a été riche en événements dans notre « microcosme ». La démission du CEO emblématique de Zain (Dr Al Barrak), le départ de Didier Lombard le CEO de France Telecom, la crise d’Orascom en Algérie, le départ du patron de Sun… La réorganisation annoncée hier d’Ericsson, la relance d’Ettisalat, le lancement d’Orange Tunisie et la nomination d’un nouveau ministre des Télécoms, on peut dire que 2010 sera riche en événements même en Tunisie ! D’abord au niveau des ressources humaines ou on va encore assister certainement à quelques mouvements au niveau des operateurs (ca a commencé), des SSII et installateurs (la guerre des ressources et des salaires s’annonce rude) et des entreprises « publiques »… Puis au niveau des offres et services : les couteaux s’aiguisent, les réseaux s’étendent, se densifient, la fibre optique s’étire partout… au bénéfice du consommateur et de nos entreprises qui pourraient accéder une infrastructure plus dense, moins chère et surtout qui pourraient obtenir une haute disponibilité en combinant différents réseaux. Les Gros projets sont la également au grand bénéfice des installateurs Telecom, des SSII et des fournisseurs d’équipements. Il est vrai que le Chinois Huwawei est en bonne position, mais il y a du boulot pour tous et quelques uns de nos champions locaux s’en sortent très bien. Si on rajoute à ces investissements, déjà gros, les budgets publicité qui vont exploser, on imagine aisément l’apport économique colossal de notre secteur cette année. On peut donc dire que Si Naceur Ammar arrive a un moment fort avec des conditions plutôt favorables mais du pain sur la planche il en a ! Il est attendu sur beaucoup de sujets dont : -La régulation : l’INT devrait être renforcée considérablement pour garantir une concurrence saine et surtout elle devrait assurer une information fiable aux utilisateurs en publiant des rapports de comparaison à des fréquences qui les rend utilisable ! (La dernière publication date de 2008 sur le site web). -Les ISPs, quel avenir avec Orange comme operateur universel et les rumeurs incessantes sur les intentions de TT de faire une acquisition majeure ? -La 3G avec des attentes fortes chez TT et Tunisiana qui sont au starting blocks et qui attendent impatiemment une confirmation de leur date de lancement -La structure capitalistique de TT avec toutes les annonces faites sur un désengagement éventuel des Emiratis… -l’ouverture de capital de Tunisiana avec une entrée en bourse fort attendue. -La stratégie IT ou il va falloir initier le plan « Tunisie Terre d’Innovation » tout en continuant le « Tunisie terre d’accueil »… En effet, l’image « Tunisie Amie » est bien partie et les aides aux investissements étrangers commencent a porter leur fruits, mais quid du financement de l’innovation et des « petits poucets » locaux ?

La liste pourrait être longue, mais je m’arrête la pour aujourd’hui… Et avant de terminer, je souhaite une bonne et excellente année a tous mes lecteurs (pas si nombreux).

mardi, 10 novembre 2009

Peaux de bananes ou simplement « on montre les muscles » ?

On lit depuis quelques temps des “analyses” sur le secteur des télécoms en Tunisie avec ici ou la des « bien penseurs » qui donnent des leçons aux marketeurs et communicants des operateurs… Sans tomber dans le piège de la critique facile, admettons tout de même que notre pays est encore « un peu en retard » en termes d’offres par rapport a la vielle Europe ou par rapport a des marches émergentes fortement concurrentiels… Ceci étant dit, on ne peut pas reprocher à nos operateurs d’être des « followers » ou des « copieurs » quand on voit une offre qui ressemble a ce qui existe chez un des 400 operateurs dans le monde. En terme de marché des télécoms, les « astuces » qui marchent par type de consommateur sont connues et n’en déplaise à notre « EGO », le Tunisien est un « consommateur de base » comme il en existe partout et comme on le décrit dans les livres de marketing. Ceci étant dit, regardons maintenant les préparatifs que lancent les uns et les autres pour accueillir M. Orange dans quelques mois. On voit déjà un regain d’activité commerciale chez les deux operateurs « historiques » avec des offres de plus en plus agressives. On voit déjà se dégager des tendances sérieuses qui méritent d’être notées : -D’abord les offres d’abondances (illimité) avec Elissa de TT en fer de lance. -Ensuite les offres Famille (Tunisiana) et communautaires (Elissa chez TT, Tiffosi chez Tunisiana et le grand succès « Amigos » chez Tunisiana)

Toutes les offres « classiques » des télécoms qui on fait leur preuves en Afrique du nord, en Turquie et dans des pays a la typologie similaire sont visitées et adaptées. Avec tout de même un souci important qui transpire : Pas de destruction de valeur pour l’Operateur. On surveille de près les marges et on veille a ne pas déclencher une « folle guerre des prix »…

Une autre offre a retenue mon attention ce mois ci c’est celle de Tunisiana pour le post payé : Un palier de 12 secondes ensuite une facturation a la seconde ! Enfin l’offre tant demandée par la presse depuis des années.

Toutes ces offres, si elles n’existaient pas sur le marché auraient fait le bonheur des stratèges de Divona-Orange. Mais elles sont la pour mettre la barre plus haute pour le nouvel entrant et lui montrer que sur tous ces axes, ils sont capables de suivre. Alors quel angle d’attaque pour Divona-Orange ? L’iPhone ? Vont-ils profiter des accords mondiaux du groupe Orange pour nous ouvrir les portes d’iTunes ? La 3G ? Quel contenu ? Quel prix ? Seront-ils plus compétitifs que les offres d’abondance GPRS déjà sur le marché ? Mais le vrai enjeu est quand même la voix qui représente encore une majeure partie des revenus des operateurs en Tunisie. Le nouvel entrant entrainera-t-il les deux autres dans une guerre de prix pour conquérir rapidement une part de marché au risque de « ne pas gagner de l’argent » ? Les réponses en mars si mes calculs sont bons !

vendredi, 6 novembre 2009

Tounsi ou rassi 3ali ! Fatma c’est moi !

Depuis les premières infos d’hier sur Arabicca, je me sens mal ! J’ai suivi toute la journée les bribes d’informations avec comme seul résultat une dépression grandissante et un dépit indescriptible. Dans quel monde vivons-nous ? Pour qui ils nous prennent ? Monsieur Ammar & Co : Nous ne sommes pas des brebis ! Et Arabicca n’est pas une « brebis égarée » !

Pour la faire courte, à l’ occasion du 22ieme anniversaire du « Changement », je te rappelle, petit ammar, cet extrait du discours du 7 Novembre !

Moi, cet extrait là, j’y crois ! Je suis sur que Fatma aussi y crois ! Tu devras y croire !

« …L'indépendance de not pays, l'intégrité de notre territoire, l'invulnérabilité de notre patrie et le progrès de notre peuple sont l'affaire de tous les Tunisiens. L'amour de la patrie, sa protection et l'action pour son essor constituent un devoir sacré pour tous les !!!!citoyens.

Citoyens, citoyennes,

Notre peuple a atteint un tel niveau de responsabilité et de maturité que tous ses éléments et ses composantes sont à même d'apporter leur contribution constructive à la gestion de ses affaires, conformément à l'idée républicaine qui confère aux institutions toute leur plénitude et garantit les conditions d'une démocratie responsable ainsi que dans le respect de la souveraineté populaire telle qu'elle est inscrite dans la Constitution. Cette Constitution appelle une révision devenue aujourd'hui impérative.

L'époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie, ni succession automatique à la tête de l'Etat desquelles le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d'une vie politique évoluée et institutionnalisée, fondée réellement sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse… »

Bonne nuit Fatma! Nous sommes de tout coeur avec toi! Quand a toi ammar, tu va avoir de courtes nuits avec les "brebis" que tu viens de reveiller!