Une traduction littérale de cet adage serait : Chaque plant de fève s’occupe de ses propres fleurs. C’est la première réflexion qui m’est venue quand la problématique de la désaffection des « jeunes » pour la politique s’est posée lors du repas familial du dimanche. Mais c’est une sentence un peu facile qui clôt le débat ! D’abord c’est quoi un « jeune » ? Pour le « vieux » routard de l’engagement citoyen qu’est mon père et qui vient tout juste d’atteindre la soixantaine, un jeune c’est le moins de 45 ans ! En fait le sujet de la discussion est la génération 25-45 qui est relativement absente de la chose publique… Bien sur, je ne parle pas des arrivistes de tout genre, ceux là ont toujours existé même si leur nombre augmente. On parle de cette masse « inerte » de quelques centaines de milliers de personnes qui pris individuellement sont tous « concernés ». C’est qui cette génération ? C’est celle des « enfants gâtés » de la république ! Celle des fils de lettrés, celle qui a été à l’école, celle qui a eu de l’argent, celle qui a connu la fin de Bourguiba et a tendance à l’idéaliser, celle qui n’a pas connu Nasser, celle qui n’a pas connu 68, celle qui a vécu dans le libéralisme, celle qui a connu l’intégrisme et sa répression, celle qui a vécu à travers la Télé la Guerre du Golf, celle qui regardait TF1 et M6, celle qui regarde Aljazeera et el Manar, celle qui a idéalisé Saddam, celle qui fantasme sur Haifa Wahbi, celle qui Nasrallah a fait vibrer, celle qui pleure sur Amr Khaled, celle qui s’extasie devant Nancy Ajram, celle qui veut gagner de l’argent, celle du SMS et du portable, celle de l’Internet, celle qui s’éclate en boite, celle qui remplit les mosquées , celle qui est très critique par rapport au système, celle qui profite à max du système, celle qui ose des choses, celle qui n’a pas de couilles pour d’autres,…. Je pourrais continuer jusqu’au matin avec les contradictions de ma génération de schizophrènes. Donc, pour que les enfants gâtés que nous sommes s’occupent de la chose publique, il faudra que ça soit « plus facile »… « Moins risqué »…. Comment ?? Je cherche encore… En attendant, pour ma part, j’écris ! Je râle ! Je gueule !!!!