Dans la cacophonie ambiante, il est difficile de garder l’esprit clair. Pour
nous en sortir, il faut fixer l’objectif et ne pas se faire avoir par les
diversions. Alors, permettez moi de poser les éléments de l’équation afin
d’imaginer quelques éléments de stratégie. La vraie question est « que
voulons-nous pour la Tunisie ? »
Ce que nous voulons c’est rompre avec le passé et réussir notre transition
pour installer une démocratie durable qui assure une vie digne à tous les
Tunisiens. A mon avis, cela veut dire :
-Construire un écosystème politique capable de gérer des alternances
démocratiques au pouvoir,
-Réinventer un système économique équitable basé sur la
transparence,
-Assoir une République moderne et moderniste avec une bonne gouvernance de
l’Etat et du Bien Public qui garanti les libertés de chacune et
chacun.
Bien évidemment, la « Tunisie Rêvée » ne se résume pas en trois
points, mais cela donne des idées sur ma vision…
Pour y arriver, le chemin est long et épineux !
La première pierre à poser est la réussite des élections de l’Assemblée
constituante. Pour cela, il faut garantir un climat social et sécuritaire
apaisé et surtout une organisation transparente de la campagne électorale et du
vote. Ceci donnera à la Constituante une légitimité populaire qui lui permettra
de définir de façon sereine les bases constitutionnelles et juridiques de la
Nouvelle Tunisie.
Beaucoup de forces essayent de « plomber » ce processus en semant
le désordre ou en retardant le vote. Il s’agit essentiellement de divers
combinaisons politico-mafieuses qui usent de tous les moyens : Lobbying
auprès du Gouvernement, influences étrangères, manipulation des médias,
casseurs dans les rues, démonstration de force, etc… Mais le Peuple est lucide
et nous gardons le cap malgré tout ! Il faut continuer à être vigilants,
soutenir la Commission Electorale (finalement élue), déjouer les pièges au jour
le jour.
Mais comme vous l’imaginez, on n’est pas surs du résultat. Et quand bien
même nous aurons de bonnes élections, les forces progressistes et démocratiques
de ce pays doivent militer pour barrer la route (pacifiquement via les urnes)
aux forces du Passé. Ces forces, bien présentes en Tunisie s’articulent autour
de deux clans :
-Les « 3P » selon la formule d’un ami (La police politique de ben
Ali + la pègre+ l’ex parti RCD),
-Les « passéistes » qui veulent faire de notre Tunisie un pays
islamique gouvernés par les Oulémas selon une lecture ancestrale de la Charia.
Ce clan qui considère la démocratie comme un moyen d’atteindre leur fin et non
comme finalité en soi.
Bien sur chacun de ces clans a déjà ses satellites, ses versions
« light », ses pions sur l’échiquier, ses infiltrations auprès des forces
« modernistes » et progressistes, etc…
Alors que faire ?
D’abord concentrer son énergie pour renforcer les vraies alternatives à ces
clans ! Nous sommes nombreux à agir depuis des semaines pour un Pole
Moderniste Démocratique… Ca vient !
Pour ceux qui ont choisi d’autres partis politiques, assurez-vous que vous
n’êtes pas en train de servir indirectement l’un des clans passéistes !
Analysez attentivement les positions de vos « gourous » par rapport à
ces deux clans ! Beaucoup des rumeurs qui circulent parlent de scénarii
échaudés par ces clans pour se servir de vitrines «propres». Sur le court
terme, œuvrer pour faire réussir les élections du 24 juillet est un devoir
national !
Et puis ne vous laissez pas détourner de ces objectifs par les joutes facebookiennes ou les journaleux de TV7 et du Renouveau !