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Politique Tunisienne

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mardi, 25 mars 2014

L'Article 15, vous le voulez? Chiche!

La loi d'exclusion des RCDistes et des ex Mounachidines impose quelques réflexions...
-Si elle passe, c'est que l'ANC n'a pas su en plus de 3 ans organiser la Justice transitionnelle... Et que la coalition majoritaire ne souhaite pas profiter de l'année qui reste pour organiser cela!

-Si elle passe, c'est un cadeau en OR qui sera fait à Nidaa, à Hamed Karoui et les partis ex rcdistes! En effet, cela va enlever le seul argument de campagne pour la Troika qui est "le Retour de l'Ancien Système"... puisque par ailleurs, dans leur bilan en positif RAS!

-Si elle passe, elle va priver Ennahdha d'un nombre incalculable de "nouveaux supporters"... cachés partout... Y compris chez leurs alliés.

-Si elle passe, c'est que la Justice Tunisienne ne s'émancipera jamais de la Tutelle du Pouvoir!

Pour ces raisons, la Troika ne voudra pas que l'Article 15 passe! Alors, si je peux me permettre un petit conseil aux "démocrates": Même si c'est anticonstitutionnel et que ça nous pose un problème de déontologie ces "procès collectifs" sommaires, disons chiche!

Je suis pour cette loi d'exclusion! que l'on puisse parler enfin du bilan de la Troika!
Que l'on puisse juger enfin ces crimes de sang, sa corruption, sa faillite morale et intellectuelle sans concessions!

Alors? on fait quoi?

mardi, 17 décembre 2013

Le Dialogue National, et après?

Beaucoup de gens critiquent l'opposition pour son "échec lors du dialogue national".
C'est vrai, l’échec est là dans la mesure où on n'a pas su imposer un candidat. Mais avions-nous un candidat?

Malheureusement, notre vrai échec est celui-là!

Ne pas avoir réussi, en tant que Front du Salut, ou au moins en tant qu'UPT, à se mettre d’accord sur un candidat est le plus grand gâchis de l'opposition!

Apres le formidable succès du Bardo, le bras de fer gagné à l'ANC, après avoir forcé Ennahdha et sa Troïka à quitter le Pouvoir, on rate les derniers mètres…

Un beau parcours gâché à la fin parce que les uns et les autres, grisés par les succès, dopés par les sondages ont voulu se la jouer solo !

Ce «petit» échec ne doit pas gâcher les succès !

Se débarrasser d’Ali Larayedh sans coup d’état est une victoire certaine pour le processus de transition démocratique ! Parce que ne nous voilons pas la face, c’est ce que nous risquions face au népotisme fascisant d’Ali Larayedh.

Revenons sur ce dialogue où les différents lobbies de l’opposition ont tout fait pour imposer chacun son candidat… Ennahdha a déclaré son choix depuis des semaines et «les initiés» avaient le tiercé du Cheikh dans l’ordre : Ahmed Mestiri, Jalloul Ayed et Mehdi Jomaa.

Une fois la carte Mestiri, soutenue par Ettakattol, grillée, Ennahdha a sorti la carte Jalloul Ayed avec des soutiens «surprises» : Afek, et Attahalof, les deux partis «néo-libéraux»… Jalloul Ayed ayant fait face à un véto clair de la gauche proche de l’UGTT, Ennahdha a sorti son troisième candidat du chapeau. Ce troisième candidat avait un soutien informel de l’UTICA et de l’UGTT et du coup une neutralité bien vaillante d’Al Massar, d’une bonne partie d’Al Jabha et à la dernière minute de Béji Caid Essebsi.

Cette stratégie d’Ennahdha était basée sur une approche tactique claire avec pour chaque candidat un élargissement du cercle des soutiens éventuels. En face, le néant ! Que des candidats anti Ennahdha, plus ou moins déclarés. A part, à sa décharge, Chawki Tabib mais qui était très proche d’un lobbyiste connu. Bref, face à une Ennahdha et un Ettakattol fidèle, l’opposition, pourtant en position de force au début, a perdu des siens à chaque pion avancé.

Aujourd’hui, nous avons un PM qu’Ennahdha a choisi pour nous. Est-il Nahdhaoui ? Je ne crois pas. Va-t-il combattre le système «Bhiri-Larayedh» ? Pas certain ! A nous d’être vigilants ! Et de ne pas lâcher prise !

Est-il l’Homme de l’Occident ? A mon sens pas autant que Jalloul Ayed… A-t-il des soutiens internationaux ? Je l’espère de tout cœur ! Nous avons besoin ces jours-ci d’un support international fort ! Beaucoup de chose vont se clarifier le jour de l’annonce du Gouvernement… En tous cas il n’aura que quelques mois pour montrer qu’il est digne du poste. Il n’aura pas beaucoup de marges de manouvres, mais j’espère qu’il aura le courage d’insuffler une dose de transparence dans l’action gouvernementale et qu’il jettera les bases d’une bonne gouvernance.

Mais pour l’opposition tout reste à faire ! Que va-t-on faire ? Y A-t-il de l’espoir pour regrouper les progressistes de ce pays ?

Ennahdha a commencé sa campagne électorale depuis des mois ! Sa structure est déjà en place. Son équipe Programme est déjà à l’œuvre ! Des milliers de dinars sont engloutis en études pour comprendre les besoins et adapter le discours. En face, rien de bon ne se dessine ! Certains annoncent leur mécontentement et qu’ils quittent le dialogue ! Pour faire quoi? La lutte armée? La désobéissance civile? Après avoir flirté avec «Rached le Grand Homme Ouvert» (sic), ils viennent aujourd’hui jouer au Che Guevara Moderniste ? Et puis dans chaque circonscription, des dizaines de prétendants s’annoncent et je ne vois pas comment et qui pourra mettre de l’ordre ? Optimiste de nature, je dois avouer que je sèche ! Par quel bout commencer ? Comment remettre de l’ordre? Saurons-nous tirer profit des échecs subis lors de la formation du Pole Démocratique Moderniste?

Comme toujours, je pense qu’il y a des choses qui vont nous éclairer : L’Amour de la Tunisie, œuvrer pour que nous soyons tous Citoyens Libres dans une Société Juste et rêver ensemble d’une démocratie prospère et durable pour le bien de tous les Tunisiennes et Tunisiens.

Alors, au travail ! Au terrain, rêvons ! Faisons rêver !

jeudi, 19 juillet 2012

Le Piège!

J’ai commencé plusieurs textes ces derniers temps, mais je n’ai pas eu le temps d’en finir un… Je vais essayer de reprendre le clavier de manière sérieuse afin d’essayer d’y voir clair et partager avec mes quelques lecteurs des réflexions qu’ils-elles ne manqueraient pas de me renvoyer à la figure….

Ce que je souhaitais partager avec vous c’est le constat amer qu’un piège se referme sur nous !
Quel piège me direz-vous ? Le piège du bipolarisme politique ! En effet, beaucoup de « cadres politiques », de manière machiavélique pour certains, par bêtise pour d’autres et par aveuglement pour une large majorité sont en train de pousser vers le bipolarisme !

Comment cela ?

Dans le camp du Pouvoir, le Président d’Ennahdha est en train de mener sa stratégie de main de maitre pour discréditer ad vitam aeternam ses alliés Ben Jaafar et Marzouki.
Il met en exergue la folie de l’un et la servilité de l’autre afin de ne pas leur laisser d’autre choix que de servir de faire valoir aux prochaines échéances électorales.
Il fait croire à l’un et à l’autre qu’il sera Le Candidat de l’Alliance aux prochaines présidentielles, mais il a déclaré, avec des mots à peine voilés, qu’il se prépare…
Lors de son interview sur Express FM, pour se positionner, il cite l’exemple de Chirac avec l’UMP et Mitterand avec le PS… Le Gars, à juste titre, s’y voit déjà !

De l’autre coté, le Grand « Frère Ennemi » Béji Caid Essebssi trouve son compte !

Ses « amis » ont essayé de flinguer Ettajdid-Al Massar (toute la bande a depuis quitté pour Nida), tout fait pour exploser Al Joumhouri et ont débauché à tour de bras chez Kamel Morjane dont la cote commençait à monter auprès de certains après les elections ...
Pourquoi ? Pour que nulle autre force ne puisse apparaitre comme capable de rassembler ! Mes efforts continus pour rapprocher Al Massar et Al Joumhoury ont constamment butés sur des « mains invisibles » qui, aidées par les Ego des uns, le dogmatisme des autres, ont fait capoter toutes les tentatives de fusion…

Ce qui fait qu’aujourd’hui, dans le camp Moderniste on n’a l’impression que rien ne peut s’écrire sans Nidaa Tounes ! Illusion savamment entretenue par les principaux bailleurs de fonds (ceux qui ne sont pas encore 100% nahdha) et bien sur par la « Peur du Régime Théocratique » qui fait que nos militants et sympathisants « paniquent » et ont besoin d’un « Parti Fort » et d’un Leader rassurant même s’il n’est plus très jeune.

Par ailleurs, le fait de marginaliser l’Assemblée Constituante fait les affaires de Nida Tounes, qui rappelons le n’a aucun député et donc techniquement absente de l’arène.

Et l’Ancien Système me direz-vous ? Et bain, il est partout ! Cette limitation du choix entre des « Conservateurs Religieux » et des « Conservateurs » (au sens pas de rupture avec l’ancien modèle économique) fait l’affaire de tous les Ex….

Ennahdha a évité l’éclatement lors de son congrès et elle apparaitra comme la principale force « ayant une expérience du Pouvoir »… En face, nous aurons une coalition autour de BCE avec les mêmes types d’arguments de « savoir faire »…

De plus, le recul des élections, annoncé aujourd’hui va permettre à ces deux camps de mieux se préparer, se structurer et peut être même ne pas trop se taper dessus… Espérons tout de même que les « Bons » de chaque camp (ceux qui seraient du coté du Peuple et pour la Démocratie) prennent plus de poids.

En quoi c’est un triste tableau ? C’est triste parce que les raisons qui ont mené au départ de benali : Quête de Justice, Dignité, Liberté et Justice Sociale seront sacrifiées à l’autel du « enjeu sociétal important » ! Les uns voient la revanche de l’Islam conservateur, les autres y voient la poursuite du combat moderniste…
Mais plus personnes ne parle de comment sortir d’un modèle dictatorial ! Le combat progressiste proprement dit sera le Grand absent des prochains débats…

Que faire ? Avons-nous le choix ? Est-ce une fatalité ? Il semble que oui… A moins que….

lundi, 4 juin 2012

رجع الكاميرا يا عمار!!!

Depuis des mois, je n’écris plus, pris dans la tourmente quotidienne et de la polémique facebookienne, on perd le nord…

Je voudrais exprimer mon soutien à Ramzi Bettibi qui a un combat juste !
Il est temps que le Citoyen puisse accéder à l’Information et connaisse la vérité.

Certains répondrons que la Justice Militaire doit « garder ses secrets », je répondrais simplement par une question : Pourquoi une Justice Militaire dans ce contexte ?
Et puis, rappelez-vous, c’est d’une révolution qu’on parle ! C’est les gens qui, de part leur sang, nous ont ramené le semblant de liberté dont nous jouissons !

Alors jusqu’à quand ne nous saurons rien de nos martyrs et nos blessés ? Jusqu’à quand le « Système Sécuritaire » va protéger ses « brebis galeuses » ?

Alors oui le combat de Ramzi est juste ! Oui il faut le soutenir !

Mais j’aimerais m’adresser à Ramzi pour lui demander de lever sa grève ! Nous avons besoin de toi, de ta force pour continuer ce combat ! Ne te met pas en danger, nous avons entendus et nous porterons avec toi la voie.

Encore une fois merci.

Amicalement

Khaled Abdeljaoued

jeudi, 8 décembre 2011

De l'Urgent et de l'Important...

Maintenant qu’Ettakattol et le CPR ont adoubé Hammadi Jebali et Enahdha contre deux chaises beylicales, on peut parler des choses sérieuses.

La Constitution :

Le CPR et Ettakattol ont-ils obtenus des garanties de leur allié au gouvernement. Ces deux « partis » ont-ils défini quelques lignes rouges autour de la constitution avant de signer ce chèque en blanc à Ennahdha ? Tout pousse à croire que rien de tel n’est fait. Tout au plus, il ya eu accord sur des idées de réformes politiques et de grandes lignes concernant la politique socio économique.

Bref, ce que nous avons vu là est un partage de postes dans les règles au détriment de tout sujet de fond. Avec in fine un jeu au sein de la troïka de type « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

D’ailleurs les « partenaires » d’Ennahdha n’ont même pas réagi aux « fuites » sur la composition du gouvernement tellement ils étaient obnubilés par je ne sais quoi : Le Gendre de Rached El Ghannouchi Ministre des affaires étrangères, le cousin de Jebali Gouverneur de la Banque Centrale, etc… Ils n’ont pas non plus réagi aux « dérapages contrôlés » de Jebali & Co. au sujet du Khalifat, du Niqab, etc..

Considérant les derniers votes à l'Assemblée, ils viennent, par ces derniers gestes d’allégeance à Ennahdha, de griller toute la marge de négociation qu’ils avaient et vont donc finir en caisse de résonnance du Premier Ministre Jebali.

Quel Gouvernement et quelle gouvernance ?

La Troïka, ou devrais-je dire Ennahdha et ses satellites ?, discutent encore les lignes générales et « qui a droit de nommer qui »… D’ailleurs ils se sont concentrés sur les « Chefs » et les vrais problèmes de fonctionnement ne sont pas soulevés ! Quelle latitude sera donnée aux ministres ? Si l’un d’eux s’avère incompétent et que Jebali le vire, qui le remplacera ? Qui nommera les PDG des entreprises publiques ? Quelle mécanique d’arbitrage entre départements ministériels ? Quels arbitrages budgétaires ? Quelles relations nouvelles avec la société civile ? Quid des dossiers "suspendus" des biens de la famille benali, des dossiers Télécoms,..

Et, le plus important, quelle relance économique?

Tout le monde s’accorde à dire que la situation économique est dans un état catastrophique : un million de chômeurs, une administration encore sclérosée par du clientélisme et népotisme (les événements de Gafsa en sont la preuve), un investissement direct étranger à l’arrêt, investissement local moribond, … Ce sujet nécessite une Mobilisation générale ! Aucune majorité ne peut réussir ce chantier seule ! Comment une commission de neuf personnes (3 de chaque parti) peut elle décider du programme de relance ? Il est urgent qu’Ennahdha et ses appendices prennent la mesure de la tache et comprennent que ce n’est pas un sujet qui se discute dans le « secret » !

Il est urgent que la semaine prochaine l’Assemblée discute enfin, et dans un esprit constructif, de la Relance économique de la Tunisie ! Quels moyens de financements ? Avec, sans démagogie, la question de la dette, de la révolution fiscale et des incitations fiscales… Quels Grands Projets de relance ? Villes nouvelles ? Routes ? Quelle Industries nouvelles en région ? Le Chômage : Entre assistanat et Social, où se trouve l’équilibre ? L’Agriculture, la Santé, le commerce parallèle, etc… Bref des sujets importants à passer en revue avec les députés de la Nation et en portant le débat sur la place publique que l’on comprenne tous ensemble comment aller de l’avant !

Il est vrai qu’Ennahdha va continuer à polluer le débat par des sujets qui ont fait son succès, et nous seront vigilants et en opposition par rapport à une vision paternaliste de l’Etat qui doit décider des libertés individuelles…

Mais il est vrai aussi que la Relance du Pays doit se faire dans le Consensus Général, avec une mobilisation de toutes les ressources et les compétences pour combattre le chômage, faire la guerre à la misère, assurer une couverture sanitaire décente, assurer un logement salubre à tous, faire en sorte que l’école redevienne obligatoire jusqu’à 15 ans, y compris pour les filles, …

Il est donc urgent de publier la « feuille de route » avant même de la « parapher » afin que le débat public s’enclenche!

Monsieur Jebali, j’espère que Dieu vous fera un signe clair afin que vous enlevez votre burqa d’ennahdha pour revêtir un kadroun tounsi, et devenir ainsi, le Premier Ministre de tous les tunisiens dans cette guerre économique qui s’annonce difficile dans un contexte mondial morose.

Je vous propose pour commencer de lever un toast à la santé du tourisme tunisien au plus vite sinon, la saison sera morte…

samedi, 26 novembre 2011

Ennahdha : La Tentation Dictatoriale !

Les masques commencent à tomber et Ennahdha fait tout pour monopoliser le Pouvoir comme je m’y attendais depuis quelques jours… Sans revenir à la période avant le 24 Octobre 2011, durant laquelle Ennahdha a montré à maintes reprises un comportement emprunté au rcd avec une apogée le jour des élections, je vais essayer d’analyser ce qui s’est passé depuis. Commençons par les faits :

-Contrairement à ses affirmations, Ennahdha a « choisi » ses partenaires dans ce GIN (finalement devenu Gouvernement d’Intérêts Nahdhaouis…). Il n’y avait aucune volonté affichée d’avoir un VRAI Consensus National. 30% des élus (un peu plus en voix exprimées) ont été écartés volontairement des « pourparlers ».

-Les négociations avec les « partenaires » du CPR et d’Ettakattol on montré très rapidement qui commande ! Les ministères de Souveraineté et d’Education ont été trustés par Ennahdha. Les partenaires vont hériter des « problèmes » socio-économique et servir ainsi de fusibles…

-Lors des premières séances de l’Assemblée, aucune place n’a été faite à l’Opposition, même à titre symbolique ! J’aurais aimé voir Maya Jeribi en Vice Présidente ! J’aurais aimé voir un Elu hors d’Ennahdha et ses « partenaires » présider une commission ou du moins en avoir la vice-présidence… Que nenni ! On prend tous les postes ! Hors de question que l’on tienne compte d’une voix opposante !

-Les textes (Pouvoirs Temporaires et Règlement Intérieur de l’Assemblée Constituante) initiaux ont été préparés par Ennahdha et ses auxiliaires avec une volonté affichée de faire un passage en force sans discussion.

-Le contenu même de ces premiers textes affiche une volonté claire de monopoliser le Pouvoir en cette phase de transition. Le Premier Ministre devrait avoir tous les Pouvoirs, le Président serait cantonné dans un rôle symbolique et l’Assemblée Constituante en Chambre d’Enregistrement.

-Le « Futur » Premier Ministre, autoproclamé au dépit du respect des règles démocratiques, commence à intervenir dans le travail de l’actuel gouvernement causant ainsi une démission prématurée de Béji Caid Essebssi et ses ministres contrairement aux usages républicains.

Je tiens à rappeler à nos élus d’Ennahdha, ceux du CPR et d’Ettakattol, qui agissent encore en troupeau, certains principes sur la base desquels ils ont été élus :

-L’Assemblée Constituante est souveraine ! Il est hors de question de la déposséder de son pouvoir ! Le Peuple l’a élue pour qu’elle décide et non pour qu’elle applaudisse !

-La Démocratie n’est pas la dictature d’une majorité ! Il faut savoir écouter l’Avis contraire, lui garantir un espace de liberté et de parole et ne pas le cantonner systématiquement dans un ghetto sans influence ! La démocratie, c’est aussi un contre-pouvoir présent et écouté.

-Il est hors de question que la rédaction de la Constitution se fasse dans les alcôves en « secret » comme vous tentez de le faire pour les deux premiers textes !

-Pour le partage du «Gateau-Pouvoir », vous êtes en train de nous refaire du benali avec Jebali en rôle de « Multi Chef », ou devrais je dire « Mufti-Chef », aux pouvoirs les plus étendus sans aucun contre pouvoir possible ! Vous souhaitez que la contestation soit uniquement dans la rue et non au sein de l’Assemblée Constituante…

-Chaque élu-e est personnellement responsable, devant le Peuple et l’Histoire, de ses actes et de ses choix, vous en avez prêté le serment, ne l’oubliez pas !

Khaled Abdeljaoued

Docteur Ingénieur

jeudi, 1 septembre 2011

Des enjeux du jour… et du Pole Démocratique Moderniste

Ce que nous vivons depuis janvier n’est pas une Révolution au sens historique du terme dans la mesure où une Révolution balaye le système existant pour instaurer un nouveau.

Nous étions nombreux à espérer une révolution, mais la majorité du Peuple était dans une logique de « Transition ». En effet, l’autorité de l’Etat et le Système de gouvernement n’ont jamais été remis en cause à la base. La « Dégage » attitude a toujours été accompagnée par un « nommez nous un M. Propre »… A quelques rares exceptions, nous n’avons pas vu le Peuple nommer un Gouverneur ou bien un Maire… L’Avènement rapide de la « Majorité Silencieuse » a fini par enterrer le processus révolutionnaire naissant.

Ce que je veux dire par là, c’est que nous sommes aujourd'hui dans une logique de transition à négocier avec l’Ancien Système qui gouverne encore.

La pression populaire a marqué des points : Des élections démocratiques gérées par une instance indépendante, une vigilance accrue par rapport à la Justice, un éveil citoyen sans précédent, etc… D’autres sujets sont encore « ouverts » : Les médias, le financement de la vie politique, le nettoyage de l’administration, et surtout la Justice Transitionnelle.

Ma conclusion personnelle c’est que nous sommes au début d’un processus long, laborieux et semé d’embuches. Les forces du passé « contrôlent » les rouages de l’Etat et de l’Economie et sans grande concertation elles avancent les pions… L’Ancien Système (Gouvernants, Administration, Médias hérités de benali, Hommes d’affaires, Argentiers, etc…) s’est déjà redéployé :

-Des dizaines de partis RCD avec une « coalition » visible de 4 partis et une quarantaine de partis à vocation régionale. Le moins drôle, c’est que ces partis ont redoublé d’arrogance et revendiquent même un bout de la révolution. Ces partis se sont disputés les cadres du RCD et sont déjà en train de labourer le terrain.

-Le parti du «milliardaire » qui a débauché des cadres du RCD, des jeunes hommes d’affaires, des barbouzes de tout genre, etc… Ce parti à force de budget pub s’est acheté la sympathie de tous les journaux, de Télévisions et des agences de pub.

-Un investissement « massif » de certains hommes d’affaires, bien prospères, dans les partis historiques : Ennahdha, PDP et Ettakattol sont emblématiques vu les financements obtenus. Cela ne veut pas dire que ces partis sont foutus, mais pour moi, cela veut dire que ces partis ne seraient pas dans un modèle de rupture radicale avec l’Ancien Système (cf définition plus haut).

Le cas d’Ennahdha est encore plus complexe dans la mesure où elle a accueilli des milliers de rcdistes comme l’a déclaré R. Ghannouchi et qu’elle essaye de se présenter comme « alternative » paisible et crédible aux yeux de tous… Et comme l’a déclaré son Chef, elle considèrera une alliance avec les « propres du RCD » si l’« Intérêt National » l’exige… Son score aux élections avec ses deux listes nationales (celle officielles et les officieuses soutenues par Mourou) serait déterminant pour la suite des événements.

Je trouve que mon tableau peut paraitre sombre… Mais en réalité il ne l’est pas pour autant !

Les enjeux sont multiples. Là je viens de parler de « Pouvoir », mais pour être honnête, ce qui me motive ce n’est pas le pouvoir ! C’est la construction de la nouvelle Tunisie qui m’importe !
Les quelques mois passés à vouloir construire un Pole Démocratique Moderniste large m’ont éclairé sur les intentions des uns et des autres… Ceux qui sont restés dans le Pôle sont animés par un autre sentiment d’Urgence : Celui de mettre sur les rails un Pays ouvert, démocratique et prospère.

Notre enjeu n’est pas un enjeu de Pouvoir ! Quelque soit notre score aux élections, nous continuerons la lutte pour que la Rupture avec les anciennes pratiques soit consommée! Quelques soit notre score aux élections, nous continuerons à défendre une Egalité Femme Homme dans la Loi et de par la Loi ! Quelque soit notre score aux élections, nous nous battrons pour construire un Parti Démocratique qui serait une alternative sérieuse aux forces du passé pour que la Tunisie vive sa première transition démocratique par les urnes !

Je crois que le Peuple qui ira voter (espérons en masse) saura faire le tri entre les forces en présence.
C’est vrai que nous n’avons pas les moyens de faire une Campagne de Com, c’est vrai que nous n’intéressons pas les Médias de benali puisque nous appelons à réguler le secteur et que nous n'avons pas de budget pub, c’est vrai que nos positions responsables et intègres ne nous classent pas parmi les révolutionnaires romantiques, c’est vrai que nous sommes naïfs dans notre amour de la Tunisie, c’est vrai que nous nous entêtons à avoir le maximum de femmes de valeur en têtes de listes, c’est vrai que nous n’intéressons pas les Instituts de sondages, pauvres que nous sommes, c’est vrai que beaucoup de gens ne parient pas sur nous…

Mais, ce qui est sur, c’est que nous sommes animés par l’intime conviction que nous défendons la juste cause pour une Tunisie Meilleure. C’est cela notre grande force, le militantisme et l'abnégation des Démocrate Modernistes du Pôle fera la différence dans les années qui viennent !
Qui vivra verra...

mercredi, 10 août 2011

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté

Ce matin l’humeur est morose et comme je le répète souvent, le pessimisme est d’humeur et l’optimisme est de volonté ! Je suis donc dans une phase pessimiste pour plusieurs raisons :

-L’émiettement des forces démocratiques entre partis, Indépendants, pseudo indépendants va exploser le Camp démocrate aux élections,

-La remontée des camps conservateurs : Islamistes et exRCD (ou new PSD comme ils se plaisent à se définir) et la possibilité d’un « deal » béni par les US entre ces conservateurs pour se partager « le gâteau » Tunisien,

-Le peu d’intérêt des Tunisiens à la chose publique : on regarde l’arène politique comme on commentait les matchs de foot,

-L’Ancien Système qui se protège et se redéploye avec violence,

-L’Argent coule à flot dans les rouages politiques, ce qui montre que les bénéficiaires du système benali réassurent leurs positions,

-Le Gouvernement dépassé et se laissant dépassé,

-Les révélations sur le 14 janvier et les événements qui suivent veulent montrer qu’en fait nous vivons un coup d’état contre le Clan des Trabelsi, rien d’autre !

Bref, une grande désillusion s’empare de moi et je commence à me poser des questions… Faut-il céder à la fatalité ?

N’ayant pas découvert mon coté « révolutionnaire » le 14 janvier, je pense que nous sommes dans une étape charnière et qu’il faut la négocier avec doigté. Je n’ai jamais eu l’illusion que la démocratisation du pays se fera en 6 mois, mais je ne pensais pas les forces du passé aussi puissantes !

Que faut-il faire ? Simple, il faut se battre !

Entre Ancien Système et Religieux Anciens, une troisième voix existe ! Elle dérange, elle est peu soutenue, elle n’est pas bien organisée, mais nous essayons de faire au mieux ! Le Pôle Démocratique Moderniste que nous essayons de construire et élargir est pour moi la voie la plus crédible pour transformer la Tunisie, pour consommer la Rupture avec l’Ancien Système et mettre la Tunisie sur la voie de la Modernité. Nous ne sommes pas des révolutionnaires romantiques et irresponsables, mais nous incarnerons l’alternative fiable, n’en déplaise à certains.

L’histoire d’Ettajdid, des militants qui soutiennent le pôle, des autres partis sont une garantie forte pour l’opinion publique.

Je suis peut être naïf, nous ne ferons peut être pas de scores électoraux mirobolants, mais nous sommes en train de construire la vraie alternative ! Et si nous croyons en la Tunisie, dans 2 ans, 3 ans, 10 ans… Ca finira par payer !

Non, nous ne baisserons pas les bras malgré le peu de moyens, les convictions primerons !

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté ! Je suis optimiste pour la TUNISIE !

jeudi, 28 juillet 2011

Situation au 27 Juillet...

Depuis des mois, nous étions un nombreux déjà à espérer une restructuration du paysage politique en Tunisie afin de pouvoir relever sérieusement le défi de la Transition démocratique. Pour ma part, c’est installer durablement une démocratie qui m’anime et me motive. Quand je pense démocratie, je pense avant tout Droit du Citoyen, Liberté et Prospérité pour Tous les Tunisiens sans discrimination aucune (sexe, régions, milieu social). Ma lecture simple et « simpliste » du paysage politique du moment fait apparaitre 4 quatre blocs politiques qui se dessinaient :

-Un bloc des « historiques » qui ont gouvernés durant 55 ans la Tunisie avec les « New RCD », les « New Destouriens » et affiliés… Bloc peu homogène, sans chef légitime et qui essaye avec une grande peine de « se renouveler »… Ce bloc a déjà perdu une partie des troupes allées se ressourcer ailleurs, mais d’après mes observations, il va peser sur la suite des événements.

-Un bloc Islamiste, centré autour d’Ennahdha, fort d’un passé récent de victime de benali et d’un appareil logistique efficace. Ce bloc est tiraillé par deux courants forts : Les traditionalistes qui souhaitent mettre en place une « République Islamiste » et les « ouverts » qui, par conviction ou tactique, souhaitent durablement installer la mouvance dans le jeu démocratique (modèle AKP). Beaucoup de ces « modernistes » ont crée de nouveaux partis faute de stratégie claire d’Ennahdha. Ce bloc commence juste de sortir de l’enfermement identitaire et le discours religieux pour essayer d’apparaitre comme Parti de Gouvernement.

-Un bloc « Démocratique » qui regroupe ceux qui œuvrent pour installer une démocratie durable dans le pays. Les composantes historiques de ce bloc sont Ettajdid, le PDP et Ettakattol… et dans une certaines mesure le CPR (canal historique). Ce bloc s’est renforcé –ou plutôt s’est émietté- par la création d’une douzaine de nouveaux partis dont quelques uns commencent à prendre un peu de place (le PTT et dans une moindre mesure Afek).

-Un bloc d’extrême gauche (PCOT, Watad,…) et de nationalistes fort d’un discours populiste et d’un romantisme révolutionnaire qui essaye de trouver sa place dans la cristallisation des revendications mais qui essaye aussi de jouer un rôle important dans la constituante.

On a observé depuis quelques semaines des alliances, des discussions, des divorces… Mais ce qui est clair c’est que nous assistons à d’autre type de coalitions :

-Le bloc des historiques semble se restructurer autour de Kamel Morjane (depuis que Jegham a trébuché) avec des quadras de l’ex RCD à la manœuvre sous la bénédiction de quelques « vieux » destouriens « écartés » par benali.

-Une coalition électorale « tactique » pour « réaliser les objectifs de la Révolution » entre Ennahdha les Nationalistes et le CPR… Qui pourraient être rejoints par le PCOT. Contre nature me direz-vous ? Tactique je réponds.

-Un Pôle « Démocratique » avec Ettajdid, le PDP, le PTT, Ettakattol et autres nouveaux partis. Vont-ils surmonter leur Egos et leurs « conflits de personnes» entretenus par des années de Bourguiba puis de benali pour faire listes communes ? Vont-ils revoir leurs ambitions personnelles et transcender leurs intérêts partisans ? Ceci étant dit, tout ce monde sait qu’un pays comme le notre se gouverne au « Centre » et avec modération… D’ou peut être une redistribution des cartes encore une fois avant les élections.

Pour moi, j’ai choisi mon camp ! Cela fait des mois que je milite modestement afin de regrouper le camp démocratique pour que l’on puisse créer une Coalition rassurante, capable de mobiliser les électeurs. Il en va du Salut de notre pays parce que la démocratie ne peut s’installer durablement qu’avec des « partis » capables de gouverner et d’assurer une alternance au pouvoir par les urnes avec des Minorités fortes au parlement. Il est aussi important de ne pas laisser les « islamistes » en position forte parce que notre histoire a montré que c’est souvent les plus « extrémistes » qui prennent le pouvoir dans ce type de partis et cela ne pourra être que prélude à une dictature. Ma lecture des choses est peut être naïve, mais je crois profondément, qu’il est possible en peu de temps de réaliser le miracle tunisien ! Le système despotique nous a laissé des forces politiques essoufflées, mais l’espoir nouveau donne des ailes ! Nous y arriverons, j’en suis convaincu !

Et pour redonner espoir, je site SAID AIDI: « Ces dernières semaines, beaucoup de personnes me disent "on ne sait pas où on va". Tachons déjà de na pas oublier d'où on vient!»

Je rêve d’une Tunisie où nous seront des « Citoyens Libres dans une Société Juste » (je pique le slogan d’Ettajdid ;-) ).

vendredi, 15 juillet 2011

Quelle est la stratégie d’Ennahdha ?

Depuis l’arrivée du vieux (BCE), le calme est semble t il revenu dans Tunis et nous nous sommes mis en mode préparation des élections… Le consensus commençait à se mettre en place, l’Instance a sorti ses textes de loi, le gouv s’est remis au boulot et l’ISIE a lancé la machine électorale… Et puis il y a eu le report des élections et là, Boum ! El PDP et Ennahdha ont commencé l’exercice de surenchère… Suivi par l’eternel insatisfait Marzouki et son CPR. Le PDP a vite compris que son intérêt était dans le maintien du consensus… Ennahdha et le CPR (qui essayent depuis le 14 janvier de monter dans le train de la Révolution) ont tout fait pour rompre le consensus ! Il y a eu le coup d’éclat par rapport à la date, puis par rapport à la loi sur le financement des partis puis une sortie de l’instance et finalement un soutien actif à un Nième Kasbah3… Pourquoi ? D’abord je crois que beaucoup d’erreurs ont été commises dans la recherche du consensus de la part du gouvernement : Nominations de ministres Symboles de l’ère benali, absence de concertation, mépris flagrant des journalistes, des politiques, des jeunes, des familles des martyrs, etc… Et puis il y a eu des erreurs d’agenda dans la Haute Instance : La loi sur le financement des partis aurait du précéder toute autre discussion politique afin de ne pas donner les moyens aux uns et à l’autre de râler… Mais cela ne peut tout excuser! Ma question est simple : Pourquoi Ennahdha veut prendre le contrôle avant les élections ? Pourquoi cette stratégie de surenchère qui ne profite qu’aux ex RCD ? Quel intérêt ils avaient (avec leur petit ami du CPR) de monter en épingle cette histoire de sionisme et d’en faire une question existentielle en Tunisie ? Pourquoi limiter leur propagande à « L’Islam est en danger, nous en sommes les seuls protecteurs » ? Autant de question qui me font dire que ce parti est en train de privilégier ses intérêts partisans par rapport à l’intérêt National ! Ennahdha veut GAGNER ces élections par TOUS les moyens ! Je pense que si Ennahdha est le Grand parti Démocrate qu’il se prétend, il doit clarifier les choses : - D’abord arrêter cette surenchère religieuse et identitaire : L’Islam n’est pas en danger et le faire croire n’est que pour contrer leurs adversaires les plus honnêtes: «Les modernistes » ! Et surtout cacher l’absence de tout programme Socio Economique ! -Sortir du double discours par rapport aux exRCD puisqu’ils ont accueillis en leur sein énormément de sbires de benali et surtout des hommes d’affaires qui ont largement prospérés sous l’ère mafieuse ! -Arrêter la surenchère et les « perturbations » gratuites pour permettre au pays de réussir les élections du 23 Octobre.

Je crois que ce parti, s’il est aussi fort qu’il le prétend doit revoir sa stratégie de pourrissement qui ne peut mener qu’à un report des élections où à un éventuel coup d’état policier !

Ce qui se passe ne profite selon moi qu’aux ex RCD (ceux qui n’ont pas rejoins Ennahdha) et nullement à la Tunisie ! A bon entendeur !