Maintenant qu’Ettakattol et le CPR ont adoubé Hammadi Jebali et Enahdha
contre deux chaises beylicales, on peut parler des choses sérieuses.
La Constitution :
Le CPR et Ettakattol ont-ils obtenus des garanties de leur allié au
gouvernement. Ces deux « partis » ont-ils défini quelques lignes
rouges autour de la constitution avant de signer ce chèque en blanc à
Ennahdha ? Tout pousse à croire que rien de tel n’est fait. Tout au plus,
il ya eu accord sur des idées de réformes politiques et de grandes lignes
concernant la politique socio économique.
Bref, ce que nous avons vu là est un partage de postes dans les règles au
détriment de tout sujet de fond. Avec in fine un jeu au sein de la troïka de
type « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».
D’ailleurs les « partenaires » d’Ennahdha n’ont même pas réagi aux
« fuites » sur la composition du gouvernement tellement ils étaient
obnubilés par je ne sais quoi : Le Gendre de Rached El Ghannouchi Ministre
des affaires étrangères, le cousin de Jebali Gouverneur de la Banque Centrale,
etc… Ils n’ont pas non plus réagi aux « dérapages contrôlés » de
Jebali & Co. au sujet du Khalifat, du Niqab, etc..
Considérant les derniers votes à l'Assemblée, ils viennent, par ces derniers
gestes d’allégeance à Ennahdha, de griller toute la marge de négociation qu’ils
avaient et vont donc finir en caisse de résonnance du Premier Ministre
Jebali.
Quel Gouvernement et quelle gouvernance ?
La Troïka, ou devrais-je dire Ennahdha et ses satellites ?, discutent encore
les lignes générales et « qui a droit de nommer qui »… D’ailleurs ils se
sont concentrés sur les « Chefs » et les vrais problèmes de
fonctionnement ne sont pas soulevés ! Quelle latitude sera donnée aux
ministres ? Si l’un d’eux s’avère incompétent et que Jebali le vire, qui
le remplacera ? Qui nommera les PDG des entreprises publiques ?
Quelle mécanique d’arbitrage entre départements ministériels ? Quels
arbitrages budgétaires ? Quelles relations nouvelles avec la société
civile ? Quid des dossiers "suspendus" des biens de la famille benali, des
dossiers Télécoms,..
Et, le plus important, quelle relance économique?
Tout le monde s’accorde à dire que la situation économique est dans un état
catastrophique : un million de chômeurs, une administration encore
sclérosée par du clientélisme et népotisme (les événements de Gafsa en sont la
preuve), un investissement direct étranger à l’arrêt, investissement local
moribond, … Ce sujet nécessite une Mobilisation générale ! Aucune majorité
ne peut réussir ce chantier seule ! Comment une commission de neuf
personnes (3 de chaque parti) peut elle décider du programme de relance ?
Il est urgent qu’Ennahdha et ses appendices prennent la mesure de la tache et
comprennent que ce n’est pas un sujet qui se discute dans le
« secret » !
Il est urgent que la semaine prochaine l’Assemblée discute enfin, et dans un
esprit constructif, de la Relance économique de la Tunisie ! Quels moyens
de financements ? Avec, sans démagogie, la question de la dette, de la
révolution fiscale et des incitations fiscales… Quels Grands Projets de
relance ? Villes nouvelles ? Routes ? Quelle Industries
nouvelles en région ? Le Chômage : Entre assistanat et Social, où se
trouve l’équilibre ? L’Agriculture, la Santé, le commerce parallèle, etc…
Bref des sujets importants à passer en revue avec les députés de la Nation et
en portant le débat sur la place publique que l’on comprenne tous ensemble
comment aller de l’avant !
Il est vrai qu’Ennahdha va continuer à polluer le débat par des sujets qui
ont fait son succès, et nous seront vigilants et en opposition par rapport à
une vision paternaliste de l’Etat qui doit décider des libertés
individuelles…
Mais il est vrai aussi que la Relance du Pays doit se faire dans le
Consensus Général, avec une mobilisation de toutes les ressources et les
compétences pour combattre le chômage, faire la guerre à la misère, assurer une
couverture sanitaire décente, assurer un logement salubre à tous, faire en
sorte que l’école redevienne obligatoire jusqu’à 15 ans, y compris pour les
filles, …
Il est donc urgent de publier la « feuille de route »
avant même de la « parapher » afin que le débat public
s’enclenche!
Monsieur Jebali, j’espère que Dieu vous fera un signe clair afin que vous
enlevez votre burqa d’ennahdha pour revêtir un kadroun tounsi, et devenir
ainsi, le Premier Ministre de tous les tunisiens dans cette guerre économique
qui s’annonce difficile dans un contexte mondial morose.
Je vous propose pour commencer de lever un toast à la santé du tourisme tunisien au plus vite sinon, la saison sera morte…