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Tag - Ennahdha

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samedi, 22 septembre 2012

New Arab Debates: My Introduction (October 2011, Before Elections)... I was optimist!

This was the question of the first edition of new Arab Debates on October 20th, 2011:
This House be lie ves that in the ir first free e lections, Tunisians have nothing to fear from the Islamists.

Here is my introduction:

In my opinion, we should not fear, but we should be careful. Tunisians gained awareness and they are not ready to compromise this unique opportunity of freedom and democracy by giving keys of their future to people who act differently from what they prone. Or to people who advocate a parliamentary system where the majority will act without control! They want a dictatorial model. The issue with Islamist parties is that they are using democraty to damp it as they do not believe in it!
We have noticed that during the transition process preparation Ennahdha party has participated actively in defining election rules and once it was done they left the Instance in order to stop the law concerning political parties and just yesterday, during its press conference, Mr Ghannouchi statements were really dangerous! How a serious party can claim that he will win the elections by giving a percentage? and if won't happen therefore Ennahdha will demolish any government? We also heard them claiming that they defend freedom but they are main supporters of censorship (Internet, Movies, etc…)

In fact this is what bothers me: The double language islamists are using since years!
They claim things in front of Foreign medias and they say the opposite on the ground! For instance, regarding women rights (Mr Ben Salem in Ecchourouk of April 11 insinuating that women remains unmarried because of laws protecting them ....too much) on the other hands in their program, they claim that they will not touch this law) What to believe??

Regarding keeping mosques out of the political game, they claim it every day, but they do the opposite on the field We 've seen them preaching for Ennahdha or against their competitors, replacing agressively imams, etc…The same thing about applying Chariaa, each day we have contradicted statements…

We heard them during the campaign arguing that not voting for ennahdha is haram! They do not respect the name of the game, the game of loyal competition. Their arguments are based on beliefs and threats.
Last but not least, the last event concerning Persepolis film is enough revealing how they will treat freedom in the future and people who does not have the same opinion and the way of living. In fact the biggest danger is that Islamist supporters are considering themselves as Soldiers of God and the unique defenders of Islam and thus stigmatizing the others!
The threat is that in name of Islam, they proclaim their selves defenders of the Revolution. I would like to remember the audience that benali was hard on freedom, islamists threaten also individual liberties!

Here is a link for the debate.

jeudi, 8 décembre 2011

De l'Urgent et de l'Important...

Maintenant qu’Ettakattol et le CPR ont adoubé Hammadi Jebali et Enahdha contre deux chaises beylicales, on peut parler des choses sérieuses.

La Constitution :

Le CPR et Ettakattol ont-ils obtenus des garanties de leur allié au gouvernement. Ces deux « partis » ont-ils défini quelques lignes rouges autour de la constitution avant de signer ce chèque en blanc à Ennahdha ? Tout pousse à croire que rien de tel n’est fait. Tout au plus, il ya eu accord sur des idées de réformes politiques et de grandes lignes concernant la politique socio économique.

Bref, ce que nous avons vu là est un partage de postes dans les règles au détriment de tout sujet de fond. Avec in fine un jeu au sein de la troïka de type « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

D’ailleurs les « partenaires » d’Ennahdha n’ont même pas réagi aux « fuites » sur la composition du gouvernement tellement ils étaient obnubilés par je ne sais quoi : Le Gendre de Rached El Ghannouchi Ministre des affaires étrangères, le cousin de Jebali Gouverneur de la Banque Centrale, etc… Ils n’ont pas non plus réagi aux « dérapages contrôlés » de Jebali & Co. au sujet du Khalifat, du Niqab, etc..

Considérant les derniers votes à l'Assemblée, ils viennent, par ces derniers gestes d’allégeance à Ennahdha, de griller toute la marge de négociation qu’ils avaient et vont donc finir en caisse de résonnance du Premier Ministre Jebali.

Quel Gouvernement et quelle gouvernance ?

La Troïka, ou devrais-je dire Ennahdha et ses satellites ?, discutent encore les lignes générales et « qui a droit de nommer qui »… D’ailleurs ils se sont concentrés sur les « Chefs » et les vrais problèmes de fonctionnement ne sont pas soulevés ! Quelle latitude sera donnée aux ministres ? Si l’un d’eux s’avère incompétent et que Jebali le vire, qui le remplacera ? Qui nommera les PDG des entreprises publiques ? Quelle mécanique d’arbitrage entre départements ministériels ? Quels arbitrages budgétaires ? Quelles relations nouvelles avec la société civile ? Quid des dossiers "suspendus" des biens de la famille benali, des dossiers Télécoms,..

Et, le plus important, quelle relance économique?

Tout le monde s’accorde à dire que la situation économique est dans un état catastrophique : un million de chômeurs, une administration encore sclérosée par du clientélisme et népotisme (les événements de Gafsa en sont la preuve), un investissement direct étranger à l’arrêt, investissement local moribond, … Ce sujet nécessite une Mobilisation générale ! Aucune majorité ne peut réussir ce chantier seule ! Comment une commission de neuf personnes (3 de chaque parti) peut elle décider du programme de relance ? Il est urgent qu’Ennahdha et ses appendices prennent la mesure de la tache et comprennent que ce n’est pas un sujet qui se discute dans le « secret » !

Il est urgent que la semaine prochaine l’Assemblée discute enfin, et dans un esprit constructif, de la Relance économique de la Tunisie ! Quels moyens de financements ? Avec, sans démagogie, la question de la dette, de la révolution fiscale et des incitations fiscales… Quels Grands Projets de relance ? Villes nouvelles ? Routes ? Quelle Industries nouvelles en région ? Le Chômage : Entre assistanat et Social, où se trouve l’équilibre ? L’Agriculture, la Santé, le commerce parallèle, etc… Bref des sujets importants à passer en revue avec les députés de la Nation et en portant le débat sur la place publique que l’on comprenne tous ensemble comment aller de l’avant !

Il est vrai qu’Ennahdha va continuer à polluer le débat par des sujets qui ont fait son succès, et nous seront vigilants et en opposition par rapport à une vision paternaliste de l’Etat qui doit décider des libertés individuelles…

Mais il est vrai aussi que la Relance du Pays doit se faire dans le Consensus Général, avec une mobilisation de toutes les ressources et les compétences pour combattre le chômage, faire la guerre à la misère, assurer une couverture sanitaire décente, assurer un logement salubre à tous, faire en sorte que l’école redevienne obligatoire jusqu’à 15 ans, y compris pour les filles, …

Il est donc urgent de publier la « feuille de route » avant même de la « parapher » afin que le débat public s’enclenche!

Monsieur Jebali, j’espère que Dieu vous fera un signe clair afin que vous enlevez votre burqa d’ennahdha pour revêtir un kadroun tounsi, et devenir ainsi, le Premier Ministre de tous les tunisiens dans cette guerre économique qui s’annonce difficile dans un contexte mondial morose.

Je vous propose pour commencer de lever un toast à la santé du tourisme tunisien au plus vite sinon, la saison sera morte…

samedi, 26 novembre 2011

Ennahdha : La Tentation Dictatoriale !

Les masques commencent à tomber et Ennahdha fait tout pour monopoliser le Pouvoir comme je m’y attendais depuis quelques jours… Sans revenir à la période avant le 24 Octobre 2011, durant laquelle Ennahdha a montré à maintes reprises un comportement emprunté au rcd avec une apogée le jour des élections, je vais essayer d’analyser ce qui s’est passé depuis. Commençons par les faits :

-Contrairement à ses affirmations, Ennahdha a « choisi » ses partenaires dans ce GIN (finalement devenu Gouvernement d’Intérêts Nahdhaouis…). Il n’y avait aucune volonté affichée d’avoir un VRAI Consensus National. 30% des élus (un peu plus en voix exprimées) ont été écartés volontairement des « pourparlers ».

-Les négociations avec les « partenaires » du CPR et d’Ettakattol on montré très rapidement qui commande ! Les ministères de Souveraineté et d’Education ont été trustés par Ennahdha. Les partenaires vont hériter des « problèmes » socio-économique et servir ainsi de fusibles…

-Lors des premières séances de l’Assemblée, aucune place n’a été faite à l’Opposition, même à titre symbolique ! J’aurais aimé voir Maya Jeribi en Vice Présidente ! J’aurais aimé voir un Elu hors d’Ennahdha et ses « partenaires » présider une commission ou du moins en avoir la vice-présidence… Que nenni ! On prend tous les postes ! Hors de question que l’on tienne compte d’une voix opposante !

-Les textes (Pouvoirs Temporaires et Règlement Intérieur de l’Assemblée Constituante) initiaux ont été préparés par Ennahdha et ses auxiliaires avec une volonté affichée de faire un passage en force sans discussion.

-Le contenu même de ces premiers textes affiche une volonté claire de monopoliser le Pouvoir en cette phase de transition. Le Premier Ministre devrait avoir tous les Pouvoirs, le Président serait cantonné dans un rôle symbolique et l’Assemblée Constituante en Chambre d’Enregistrement.

-Le « Futur » Premier Ministre, autoproclamé au dépit du respect des règles démocratiques, commence à intervenir dans le travail de l’actuel gouvernement causant ainsi une démission prématurée de Béji Caid Essebssi et ses ministres contrairement aux usages républicains.

Je tiens à rappeler à nos élus d’Ennahdha, ceux du CPR et d’Ettakattol, qui agissent encore en troupeau, certains principes sur la base desquels ils ont été élus :

-L’Assemblée Constituante est souveraine ! Il est hors de question de la déposséder de son pouvoir ! Le Peuple l’a élue pour qu’elle décide et non pour qu’elle applaudisse !

-La Démocratie n’est pas la dictature d’une majorité ! Il faut savoir écouter l’Avis contraire, lui garantir un espace de liberté et de parole et ne pas le cantonner systématiquement dans un ghetto sans influence ! La démocratie, c’est aussi un contre-pouvoir présent et écouté.

-Il est hors de question que la rédaction de la Constitution se fasse dans les alcôves en « secret » comme vous tentez de le faire pour les deux premiers textes !

-Pour le partage du «Gateau-Pouvoir », vous êtes en train de nous refaire du benali avec Jebali en rôle de « Multi Chef », ou devrais je dire « Mufti-Chef », aux pouvoirs les plus étendus sans aucun contre pouvoir possible ! Vous souhaitez que la contestation soit uniquement dans la rue et non au sein de l’Assemblée Constituante…

-Chaque élu-e est personnellement responsable, devant le Peuple et l’Histoire, de ses actes et de ses choix, vous en avez prêté le serment, ne l’oubliez pas !

Khaled Abdeljaoued

Docteur Ingénieur

jeudi, 1 septembre 2011

Des enjeux du jour… et du Pole Démocratique Moderniste

Ce que nous vivons depuis janvier n’est pas une Révolution au sens historique du terme dans la mesure où une Révolution balaye le système existant pour instaurer un nouveau.

Nous étions nombreux à espérer une révolution, mais la majorité du Peuple était dans une logique de « Transition ». En effet, l’autorité de l’Etat et le Système de gouvernement n’ont jamais été remis en cause à la base. La « Dégage » attitude a toujours été accompagnée par un « nommez nous un M. Propre »… A quelques rares exceptions, nous n’avons pas vu le Peuple nommer un Gouverneur ou bien un Maire… L’Avènement rapide de la « Majorité Silencieuse » a fini par enterrer le processus révolutionnaire naissant.

Ce que je veux dire par là, c’est que nous sommes aujourd'hui dans une logique de transition à négocier avec l’Ancien Système qui gouverne encore.

La pression populaire a marqué des points : Des élections démocratiques gérées par une instance indépendante, une vigilance accrue par rapport à la Justice, un éveil citoyen sans précédent, etc… D’autres sujets sont encore « ouverts » : Les médias, le financement de la vie politique, le nettoyage de l’administration, et surtout la Justice Transitionnelle.

Ma conclusion personnelle c’est que nous sommes au début d’un processus long, laborieux et semé d’embuches. Les forces du passé « contrôlent » les rouages de l’Etat et de l’Economie et sans grande concertation elles avancent les pions… L’Ancien Système (Gouvernants, Administration, Médias hérités de benali, Hommes d’affaires, Argentiers, etc…) s’est déjà redéployé :

-Des dizaines de partis RCD avec une « coalition » visible de 4 partis et une quarantaine de partis à vocation régionale. Le moins drôle, c’est que ces partis ont redoublé d’arrogance et revendiquent même un bout de la révolution. Ces partis se sont disputés les cadres du RCD et sont déjà en train de labourer le terrain.

-Le parti du «milliardaire » qui a débauché des cadres du RCD, des jeunes hommes d’affaires, des barbouzes de tout genre, etc… Ce parti à force de budget pub s’est acheté la sympathie de tous les journaux, de Télévisions et des agences de pub.

-Un investissement « massif » de certains hommes d’affaires, bien prospères, dans les partis historiques : Ennahdha, PDP et Ettakattol sont emblématiques vu les financements obtenus. Cela ne veut pas dire que ces partis sont foutus, mais pour moi, cela veut dire que ces partis ne seraient pas dans un modèle de rupture radicale avec l’Ancien Système (cf définition plus haut).

Le cas d’Ennahdha est encore plus complexe dans la mesure où elle a accueilli des milliers de rcdistes comme l’a déclaré R. Ghannouchi et qu’elle essaye de se présenter comme « alternative » paisible et crédible aux yeux de tous… Et comme l’a déclaré son Chef, elle considèrera une alliance avec les « propres du RCD » si l’« Intérêt National » l’exige… Son score aux élections avec ses deux listes nationales (celle officielles et les officieuses soutenues par Mourou) serait déterminant pour la suite des événements.

Je trouve que mon tableau peut paraitre sombre… Mais en réalité il ne l’est pas pour autant !

Les enjeux sont multiples. Là je viens de parler de « Pouvoir », mais pour être honnête, ce qui me motive ce n’est pas le pouvoir ! C’est la construction de la nouvelle Tunisie qui m’importe !
Les quelques mois passés à vouloir construire un Pole Démocratique Moderniste large m’ont éclairé sur les intentions des uns et des autres… Ceux qui sont restés dans le Pôle sont animés par un autre sentiment d’Urgence : Celui de mettre sur les rails un Pays ouvert, démocratique et prospère.

Notre enjeu n’est pas un enjeu de Pouvoir ! Quelque soit notre score aux élections, nous continuerons la lutte pour que la Rupture avec les anciennes pratiques soit consommée! Quelques soit notre score aux élections, nous continuerons à défendre une Egalité Femme Homme dans la Loi et de par la Loi ! Quelque soit notre score aux élections, nous nous battrons pour construire un Parti Démocratique qui serait une alternative sérieuse aux forces du passé pour que la Tunisie vive sa première transition démocratique par les urnes !

Je crois que le Peuple qui ira voter (espérons en masse) saura faire le tri entre les forces en présence.
C’est vrai que nous n’avons pas les moyens de faire une Campagne de Com, c’est vrai que nous n’intéressons pas les Médias de benali puisque nous appelons à réguler le secteur et que nous n'avons pas de budget pub, c’est vrai que nos positions responsables et intègres ne nous classent pas parmi les révolutionnaires romantiques, c’est vrai que nous sommes naïfs dans notre amour de la Tunisie, c’est vrai que nous nous entêtons à avoir le maximum de femmes de valeur en têtes de listes, c’est vrai que nous n’intéressons pas les Instituts de sondages, pauvres que nous sommes, c’est vrai que beaucoup de gens ne parient pas sur nous…

Mais, ce qui est sur, c’est que nous sommes animés par l’intime conviction que nous défendons la juste cause pour une Tunisie Meilleure. C’est cela notre grande force, le militantisme et l'abnégation des Démocrate Modernistes du Pôle fera la différence dans les années qui viennent !
Qui vivra verra...

mercredi, 10 août 2011

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté

Ce matin l’humeur est morose et comme je le répète souvent, le pessimisme est d’humeur et l’optimisme est de volonté ! Je suis donc dans une phase pessimiste pour plusieurs raisons :

-L’émiettement des forces démocratiques entre partis, Indépendants, pseudo indépendants va exploser le Camp démocrate aux élections,

-La remontée des camps conservateurs : Islamistes et exRCD (ou new PSD comme ils se plaisent à se définir) et la possibilité d’un « deal » béni par les US entre ces conservateurs pour se partager « le gâteau » Tunisien,

-Le peu d’intérêt des Tunisiens à la chose publique : on regarde l’arène politique comme on commentait les matchs de foot,

-L’Ancien Système qui se protège et se redéploye avec violence,

-L’Argent coule à flot dans les rouages politiques, ce qui montre que les bénéficiaires du système benali réassurent leurs positions,

-Le Gouvernement dépassé et se laissant dépassé,

-Les révélations sur le 14 janvier et les événements qui suivent veulent montrer qu’en fait nous vivons un coup d’état contre le Clan des Trabelsi, rien d’autre !

Bref, une grande désillusion s’empare de moi et je commence à me poser des questions… Faut-il céder à la fatalité ?

N’ayant pas découvert mon coté « révolutionnaire » le 14 janvier, je pense que nous sommes dans une étape charnière et qu’il faut la négocier avec doigté. Je n’ai jamais eu l’illusion que la démocratisation du pays se fera en 6 mois, mais je ne pensais pas les forces du passé aussi puissantes !

Que faut-il faire ? Simple, il faut se battre !

Entre Ancien Système et Religieux Anciens, une troisième voix existe ! Elle dérange, elle est peu soutenue, elle n’est pas bien organisée, mais nous essayons de faire au mieux ! Le Pôle Démocratique Moderniste que nous essayons de construire et élargir est pour moi la voie la plus crédible pour transformer la Tunisie, pour consommer la Rupture avec l’Ancien Système et mettre la Tunisie sur la voie de la Modernité. Nous ne sommes pas des révolutionnaires romantiques et irresponsables, mais nous incarnerons l’alternative fiable, n’en déplaise à certains.

L’histoire d’Ettajdid, des militants qui soutiennent le pôle, des autres partis sont une garantie forte pour l’opinion publique.

Je suis peut être naïf, nous ne ferons peut être pas de scores électoraux mirobolants, mais nous sommes en train de construire la vraie alternative ! Et si nous croyons en la Tunisie, dans 2 ans, 3 ans, 10 ans… Ca finira par payer !

Non, nous ne baisserons pas les bras malgré le peu de moyens, les convictions primerons !

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté ! Je suis optimiste pour la TUNISIE !

jeudi, 28 juillet 2011

Situation au 27 Juillet...

Depuis des mois, nous étions un nombreux déjà à espérer une restructuration du paysage politique en Tunisie afin de pouvoir relever sérieusement le défi de la Transition démocratique. Pour ma part, c’est installer durablement une démocratie qui m’anime et me motive. Quand je pense démocratie, je pense avant tout Droit du Citoyen, Liberté et Prospérité pour Tous les Tunisiens sans discrimination aucune (sexe, régions, milieu social). Ma lecture simple et « simpliste » du paysage politique du moment fait apparaitre 4 quatre blocs politiques qui se dessinaient :

-Un bloc des « historiques » qui ont gouvernés durant 55 ans la Tunisie avec les « New RCD », les « New Destouriens » et affiliés… Bloc peu homogène, sans chef légitime et qui essaye avec une grande peine de « se renouveler »… Ce bloc a déjà perdu une partie des troupes allées se ressourcer ailleurs, mais d’après mes observations, il va peser sur la suite des événements.

-Un bloc Islamiste, centré autour d’Ennahdha, fort d’un passé récent de victime de benali et d’un appareil logistique efficace. Ce bloc est tiraillé par deux courants forts : Les traditionalistes qui souhaitent mettre en place une « République Islamiste » et les « ouverts » qui, par conviction ou tactique, souhaitent durablement installer la mouvance dans le jeu démocratique (modèle AKP). Beaucoup de ces « modernistes » ont crée de nouveaux partis faute de stratégie claire d’Ennahdha. Ce bloc commence juste de sortir de l’enfermement identitaire et le discours religieux pour essayer d’apparaitre comme Parti de Gouvernement.

-Un bloc « Démocratique » qui regroupe ceux qui œuvrent pour installer une démocratie durable dans le pays. Les composantes historiques de ce bloc sont Ettajdid, le PDP et Ettakattol… et dans une certaines mesure le CPR (canal historique). Ce bloc s’est renforcé –ou plutôt s’est émietté- par la création d’une douzaine de nouveaux partis dont quelques uns commencent à prendre un peu de place (le PTT et dans une moindre mesure Afek).

-Un bloc d’extrême gauche (PCOT, Watad,…) et de nationalistes fort d’un discours populiste et d’un romantisme révolutionnaire qui essaye de trouver sa place dans la cristallisation des revendications mais qui essaye aussi de jouer un rôle important dans la constituante.

On a observé depuis quelques semaines des alliances, des discussions, des divorces… Mais ce qui est clair c’est que nous assistons à d’autre type de coalitions :

-Le bloc des historiques semble se restructurer autour de Kamel Morjane (depuis que Jegham a trébuché) avec des quadras de l’ex RCD à la manœuvre sous la bénédiction de quelques « vieux » destouriens « écartés » par benali.

-Une coalition électorale « tactique » pour « réaliser les objectifs de la Révolution » entre Ennahdha les Nationalistes et le CPR… Qui pourraient être rejoints par le PCOT. Contre nature me direz-vous ? Tactique je réponds.

-Un Pôle « Démocratique » avec Ettajdid, le PDP, le PTT, Ettakattol et autres nouveaux partis. Vont-ils surmonter leur Egos et leurs « conflits de personnes» entretenus par des années de Bourguiba puis de benali pour faire listes communes ? Vont-ils revoir leurs ambitions personnelles et transcender leurs intérêts partisans ? Ceci étant dit, tout ce monde sait qu’un pays comme le notre se gouverne au « Centre » et avec modération… D’ou peut être une redistribution des cartes encore une fois avant les élections.

Pour moi, j’ai choisi mon camp ! Cela fait des mois que je milite modestement afin de regrouper le camp démocratique pour que l’on puisse créer une Coalition rassurante, capable de mobiliser les électeurs. Il en va du Salut de notre pays parce que la démocratie ne peut s’installer durablement qu’avec des « partis » capables de gouverner et d’assurer une alternance au pouvoir par les urnes avec des Minorités fortes au parlement. Il est aussi important de ne pas laisser les « islamistes » en position forte parce que notre histoire a montré que c’est souvent les plus « extrémistes » qui prennent le pouvoir dans ce type de partis et cela ne pourra être que prélude à une dictature. Ma lecture des choses est peut être naïve, mais je crois profondément, qu’il est possible en peu de temps de réaliser le miracle tunisien ! Le système despotique nous a laissé des forces politiques essoufflées, mais l’espoir nouveau donne des ailes ! Nous y arriverons, j’en suis convaincu !

Et pour redonner espoir, je site SAID AIDI: « Ces dernières semaines, beaucoup de personnes me disent "on ne sait pas où on va". Tachons déjà de na pas oublier d'où on vient!»

Je rêve d’une Tunisie où nous seront des « Citoyens Libres dans une Société Juste » (je pique le slogan d’Ettajdid ;-) ).

vendredi, 15 juillet 2011

Quelle est la stratégie d’Ennahdha ?

Depuis l’arrivée du vieux (BCE), le calme est semble t il revenu dans Tunis et nous nous sommes mis en mode préparation des élections… Le consensus commençait à se mettre en place, l’Instance a sorti ses textes de loi, le gouv s’est remis au boulot et l’ISIE a lancé la machine électorale… Et puis il y a eu le report des élections et là, Boum ! El PDP et Ennahdha ont commencé l’exercice de surenchère… Suivi par l’eternel insatisfait Marzouki et son CPR. Le PDP a vite compris que son intérêt était dans le maintien du consensus… Ennahdha et le CPR (qui essayent depuis le 14 janvier de monter dans le train de la Révolution) ont tout fait pour rompre le consensus ! Il y a eu le coup d’éclat par rapport à la date, puis par rapport à la loi sur le financement des partis puis une sortie de l’instance et finalement un soutien actif à un Nième Kasbah3… Pourquoi ? D’abord je crois que beaucoup d’erreurs ont été commises dans la recherche du consensus de la part du gouvernement : Nominations de ministres Symboles de l’ère benali, absence de concertation, mépris flagrant des journalistes, des politiques, des jeunes, des familles des martyrs, etc… Et puis il y a eu des erreurs d’agenda dans la Haute Instance : La loi sur le financement des partis aurait du précéder toute autre discussion politique afin de ne pas donner les moyens aux uns et à l’autre de râler… Mais cela ne peut tout excuser! Ma question est simple : Pourquoi Ennahdha veut prendre le contrôle avant les élections ? Pourquoi cette stratégie de surenchère qui ne profite qu’aux ex RCD ? Quel intérêt ils avaient (avec leur petit ami du CPR) de monter en épingle cette histoire de sionisme et d’en faire une question existentielle en Tunisie ? Pourquoi limiter leur propagande à « L’Islam est en danger, nous en sommes les seuls protecteurs » ? Autant de question qui me font dire que ce parti est en train de privilégier ses intérêts partisans par rapport à l’intérêt National ! Ennahdha veut GAGNER ces élections par TOUS les moyens ! Je pense que si Ennahdha est le Grand parti Démocrate qu’il se prétend, il doit clarifier les choses : - D’abord arrêter cette surenchère religieuse et identitaire : L’Islam n’est pas en danger et le faire croire n’est que pour contrer leurs adversaires les plus honnêtes: «Les modernistes » ! Et surtout cacher l’absence de tout programme Socio Economique ! -Sortir du double discours par rapport aux exRCD puisqu’ils ont accueillis en leur sein énormément de sbires de benali et surtout des hommes d’affaires qui ont largement prospérés sous l’ère mafieuse ! -Arrêter la surenchère et les « perturbations » gratuites pour permettre au pays de réussir les élections du 23 Octobre.

Je crois que ce parti, s’il est aussi fort qu’il le prétend doit revoir sa stratégie de pourrissement qui ne peut mener qu’à un report des élections où à un éventuel coup d’état policier !

Ce qui se passe ne profite selon moi qu’aux ex RCD (ceux qui n’ont pas rejoins Ennahdha) et nullement à la Tunisie ! A bon entendeur !