Depuis des mois, nous étions un nombreux déjà à espérer une restructuration du paysage politique en Tunisie afin de pouvoir relever sérieusement le défi de la Transition démocratique. Pour ma part, c’est installer durablement une démocratie qui m’anime et me motive. Quand je pense démocratie, je pense avant tout Droit du Citoyen, Liberté et Prospérité pour Tous les Tunisiens sans discrimination aucune (sexe, régions, milieu social). Ma lecture simple et « simpliste » du paysage politique du moment fait apparaitre 4 quatre blocs politiques qui se dessinaient :

-Un bloc des « historiques » qui ont gouvernés durant 55 ans la Tunisie avec les « New RCD », les « New Destouriens » et affiliés… Bloc peu homogène, sans chef légitime et qui essaye avec une grande peine de « se renouveler »… Ce bloc a déjà perdu une partie des troupes allées se ressourcer ailleurs, mais d’après mes observations, il va peser sur la suite des événements.

-Un bloc Islamiste, centré autour d’Ennahdha, fort d’un passé récent de victime de benali et d’un appareil logistique efficace. Ce bloc est tiraillé par deux courants forts : Les traditionalistes qui souhaitent mettre en place une « République Islamiste » et les « ouverts » qui, par conviction ou tactique, souhaitent durablement installer la mouvance dans le jeu démocratique (modèle AKP). Beaucoup de ces « modernistes » ont crée de nouveaux partis faute de stratégie claire d’Ennahdha. Ce bloc commence juste de sortir de l’enfermement identitaire et le discours religieux pour essayer d’apparaitre comme Parti de Gouvernement.

-Un bloc « Démocratique » qui regroupe ceux qui œuvrent pour installer une démocratie durable dans le pays. Les composantes historiques de ce bloc sont Ettajdid, le PDP et Ettakattol… et dans une certaines mesure le CPR (canal historique). Ce bloc s’est renforcé –ou plutôt s’est émietté- par la création d’une douzaine de nouveaux partis dont quelques uns commencent à prendre un peu de place (le PTT et dans une moindre mesure Afek).

-Un bloc d’extrême gauche (PCOT, Watad,…) et de nationalistes fort d’un discours populiste et d’un romantisme révolutionnaire qui essaye de trouver sa place dans la cristallisation des revendications mais qui essaye aussi de jouer un rôle important dans la constituante.

On a observé depuis quelques semaines des alliances, des discussions, des divorces… Mais ce qui est clair c’est que nous assistons à d’autre type de coalitions :

-Le bloc des historiques semble se restructurer autour de Kamel Morjane (depuis que Jegham a trébuché) avec des quadras de l’ex RCD à la manœuvre sous la bénédiction de quelques « vieux » destouriens « écartés » par benali.

-Une coalition électorale « tactique » pour « réaliser les objectifs de la Révolution » entre Ennahdha les Nationalistes et le CPR… Qui pourraient être rejoints par le PCOT. Contre nature me direz-vous ? Tactique je réponds.

-Un Pôle « Démocratique » avec Ettajdid, le PDP, le PTT, Ettakattol et autres nouveaux partis. Vont-ils surmonter leur Egos et leurs « conflits de personnes» entretenus par des années de Bourguiba puis de benali pour faire listes communes ? Vont-ils revoir leurs ambitions personnelles et transcender leurs intérêts partisans ? Ceci étant dit, tout ce monde sait qu’un pays comme le notre se gouverne au « Centre » et avec modération… D’ou peut être une redistribution des cartes encore une fois avant les élections.

Pour moi, j’ai choisi mon camp ! Cela fait des mois que je milite modestement afin de regrouper le camp démocratique pour que l’on puisse créer une Coalition rassurante, capable de mobiliser les électeurs. Il en va du Salut de notre pays parce que la démocratie ne peut s’installer durablement qu’avec des « partis » capables de gouverner et d’assurer une alternance au pouvoir par les urnes avec des Minorités fortes au parlement. Il est aussi important de ne pas laisser les « islamistes » en position forte parce que notre histoire a montré que c’est souvent les plus « extrémistes » qui prennent le pouvoir dans ce type de partis et cela ne pourra être que prélude à une dictature. Ma lecture des choses est peut être naïve, mais je crois profondément, qu’il est possible en peu de temps de réaliser le miracle tunisien ! Le système despotique nous a laissé des forces politiques essoufflées, mais l’espoir nouveau donne des ailes ! Nous y arriverons, j’en suis convaincu !

Et pour redonner espoir, je site SAID AIDI: « Ces dernières semaines, beaucoup de personnes me disent "on ne sait pas où on va". Tachons déjà de na pas oublier d'où on vient!»

Je rêve d’une Tunisie où nous seront des « Citoyens Libres dans une Société Juste » (je pique le slogan d’Ettajdid ;-) ).