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Tag - TUNISIE

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samedi, 22 mars 2014

Lettre ouverte à Hakim Ben Hammouda

(Tribune publiée sur Business News)

Monsieur le Ministre,
Cher Hakim,

Permet moi, au nom d’un rêve partagé d’une Tunisie meilleure de te tutoyer en public malgré ta fonction de Ministre… Ca va choquer plus d’un, mais je ne crois pas que le Prestige de l’Etat dépende de mon tutoiement…

J’écris pour te dire que ta nomination à l’Economie a suscité beaucoup d’espoir en moi.

D’abord l’Espoir de te voir initier les réformes nécessaires à la relance économique et sociale de ce pays en vue de remettre en marche les ascenseurs sociaux qui ont fait que toi et moi nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui. L'espoir de voir un tissu économique de PME revivre et voir l’Etat s’intéresser enfin aux « petits » au lieu de concentrer encore les avantages aux mains des plus nantis qui ont déjà tant bénéficié des faveurs de ce pays… De l’espoir aussi parce que connaissant ta modestie, je me suis convaincu que le Tunisiennes et les Tunisiens sont aptes à connaître la vérité et à relever les défis qu’impose cette période. J’ai encore de l’Espoir également, parce que je te connais soucieux du développement durable, de la Justice sociale et que tu possèdes une vision pour le développement régional qui séduira nos concitoyennes et nos concitoyens. De l'espoir encore pour introduire une dose d’éthique dans le fonctionnement des entités qui dépendent de toi (sois plus des trois quart de l’Economie de ce pays) Et enfin encore et toujours de l'espoir pour voir une réforme fiscale équitable qu'aucun autre gouvernement n’osera entreprendre pour des raisons électoralistes…

J’ai même visualisé la « super banque publique » avec des filiales partout dans le monde qui accompagnerai l’internationalisation de notre économie, j’ai rêvé un observatoire de la bonne gouvernance, j’ai imaginé le plein de bonheur et de prospérité pour ce peuple… Je te voyais réussir une inclusion/intégration de cette « économie para fiscale » qui représenterai plus de 40% des échanges économique de la Tunisie…

Et puis, être dans un gouvernement de transition provisoire ayant potentiellement un large consensus conjugué à ton courage me laissait entrevoir toutes ces choses…

Alors, plus de 40 jours après ta nomination, tu as quelques épreuves qui détermineront le reste de ton mandat :

-Quid des audits des banques publiques ? Pourquoi ne pas publier les rapports ?

-Quid des nominations à la tête des banques, des entreprises sous tutelle et celles dans lesquelles tes collaborateurs siègent aux Conseils d’Administration ?

-Quid de ce qui se passe dans Al Karama , la CDC et autres entreprises confisquées ?

-Quid de la « Consultation Nationale » pour la « loi de finances complémentaire » ? Ou vas-tu faire tienne les recommandations élaborées par le FMI et la Banque Mondiale comme l’ont fait tes prédécesseurs depuis des décennies ?

Tu l’auras remarqué, l’establishment « mafieux » veut déjà ta peau avec ces grèves sauvages ce qui laisse sous entendre que tu es sur la bonne voie… Mais est ce assez ?

En tous cas, si tu vas sur le chemin de mes rêves… Sur le chemin de tes rêves… Sur le chemin du Courage… Sur le chemin de la Rupture avec la pensée Unique… Je peux t’assurer que beaucoup de gens te soutiendraient dont moi.

Je peux t’assurer aussi que l’Histoire Economique de ce pays se souviendra de toi.

Pour finir, je te rappelle ce que tu écrivais il n’y a pas si longtemps sur ton blog dans un article dont le titre parle de « la misère de la pensée économique post-révolution ! » :

« Dans les moments de rupture et de remise en cause de l'ordre économique établi, les penseurs redoublent de créativité et d'inventivité pour comprendre les racines du mal et surtout suggérer les stratégies et les politiques pour mettre les économies sur la voie d'une croissance durable. Comme les grandes crises dans les pays développés, les printemps arabes constituent une rupture majeure dans les cycles et les trajectoires économiques de nos contrées. Cette rupture a exacerbé l'essoufflement des modèles de développement économiques et l'incertitude ambiante. Elle exige des réponses nouvelles pour sortir de la dépression et renverser le cycle économique et offrir une nouveau modèle de développement. C'est au débat, à un échange économique et à une réflexion qui sort des sentiers battus d'apporter des réponses ambitieuses aux défis du moment. »

A bon entendeur !

mercredi, 10 août 2011

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté

Ce matin l’humeur est morose et comme je le répète souvent, le pessimisme est d’humeur et l’optimisme est de volonté ! Je suis donc dans une phase pessimiste pour plusieurs raisons :

-L’émiettement des forces démocratiques entre partis, Indépendants, pseudo indépendants va exploser le Camp démocrate aux élections,

-La remontée des camps conservateurs : Islamistes et exRCD (ou new PSD comme ils se plaisent à se définir) et la possibilité d’un « deal » béni par les US entre ces conservateurs pour se partager « le gâteau » Tunisien,

-Le peu d’intérêt des Tunisiens à la chose publique : on regarde l’arène politique comme on commentait les matchs de foot,

-L’Ancien Système qui se protège et se redéploye avec violence,

-L’Argent coule à flot dans les rouages politiques, ce qui montre que les bénéficiaires du système benali réassurent leurs positions,

-Le Gouvernement dépassé et se laissant dépassé,

-Les révélations sur le 14 janvier et les événements qui suivent veulent montrer qu’en fait nous vivons un coup d’état contre le Clan des Trabelsi, rien d’autre !

Bref, une grande désillusion s’empare de moi et je commence à me poser des questions… Faut-il céder à la fatalité ?

N’ayant pas découvert mon coté « révolutionnaire » le 14 janvier, je pense que nous sommes dans une étape charnière et qu’il faut la négocier avec doigté. Je n’ai jamais eu l’illusion que la démocratisation du pays se fera en 6 mois, mais je ne pensais pas les forces du passé aussi puissantes !

Que faut-il faire ? Simple, il faut se battre !

Entre Ancien Système et Religieux Anciens, une troisième voix existe ! Elle dérange, elle est peu soutenue, elle n’est pas bien organisée, mais nous essayons de faire au mieux ! Le Pôle Démocratique Moderniste que nous essayons de construire et élargir est pour moi la voie la plus crédible pour transformer la Tunisie, pour consommer la Rupture avec l’Ancien Système et mettre la Tunisie sur la voie de la Modernité. Nous ne sommes pas des révolutionnaires romantiques et irresponsables, mais nous incarnerons l’alternative fiable, n’en déplaise à certains.

L’histoire d’Ettajdid, des militants qui soutiennent le pôle, des autres partis sont une garantie forte pour l’opinion publique.

Je suis peut être naïf, nous ne ferons peut être pas de scores électoraux mirobolants, mais nous sommes en train de construire la vraie alternative ! Et si nous croyons en la Tunisie, dans 2 ans, 3 ans, 10 ans… Ca finira par payer !

Non, nous ne baisserons pas les bras malgré le peu de moyens, les convictions primerons !

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté ! Je suis optimiste pour la TUNISIE !

vendredi, 11 février 2011

De l'ATUGE

Depuis la nomination du gouvernement, l’attention autour de l’ATUGE est grandissante. En effet, avoir 6 ministres tunisiens issus des Grandes Ecoles Françaises est un événement de taille dans la vie de notre association qui a pour vocations de regrouper les quelques 4000/5000 tunisiens issus des Grandes Ecoles Françaises. La présence de ces ministres commence à faire couler beaucoup d’encre suivie de beaucoup de paroles à la radio puis à la télévision… Quelques précisions s’imposent afin de dissiper les malentendus : -Les Grandes Ecoles Françaises sont des établissements dont l’accès est très sélectif. Ceux qui y accèdent sont en général parmi les meilleurs élèves de leur génération avec les meilleurs résultats au Bac. -Une fois l’Ecole finie, on retrouve ces ingénieur (ou ressortissants des Ecoles de Commerce) soit dans l’enseignement et la recherche soit dans les entreprises. Etant donné les critères de sélection a l’entrée, ces « anciens élèves » font généralement de très belles carrières. Les plus audacieux créent leurs entreprises et globalement ils réussissent pas mal. - En Tunisie, on les trouve aujourd’hui dans le management d’entreprise ou pour quelques uns en chef d’entreprises. Aux premières années de l’indépendance, on les retrouvait plutôt au sein de l’Etat, puis quand les entreprises privées sont devenues la locomotive de l’Economie, on les trouve plus dans le secteur privé. -Ces ressortissants Tunisiens des Grandes Ecoles Françaises, ne sont pas tous adhérents à notre association qui regroupe 15% de notre base. Ceci étant dit, rappelons que notre association a vu le jour il y a 20 ans a l’initiative de Elyes Jouini et quelques autres afin de promouvoir deux choses : La Solidarité entre les Tunisiens des GE en France et créer des ponts avec la Tunisie. Rappelons-le, à cette époque, peu de Tunisiens « revenaient » en Tunisie pour y travailler. Très rapidement, une association jumelle a été crée en Tunisie afin de tisser les liens entre les deux rives de la méditerranée. Depuis, notre association ne cesse de grandir en toute indépendance. Nous avons eu de nombreuses tentatives de récupération ou d’entrisme auxquelles nous avons résisté. Depuis les premiers jours, nous avons pris le parti pris de notre pays et aucun parti pris partisan. On nous reproche d’avoir invité des ministres à nos forums ou a nos débats, mais nous l’avons fait sereinement, et les discussions se sont déroulé en général sans langue de bois ! J’ai entendu également des reproches quand a notre timidité dans la critique : Je rappelle que nous ne sommes pas un parti d’opposition ou une ligue des droits de l’homme… Encore moins un corps constitué (Ordre des Ingénieurs) ou un syndicat. D’ailleurs beaucoup de nos adhérents ont été actifs dans d’autres structures, généralement dans l’opposition mais tout le monde a joué le jeu pour laisser notre association en dehors du champ politique. Bref, beaucoup de procès d’intention dus a la nouvelle visibilité de l’ATUGE. Je souhaite également préciser que 3 membres du gouvernement sont adhérents sur les 6. Et que Sami Zaoui, a démissionné du Conseil d’Administration de l’ATUGE le soir même de sa nomination au gouvernement. Je souhaite également préciser que nous n’avons pas eu de sollicitations officielles ou officieuses pour proposer des noms comme certains le laisse entendre. Pour nos relations avec YML, oui nous avons soutenu l’initiative en 2009 et 2010 et pour etre complet nous nous posions des questions pour 2011! Oui nous l’avons soutenu! Il faut assumer ses responsabilités pour représenter la Tunisie dans les mouvements, apolitiques, qui tentent de rapprocher les jeunes de la méditerranée. L’idée est intéressante, les débats constructifs et la presse y était ! Il n’y avait pas de conspirations pour prendre le pouvoir comme certains le laissent entendre. Pour 2011, le CA n’a pas tranché encore… Que des Atugéens soient appelés a participer au gouvernement de TRANSITION, me parait naturel : Quand le pays est en crise, il a besoin de compétences indépendantes et efficaces pour gérer le changement et mettre en place des plans d’action rapides. Je suis fiers de ces tunisiens qui ont accepté de mettre en veilleuse des carrières internationales, de diviser leurs revenus par 10 ou par 30 pour, le temps d’un CDD, se mettre au service du pays ! Jugeons-les sur les actes ! Nous en tous cas, puisqu’ils sont des nôtres, on sera plus critiques et plus vigilants que tout le monde ! Faisant partie du premier bureau élu de notre association à Paris après sa création, et étant président de l’association de Tunis aujourd’hui, je suis fier de notre indépendance ! Le passé l’a prouvé, l’avenir le confirmera !