Situation au 27 Juillet...
Par Jo le jeudi, 28 juillet 2011, 15:16 - Politique Tunisienne - Lien permanent
Depuis des mois, nous étions un nombreux déjà à espérer une restructuration
du paysage politique en Tunisie afin de pouvoir relever sérieusement le défi de
la Transition démocratique. Pour ma part, c’est installer durablement une
démocratie qui m’anime et me motive. Quand je pense démocratie, je pense avant
tout Droit du Citoyen, Liberté et Prospérité pour Tous les Tunisiens sans
discrimination aucune (sexe, régions, milieu social). Ma lecture simple et
« simpliste » du paysage politique du moment fait apparaitre 4 quatre
blocs politiques qui se dessinaient :
-Un bloc des « historiques » qui ont gouvernés durant 55 ans la
Tunisie avec les « New RCD », les « New Destouriens » et
affiliés… Bloc peu homogène, sans chef légitime et qui essaye avec une grande
peine de « se renouveler »… Ce bloc a déjà perdu une partie des troupes
allées se ressourcer ailleurs, mais d’après mes observations, il va peser sur
la suite des événements.
-Un bloc Islamiste, centré autour d’Ennahdha, fort d’un passé récent de
victime de benali et d’un appareil logistique efficace. Ce bloc est tiraillé
par deux courants forts : Les traditionalistes qui souhaitent mettre en
place une « République Islamiste » et les « ouverts » qui,
par conviction ou tactique, souhaitent durablement installer la mouvance dans
le jeu démocratique (modèle AKP). Beaucoup de ces « modernistes » ont
crée de nouveaux partis faute de stratégie claire d’Ennahdha. Ce bloc commence
juste de sortir de l’enfermement identitaire et le discours religieux pour
essayer d’apparaitre comme Parti de Gouvernement.
-Un bloc « Démocratique » qui regroupe ceux qui œuvrent pour
installer une démocratie durable dans le pays. Les composantes historiques de
ce bloc sont Ettajdid, le PDP et Ettakattol… et dans une certaines mesure le
CPR (canal historique). Ce bloc s’est renforcé –ou plutôt s’est émietté- par la
création d’une douzaine de nouveaux partis dont quelques uns commencent à
prendre un peu de place (le PTT et dans une moindre mesure Afek).
-Un bloc d’extrême gauche (PCOT, Watad,…) et de nationalistes fort d’un
discours populiste et d’un romantisme révolutionnaire qui essaye de trouver sa
place dans la cristallisation des revendications mais qui essaye aussi de jouer
un rôle important dans la constituante.
On a observé depuis quelques semaines des alliances, des discussions, des
divorces… Mais ce qui est clair c’est que nous assistons à d’autre type de
coalitions :
-Le bloc des historiques semble se restructurer autour de Kamel Morjane
(depuis que Jegham a trébuché) avec des quadras de l’ex RCD à la manœuvre sous
la bénédiction de quelques « vieux » destouriens
« écartés » par benali.
-Une coalition électorale « tactique » pour « réaliser les
objectifs de la Révolution » entre Ennahdha les Nationalistes et le CPR…
Qui pourraient être rejoints par le PCOT. Contre nature me direz-vous ?
Tactique je réponds.
-Un Pôle « Démocratique » avec Ettajdid, le PDP, le PTT,
Ettakattol et autres nouveaux partis. Vont-ils surmonter leur Egos et leurs
« conflits de personnes» entretenus par des années de Bourguiba puis de
benali pour faire listes communes ? Vont-ils revoir leurs ambitions
personnelles et transcender leurs intérêts partisans ? Ceci étant dit,
tout ce monde sait qu’un pays comme le notre se gouverne au
« Centre » et avec modération… D’ou peut être une redistribution des
cartes encore une fois avant les élections.
Pour moi, j’ai choisi mon camp ! Cela fait des mois que je milite modestement afin de regrouper le camp démocratique pour que l’on puisse créer une Coalition rassurante, capable de mobiliser les électeurs. Il en va du Salut de notre pays parce que la démocratie ne peut s’installer durablement qu’avec des « partis » capables de gouverner et d’assurer une alternance au pouvoir par les urnes avec des Minorités fortes au parlement. Il est aussi important de ne pas laisser les « islamistes » en position forte parce que notre histoire a montré que c’est souvent les plus « extrémistes » qui prennent le pouvoir dans ce type de partis et cela ne pourra être que prélude à une dictature. Ma lecture des choses est peut être naïve, mais je crois profondément, qu’il est possible en peu de temps de réaliser le miracle tunisien ! Le système despotique nous a laissé des forces politiques essoufflées, mais l’espoir nouveau donne des ailes ! Nous y arriverons, j’en suis convaincu !
Et pour redonner espoir, je site SAID AIDI: « Ces dernières semaines, beaucoup de personnes me disent "on ne sait pas où on va". Tachons déjà de na pas oublier d'où on vient!»
Je rêve d’une Tunisie où nous seront des « Citoyens Libres dans une Société Juste » (je pique le slogan d’Ettajdid ;-) ).
Commentaires
Salut, comment va... Ce n'est pas un scoop de te dire que je partage ton analyse et souhaite que notre Tunisie à tous reste pour tous, mais un signe m'inquiète tout de même : c'est la désaffection des inscriptions sur les listes électorales, traditionnellement c'est la voie ouverte aux extrêmes qui ont un pouvoir de mobilisation non négligeable auprès de leurs troupes qui seraient entièrement inscrits et présents le jour J pour un raz de marée... Ce n'est qu'un scénario catastrophe, et comme toujours le pire n'est pas aussi certain et le meilleur est improbable et nous revoilà au centre. A bientôt!
Excellent article! Ca pourrait servir a beaucoup de gens pour comprendre l'interminable liste des partis. Si on cherche la démocratie il faut voter au bloc démocratique. Sauf que ce dernier restent éparpillés, donc difficile de faire contre poids au gourou de Enahdha. Si par miracle, ce bloc se réunit dans un seul parti ça sauvera le pays. Je rêve je sais ... Reste a compter sur l'intelligence des gens dans leur vote. Difficile aussi quand on voit l'utilisation du mois saint Ramadan pour la pub a Enahdha. C'est plus que dommage. Comment les gens acceptent a ce qu'on touche a ce qu'il y a de plus intime (notre foi) pour des intérêts politiques. Je ne peux qu'espérer que les tunisiens comprennent ce petit jeu...