Beaucoup de gens critiquent l'opposition pour son "échec lors du dialogue national".
C'est vrai, l’échec est là dans la mesure où on n'a pas su imposer un candidat. Mais avions-nous un candidat?

Malheureusement, notre vrai échec est celui-là!

Ne pas avoir réussi, en tant que Front du Salut, ou au moins en tant qu'UPT, à se mettre d’accord sur un candidat est le plus grand gâchis de l'opposition!

Apres le formidable succès du Bardo, le bras de fer gagné à l'ANC, après avoir forcé Ennahdha et sa Troïka à quitter le Pouvoir, on rate les derniers mètres…

Un beau parcours gâché à la fin parce que les uns et les autres, grisés par les succès, dopés par les sondages ont voulu se la jouer solo !

Ce «petit» échec ne doit pas gâcher les succès !

Se débarrasser d’Ali Larayedh sans coup d’état est une victoire certaine pour le processus de transition démocratique ! Parce que ne nous voilons pas la face, c’est ce que nous risquions face au népotisme fascisant d’Ali Larayedh.

Revenons sur ce dialogue où les différents lobbies de l’opposition ont tout fait pour imposer chacun son candidat… Ennahdha a déclaré son choix depuis des semaines et «les initiés» avaient le tiercé du Cheikh dans l’ordre : Ahmed Mestiri, Jalloul Ayed et Mehdi Jomaa.

Une fois la carte Mestiri, soutenue par Ettakattol, grillée, Ennahdha a sorti la carte Jalloul Ayed avec des soutiens «surprises» : Afek, et Attahalof, les deux partis «néo-libéraux»… Jalloul Ayed ayant fait face à un véto clair de la gauche proche de l’UGTT, Ennahdha a sorti son troisième candidat du chapeau. Ce troisième candidat avait un soutien informel de l’UTICA et de l’UGTT et du coup une neutralité bien vaillante d’Al Massar, d’une bonne partie d’Al Jabha et à la dernière minute de Béji Caid Essebsi.

Cette stratégie d’Ennahdha était basée sur une approche tactique claire avec pour chaque candidat un élargissement du cercle des soutiens éventuels. En face, le néant ! Que des candidats anti Ennahdha, plus ou moins déclarés. A part, à sa décharge, Chawki Tabib mais qui était très proche d’un lobbyiste connu. Bref, face à une Ennahdha et un Ettakattol fidèle, l’opposition, pourtant en position de force au début, a perdu des siens à chaque pion avancé.

Aujourd’hui, nous avons un PM qu’Ennahdha a choisi pour nous. Est-il Nahdhaoui ? Je ne crois pas. Va-t-il combattre le système «Bhiri-Larayedh» ? Pas certain ! A nous d’être vigilants ! Et de ne pas lâcher prise !

Est-il l’Homme de l’Occident ? A mon sens pas autant que Jalloul Ayed… A-t-il des soutiens internationaux ? Je l’espère de tout cœur ! Nous avons besoin ces jours-ci d’un support international fort ! Beaucoup de chose vont se clarifier le jour de l’annonce du Gouvernement… En tous cas il n’aura que quelques mois pour montrer qu’il est digne du poste. Il n’aura pas beaucoup de marges de manouvres, mais j’espère qu’il aura le courage d’insuffler une dose de transparence dans l’action gouvernementale et qu’il jettera les bases d’une bonne gouvernance.

Mais pour l’opposition tout reste à faire ! Que va-t-on faire ? Y A-t-il de l’espoir pour regrouper les progressistes de ce pays ?

Ennahdha a commencé sa campagne électorale depuis des mois ! Sa structure est déjà en place. Son équipe Programme est déjà à l’œuvre ! Des milliers de dinars sont engloutis en études pour comprendre les besoins et adapter le discours. En face, rien de bon ne se dessine ! Certains annoncent leur mécontentement et qu’ils quittent le dialogue ! Pour faire quoi? La lutte armée? La désobéissance civile? Après avoir flirté avec «Rached le Grand Homme Ouvert» (sic), ils viennent aujourd’hui jouer au Che Guevara Moderniste ? Et puis dans chaque circonscription, des dizaines de prétendants s’annoncent et je ne vois pas comment et qui pourra mettre de l’ordre ? Optimiste de nature, je dois avouer que je sèche ! Par quel bout commencer ? Comment remettre de l’ordre? Saurons-nous tirer profit des échecs subis lors de la formation du Pole Démocratique Moderniste?

Comme toujours, je pense qu’il y a des choses qui vont nous éclairer : L’Amour de la Tunisie, œuvrer pour que nous soyons tous Citoyens Libres dans une Société Juste et rêver ensemble d’une démocratie prospère et durable pour le bien de tous les Tunisiennes et Tunisiens.

Alors, au travail ! Au terrain, rêvons ! Faisons rêver !