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Tag - constituante

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mercredi, 10 août 2011

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté

Ce matin l’humeur est morose et comme je le répète souvent, le pessimisme est d’humeur et l’optimisme est de volonté ! Je suis donc dans une phase pessimiste pour plusieurs raisons :

-L’émiettement des forces démocratiques entre partis, Indépendants, pseudo indépendants va exploser le Camp démocrate aux élections,

-La remontée des camps conservateurs : Islamistes et exRCD (ou new PSD comme ils se plaisent à se définir) et la possibilité d’un « deal » béni par les US entre ces conservateurs pour se partager « le gâteau » Tunisien,

-Le peu d’intérêt des Tunisiens à la chose publique : on regarde l’arène politique comme on commentait les matchs de foot,

-L’Ancien Système qui se protège et se redéploye avec violence,

-L’Argent coule à flot dans les rouages politiques, ce qui montre que les bénéficiaires du système benali réassurent leurs positions,

-Le Gouvernement dépassé et se laissant dépassé,

-Les révélations sur le 14 janvier et les événements qui suivent veulent montrer qu’en fait nous vivons un coup d’état contre le Clan des Trabelsi, rien d’autre !

Bref, une grande désillusion s’empare de moi et je commence à me poser des questions… Faut-il céder à la fatalité ?

N’ayant pas découvert mon coté « révolutionnaire » le 14 janvier, je pense que nous sommes dans une étape charnière et qu’il faut la négocier avec doigté. Je n’ai jamais eu l’illusion que la démocratisation du pays se fera en 6 mois, mais je ne pensais pas les forces du passé aussi puissantes !

Que faut-il faire ? Simple, il faut se battre !

Entre Ancien Système et Religieux Anciens, une troisième voix existe ! Elle dérange, elle est peu soutenue, elle n’est pas bien organisée, mais nous essayons de faire au mieux ! Le Pôle Démocratique Moderniste que nous essayons de construire et élargir est pour moi la voie la plus crédible pour transformer la Tunisie, pour consommer la Rupture avec l’Ancien Système et mettre la Tunisie sur la voie de la Modernité. Nous ne sommes pas des révolutionnaires romantiques et irresponsables, mais nous incarnerons l’alternative fiable, n’en déplaise à certains.

L’histoire d’Ettajdid, des militants qui soutiennent le pôle, des autres partis sont une garantie forte pour l’opinion publique.

Je suis peut être naïf, nous ne ferons peut être pas de scores électoraux mirobolants, mais nous sommes en train de construire la vraie alternative ! Et si nous croyons en la Tunisie, dans 2 ans, 3 ans, 10 ans… Ca finira par payer !

Non, nous ne baisserons pas les bras malgré le peu de moyens, les convictions primerons !

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté ! Je suis optimiste pour la TUNISIE !

samedi, 16 avril 2011

De la méthode

Ce que nous vivons aujourd’hui en Tunisie est assez exceptionnel et l’espoir de voir notre pays vivre en démocratie n’a jamais été aussi grand. L’Instance de Yadh Ben Achour a fini par accoucher, presque dans les temps, d’un projet de code électoral révolutionnaire. Révolutionnaire pour plusieurs raisons :

-Le fait de confier l’organisation des élections à une instance indépendante, en dehors du contrôle du ministère de l’Intérieur est un acte de rupture radical avec le passé ! Tous les « magouilleurs » qui ont falsifié les élections durant les 40 dernières années seront « hors d’état de nuire ».

-Le fait d’interdire les anciens responsables du RCD de se présenter est aussi un acte important. Je ne sais pas ci cela concernera 200 personnes ou 50 000 personnes, mais cela voudra dire que nos futurs élus ne seraient pas de la même nature que ceux que nous avions avant ! Cela aussi répond à une volonté populaire forte que nous avions porté depuis le 14 janvier : « RCD Dégage ! ».

-Le point le plus important concerne la Parité. Décision Sage qui reconnait la place de la femme dans notre société et sa participation active dans la chute du régime de benali. Les réactions depuis cette décision sont nombreuses :

-On conteste la légitimité de cette commission… Soyons clair ! Nul n’est légitime en Tunisie aujourd’hui pour parler au nom du Peuple ! Cette commission a le mérite de faire tout de même l’objet d’un large consensus. J’entends aussi ici et là des appels au référendum, qui réalisera ce référendum ? Quelle commission légitime pourra organiser le référendum ? C’est un cercle vicieux sans fin qui ne finira jamais ! Alors arrêtons de critiquer, mieux est l’ennemi de bien ! L’objectif c’est d’avoir un gouvernement légitime au 25 juillet et pas plus tard ! Le Pays a besoin de se remettre en ordre de marche, l’économie est à l’arrêt, le tourisme est au ralenti, l’investissement est absent…

-On conteste le mode de scrutin : Aucun mode de scrutin n’est parfait ! J’ai déjà expliqué ma préférence pour les listes. C’est un mode plus facile à organiser et qui a ses avantages et inconvénients. Les tenants du mode uninominal par quartier savent pertinemment qu’il est difficile de mettre en place ces élections pour le 24 juillet dans la mesure où un découpage électoral de la Tunisie en petites circonscriptions aurait nécessité une estimation de la population et un découpage « zenga zenga » difficile à finaliser en quelques semaines !

-On conteste la parité ! Et je suis étonné de voir que ça vient de partis se disant modernistes comme le PDP. Je ne commenterai pas plus dans la mesure où cette décision est historique, sa portée symbolique est mondiale et elle affirme la place de la femme dans notre pays. Qu’elle n’assurera pas une parité totale au sein de la constituante soit. Mais que chaque liste, indépendants et partis assument la composition de leur liste.

Le point le plus drôle est tout de même la contestation des RCDistes appuyée par Beji Kaid Essebsi lui-même qui a envoyé son « responsable de communication » tâter le terrain et a sorti ses gouverneurs pour « appuyer ». Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet, mais je rappelle juste que ces « responsables » du RCD ont été actifs ou « passifs » dans la mise en place d’un système politico mafieux qui a violé le pays politiquement et économiquement. Ce n’est pas parce que le Peuple qui a fait la révolution n’a pas dressé la guillotine pour couper les têtes de façon expéditive que ces gens la se croient tout permis et ressortent de leur abris. Les Tunisiens ont montré un attachement fort à la Justice et au Droit, il faudra mettre en place une commission nationale pour écouter ces responsables, leurs mea-culpa et ensuite accepter de « pardonner » les acteurs « passifs » de l’ère benali et juger sévèrement les autres. On n’a pas le temps de le faire, alors cette solution est la plus simple et la plus juste ! Nous sommes en train de rompre avec le système de benali, ce n’est pas avec ses « compagnons de route » que nous réussirons à le faire…. Un peu de décence est nécessaire !

Pour finir je rappelle qu’on est à 99 jours des élections, nous n’avons plus de temps à perdre ! Que chacun de nous s’interroge sur le model sociétal pour la Tunisie des décennies futures et quelle constitution nous garantirai une démocratie durable et une prospérité équitable. Et puis, dans 75 jours, la Campagne électorale commencera. Alors que chaque Tunisien qui souhaite s’engager choisisse son camp et/ou son action pour faire réussir ces élections historiques dans le monde !

mercredi, 16 mars 2011

Des règles du jeu et des enjeux...

Le débat est lancé concernant le mode d’élection de l’assemblée constituante. Il y a globalement deux options pour élire les députés. Ces deux options s’appuient sur un découpage électoral de 1 siège pour 50.000 habitants afin de décider du nombre final des députés. -Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours : Dans ce cas, chaque 50 000 habitants formeraient une circonscription de laquelle sortirait un élu. Le représentant est élu à la majorité absolue. En cas de ballotage (aucun candidat n’obtient 50% des voix + 1 voix), seuls se présentent à un second tour les candidats arrivés en 1ère et 2ème positions. Le candidat arrivé en première position en nombre de voix est élu. -Le scrutin proportionnel à un tour s’appuie sur des listes électorales qui peuvent être régionales ou nationales… Par exemple, dans chaque gouvernorat on détermine le nombre d’élus (Il y’aurait autour de 20 élus sur le Grand Tunis si on dit qu’il y a 1 000 000 d’habitants) et on vote pour des listes. Le nombre de sièges attribué à chaque liste est en fait le pourcentage des votes obtenus. La liste qui obtient 30% aurait 6 sièges dans le cas de figure de Tunis.

Bien sur il existe des variantes autour des modes, puisque techniquement on ne pourra pas découper aisément en circonscriptions de 50 000 habitants (il faudra y aller zenga, zenga et houch, houch), on aura finalement des circonscriptions avec plusieurs députés et d’autres avec des regroupements de « grands territoires » pour atteindre les 50 000 habitants. Bref, ça sera un casse tête de faire un bon découpage électoral surtout si on va vers l’uninominal. Pour ma part, je défends fermement le scrutin par liste proportionnel et je vais expliquer mes raisons : -Un scrutin par liste déplacerai la campagne électorale plus facilement sur un combat d’Idées et de programmes. En effet, voter pour 1 élu ferait que l’on va choisir le bonhomme ou la bonne femme qui nous plait le plus et pas forcément dont les idées ou le programme nous corresponde le plus. Pire encore, dans certaines région, on va exacerber les reflexes tribaux et le clientélisme au détriment des valeurs des candidats. -Les enjeux de la Constituante sont tellement importants pour l’avenir du Pays qu’il me parait choquant de ne pas avoir de débat de fond durant les semaines à venir. On va rester sur des débats de proximité, du populisme et on risque de voir des méthodes peu orthodoxes (achat de voix, etc…). -Avoir des dizaines de candidats plus ou moins indépendants qui se présentent de façon individuelle va aboutir à une assemblée pas claire dans laquelle les ex RCD recyclés sous couverts d’indépendants ou de notables locaux seraient légions. Une assemblée dans laquelle les visions de la Tunisie des uns et des autres commenceraient à se clarifier le 25 juillet. Une assemblée ou la coalitions des « traditionalistes » serait plus grande que prévu, une assemblée ou les coalitions seraient à contre nature… J’ai déjà lu ici et là que le modèle le plus « démocratique » est le suffrage uninominal : Je ne suis pas d’accord ! La démocratie n’est pas uniquement l’expression de la majorité, c’est également la protection des minoritaires ! Il faut que les « idées » minoritaires soient entendues ! Et on ne pourra pas les entendre si on les sort mécaniquement du débat. J’ai également lu des arguments du type : La proportionnelle par liste va faire le jeu des partis au détriment des indépendants. Je suis en partie d’accord ! Mais il faut assumer ! Nous aurons aux élections quelques 70 partis politiques, cela m’étonnerai fortement qu’on n’aura pas de parti politique qui corresponde à 90% des aspirations de chaque Tunisien. Il est temps que ces « Personnalités » « Indépendantes » s’engagent, il est temps qu’elles mettent leur égo de coté et si elles n’y arrivent pas qu’elles créent des partis autour d’elles ! Et puis les procès d’intention et les raccourcis faciles de type « tous pourris » ne valent pas un millime dans un paysage politique quasi vierge… Je souhaite que lors de ces élections, les projets des uns et des autres soient clairement identifiés afin que l’on vote pour la vision de la TUNISIE qui corresponde le mieux à nos aspirations ! Khaled Abdeljaoued