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MyTunisie

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samedi, 22 mars 2014

Lettre ouverte à Hakim Ben Hammouda

(Tribune publiée sur Business News)

Monsieur le Ministre,
Cher Hakim,

Permet moi, au nom d’un rêve partagé d’une Tunisie meilleure de te tutoyer en public malgré ta fonction de Ministre… Ca va choquer plus d’un, mais je ne crois pas que le Prestige de l’Etat dépende de mon tutoiement…

J’écris pour te dire que ta nomination à l’Economie a suscité beaucoup d’espoir en moi.

D’abord l’Espoir de te voir initier les réformes nécessaires à la relance économique et sociale de ce pays en vue de remettre en marche les ascenseurs sociaux qui ont fait que toi et moi nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui. L'espoir de voir un tissu économique de PME revivre et voir l’Etat s’intéresser enfin aux « petits » au lieu de concentrer encore les avantages aux mains des plus nantis qui ont déjà tant bénéficié des faveurs de ce pays… De l’espoir aussi parce que connaissant ta modestie, je me suis convaincu que le Tunisiennes et les Tunisiens sont aptes à connaître la vérité et à relever les défis qu’impose cette période. J’ai encore de l’Espoir également, parce que je te connais soucieux du développement durable, de la Justice sociale et que tu possèdes une vision pour le développement régional qui séduira nos concitoyennes et nos concitoyens. De l'espoir encore pour introduire une dose d’éthique dans le fonctionnement des entités qui dépendent de toi (sois plus des trois quart de l’Economie de ce pays) Et enfin encore et toujours de l'espoir pour voir une réforme fiscale équitable qu'aucun autre gouvernement n’osera entreprendre pour des raisons électoralistes…

J’ai même visualisé la « super banque publique » avec des filiales partout dans le monde qui accompagnerai l’internationalisation de notre économie, j’ai rêvé un observatoire de la bonne gouvernance, j’ai imaginé le plein de bonheur et de prospérité pour ce peuple… Je te voyais réussir une inclusion/intégration de cette « économie para fiscale » qui représenterai plus de 40% des échanges économique de la Tunisie…

Et puis, être dans un gouvernement de transition provisoire ayant potentiellement un large consensus conjugué à ton courage me laissait entrevoir toutes ces choses…

Alors, plus de 40 jours après ta nomination, tu as quelques épreuves qui détermineront le reste de ton mandat :

-Quid des audits des banques publiques ? Pourquoi ne pas publier les rapports ?

-Quid des nominations à la tête des banques, des entreprises sous tutelle et celles dans lesquelles tes collaborateurs siègent aux Conseils d’Administration ?

-Quid de ce qui se passe dans Al Karama , la CDC et autres entreprises confisquées ?

-Quid de la « Consultation Nationale » pour la « loi de finances complémentaire » ? Ou vas-tu faire tienne les recommandations élaborées par le FMI et la Banque Mondiale comme l’ont fait tes prédécesseurs depuis des décennies ?

Tu l’auras remarqué, l’establishment « mafieux » veut déjà ta peau avec ces grèves sauvages ce qui laisse sous entendre que tu es sur la bonne voie… Mais est ce assez ?

En tous cas, si tu vas sur le chemin de mes rêves… Sur le chemin de tes rêves… Sur le chemin du Courage… Sur le chemin de la Rupture avec la pensée Unique… Je peux t’assurer que beaucoup de gens te soutiendraient dont moi.

Je peux t’assurer aussi que l’Histoire Economique de ce pays se souviendra de toi.

Pour finir, je te rappelle ce que tu écrivais il n’y a pas si longtemps sur ton blog dans un article dont le titre parle de « la misère de la pensée économique post-révolution ! » :

« Dans les moments de rupture et de remise en cause de l'ordre économique établi, les penseurs redoublent de créativité et d'inventivité pour comprendre les racines du mal et surtout suggérer les stratégies et les politiques pour mettre les économies sur la voie d'une croissance durable. Comme les grandes crises dans les pays développés, les printemps arabes constituent une rupture majeure dans les cycles et les trajectoires économiques de nos contrées. Cette rupture a exacerbé l'essoufflement des modèles de développement économiques et l'incertitude ambiante. Elle exige des réponses nouvelles pour sortir de la dépression et renverser le cycle économique et offrir une nouveau modèle de développement. C'est au débat, à un échange économique et à une réflexion qui sort des sentiers battus d'apporter des réponses ambitieuses aux défis du moment. »

A bon entendeur !

samedi, 22 septembre 2012

New Arab Debates: My Introduction (October 2011, Before Elections)... I was optimist!

This was the question of the first edition of new Arab Debates on October 20th, 2011:
This House be lie ves that in the ir first free e lections, Tunisians have nothing to fear from the Islamists.

Here is my introduction:

In my opinion, we should not fear, but we should be careful. Tunisians gained awareness and they are not ready to compromise this unique opportunity of freedom and democracy by giving keys of their future to people who act differently from what they prone. Or to people who advocate a parliamentary system where the majority will act without control! They want a dictatorial model. The issue with Islamist parties is that they are using democraty to damp it as they do not believe in it!
We have noticed that during the transition process preparation Ennahdha party has participated actively in defining election rules and once it was done they left the Instance in order to stop the law concerning political parties and just yesterday, during its press conference, Mr Ghannouchi statements were really dangerous! How a serious party can claim that he will win the elections by giving a percentage? and if won't happen therefore Ennahdha will demolish any government? We also heard them claiming that they defend freedom but they are main supporters of censorship (Internet, Movies, etc…)

In fact this is what bothers me: The double language islamists are using since years!
They claim things in front of Foreign medias and they say the opposite on the ground! For instance, regarding women rights (Mr Ben Salem in Ecchourouk of April 11 insinuating that women remains unmarried because of laws protecting them ....too much) on the other hands in their program, they claim that they will not touch this law) What to believe??

Regarding keeping mosques out of the political game, they claim it every day, but they do the opposite on the field We 've seen them preaching for Ennahdha or against their competitors, replacing agressively imams, etc…The same thing about applying Chariaa, each day we have contradicted statements…

We heard them during the campaign arguing that not voting for ennahdha is haram! They do not respect the name of the game, the game of loyal competition. Their arguments are based on beliefs and threats.
Last but not least, the last event concerning Persepolis film is enough revealing how they will treat freedom in the future and people who does not have the same opinion and the way of living. In fact the biggest danger is that Islamist supporters are considering themselves as Soldiers of God and the unique defenders of Islam and thus stigmatizing the others!
The threat is that in name of Islam, they proclaim their selves defenders of the Revolution. I would like to remember the audience that benali was hard on freedom, islamists threaten also individual liberties!

Here is a link for the debate.

mercredi, 11 mai 2011

Garder le Cap!

Dans la cacophonie ambiante, il est difficile de garder l’esprit clair. Pour nous en sortir, il faut fixer l’objectif et ne pas se faire avoir par les diversions. Alors, permettez moi de poser les éléments de l’équation afin d’imaginer quelques éléments de stratégie. La vraie question est « que voulons-nous pour la Tunisie ? »

Ce que nous voulons c’est rompre avec le passé et réussir notre transition pour installer une démocratie durable qui assure une vie digne à tous les Tunisiens. A mon avis, cela veut dire :

-Construire un écosystème politique capable de gérer des alternances démocratiques au pouvoir,

-Réinventer un système économique équitable basé sur la transparence,

-Assoir une République moderne et moderniste avec une bonne gouvernance de l’Etat et du Bien Public qui garanti les libertés de chacune et chacun.

Bien évidemment, la « Tunisie Rêvée » ne se résume pas en trois points, mais cela donne des idées sur ma vision…

Pour y arriver, le chemin est long et épineux !

La première pierre à poser est la réussite des élections de l’Assemblée constituante. Pour cela, il faut garantir un climat social et sécuritaire apaisé et surtout une organisation transparente de la campagne électorale et du vote. Ceci donnera à la Constituante une légitimité populaire qui lui permettra de définir de façon sereine les bases constitutionnelles et juridiques de la Nouvelle Tunisie.

Beaucoup de forces essayent de « plomber » ce processus en semant le désordre ou en retardant le vote. Il s’agit essentiellement de divers combinaisons politico-mafieuses qui usent de tous les moyens : Lobbying auprès du Gouvernement, influences étrangères, manipulation des médias, casseurs dans les rues, démonstration de force, etc… Mais le Peuple est lucide et nous gardons le cap malgré tout ! Il faut continuer à être vigilants, soutenir la Commission Electorale (finalement élue), déjouer les pièges au jour le jour.

Mais comme vous l’imaginez, on n’est pas surs du résultat. Et quand bien même nous aurons de bonnes élections, les forces progressistes et démocratiques de ce pays doivent militer pour barrer la route (pacifiquement via les urnes) aux forces du Passé. Ces forces, bien présentes en Tunisie s’articulent autour de deux clans :

-Les « 3P » selon la formule d’un ami (La police politique de ben Ali + la pègre+ l’ex parti RCD),

-Les « passéistes » qui veulent faire de notre Tunisie un pays islamique gouvernés par les Oulémas selon une lecture ancestrale de la Charia. Ce clan qui considère la démocratie comme un moyen d’atteindre leur fin et non comme finalité en soi.

Bien sur chacun de ces clans a déjà ses satellites, ses versions « light », ses pions sur l’échiquier, ses infiltrations auprès des forces « modernistes » et progressistes, etc…

Alors que faire ?

D’abord concentrer son énergie pour renforcer les vraies alternatives à ces clans ! Nous sommes nombreux à agir depuis des semaines pour un Pole Moderniste Démocratique… Ca vient !
Pour ceux qui ont choisi d’autres partis politiques, assurez-vous que vous n’êtes pas en train de servir indirectement l’un des clans passéistes ! Analysez attentivement les positions de vos « gourous » par rapport à ces deux clans ! Beaucoup des rumeurs qui circulent parlent de scénarii échaudés par ces clans pour se servir de vitrines «propres». Sur le court terme, œuvrer pour faire réussir les élections du 24 juillet est un devoir national !

Et puis ne vous laissez pas détourner de ces objectifs par les joutes facebookiennes ou les journaleux de TV7 et du Renouveau !

samedi, 16 avril 2011

De la méthode

Ce que nous vivons aujourd’hui en Tunisie est assez exceptionnel et l’espoir de voir notre pays vivre en démocratie n’a jamais été aussi grand. L’Instance de Yadh Ben Achour a fini par accoucher, presque dans les temps, d’un projet de code électoral révolutionnaire. Révolutionnaire pour plusieurs raisons :

-Le fait de confier l’organisation des élections à une instance indépendante, en dehors du contrôle du ministère de l’Intérieur est un acte de rupture radical avec le passé ! Tous les « magouilleurs » qui ont falsifié les élections durant les 40 dernières années seront « hors d’état de nuire ».

-Le fait d’interdire les anciens responsables du RCD de se présenter est aussi un acte important. Je ne sais pas ci cela concernera 200 personnes ou 50 000 personnes, mais cela voudra dire que nos futurs élus ne seraient pas de la même nature que ceux que nous avions avant ! Cela aussi répond à une volonté populaire forte que nous avions porté depuis le 14 janvier : « RCD Dégage ! ».

-Le point le plus important concerne la Parité. Décision Sage qui reconnait la place de la femme dans notre société et sa participation active dans la chute du régime de benali. Les réactions depuis cette décision sont nombreuses :

-On conteste la légitimité de cette commission… Soyons clair ! Nul n’est légitime en Tunisie aujourd’hui pour parler au nom du Peuple ! Cette commission a le mérite de faire tout de même l’objet d’un large consensus. J’entends aussi ici et là des appels au référendum, qui réalisera ce référendum ? Quelle commission légitime pourra organiser le référendum ? C’est un cercle vicieux sans fin qui ne finira jamais ! Alors arrêtons de critiquer, mieux est l’ennemi de bien ! L’objectif c’est d’avoir un gouvernement légitime au 25 juillet et pas plus tard ! Le Pays a besoin de se remettre en ordre de marche, l’économie est à l’arrêt, le tourisme est au ralenti, l’investissement est absent…

-On conteste le mode de scrutin : Aucun mode de scrutin n’est parfait ! J’ai déjà expliqué ma préférence pour les listes. C’est un mode plus facile à organiser et qui a ses avantages et inconvénients. Les tenants du mode uninominal par quartier savent pertinemment qu’il est difficile de mettre en place ces élections pour le 24 juillet dans la mesure où un découpage électoral de la Tunisie en petites circonscriptions aurait nécessité une estimation de la population et un découpage « zenga zenga » difficile à finaliser en quelques semaines !

-On conteste la parité ! Et je suis étonné de voir que ça vient de partis se disant modernistes comme le PDP. Je ne commenterai pas plus dans la mesure où cette décision est historique, sa portée symbolique est mondiale et elle affirme la place de la femme dans notre pays. Qu’elle n’assurera pas une parité totale au sein de la constituante soit. Mais que chaque liste, indépendants et partis assument la composition de leur liste.

Le point le plus drôle est tout de même la contestation des RCDistes appuyée par Beji Kaid Essebsi lui-même qui a envoyé son « responsable de communication » tâter le terrain et a sorti ses gouverneurs pour « appuyer ». Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet, mais je rappelle juste que ces « responsables » du RCD ont été actifs ou « passifs » dans la mise en place d’un système politico mafieux qui a violé le pays politiquement et économiquement. Ce n’est pas parce que le Peuple qui a fait la révolution n’a pas dressé la guillotine pour couper les têtes de façon expéditive que ces gens la se croient tout permis et ressortent de leur abris. Les Tunisiens ont montré un attachement fort à la Justice et au Droit, il faudra mettre en place une commission nationale pour écouter ces responsables, leurs mea-culpa et ensuite accepter de « pardonner » les acteurs « passifs » de l’ère benali et juger sévèrement les autres. On n’a pas le temps de le faire, alors cette solution est la plus simple et la plus juste ! Nous sommes en train de rompre avec le système de benali, ce n’est pas avec ses « compagnons de route » que nous réussirons à le faire…. Un peu de décence est nécessaire !

Pour finir je rappelle qu’on est à 99 jours des élections, nous n’avons plus de temps à perdre ! Que chacun de nous s’interroge sur le model sociétal pour la Tunisie des décennies futures et quelle constitution nous garantirai une démocratie durable et une prospérité équitable. Et puis, dans 75 jours, la Campagne électorale commencera. Alors que chaque Tunisien qui souhaite s’engager choisisse son camp et/ou son action pour faire réussir ces élections historiques dans le monde !

mercredi, 16 mars 2011

Des règles du jeu et des enjeux...

Le débat est lancé concernant le mode d’élection de l’assemblée constituante. Il y a globalement deux options pour élire les députés. Ces deux options s’appuient sur un découpage électoral de 1 siège pour 50.000 habitants afin de décider du nombre final des députés. -Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours : Dans ce cas, chaque 50 000 habitants formeraient une circonscription de laquelle sortirait un élu. Le représentant est élu à la majorité absolue. En cas de ballotage (aucun candidat n’obtient 50% des voix + 1 voix), seuls se présentent à un second tour les candidats arrivés en 1ère et 2ème positions. Le candidat arrivé en première position en nombre de voix est élu. -Le scrutin proportionnel à un tour s’appuie sur des listes électorales qui peuvent être régionales ou nationales… Par exemple, dans chaque gouvernorat on détermine le nombre d’élus (Il y’aurait autour de 20 élus sur le Grand Tunis si on dit qu’il y a 1 000 000 d’habitants) et on vote pour des listes. Le nombre de sièges attribué à chaque liste est en fait le pourcentage des votes obtenus. La liste qui obtient 30% aurait 6 sièges dans le cas de figure de Tunis.

Bien sur il existe des variantes autour des modes, puisque techniquement on ne pourra pas découper aisément en circonscriptions de 50 000 habitants (il faudra y aller zenga, zenga et houch, houch), on aura finalement des circonscriptions avec plusieurs députés et d’autres avec des regroupements de « grands territoires » pour atteindre les 50 000 habitants. Bref, ça sera un casse tête de faire un bon découpage électoral surtout si on va vers l’uninominal. Pour ma part, je défends fermement le scrutin par liste proportionnel et je vais expliquer mes raisons : -Un scrutin par liste déplacerai la campagne électorale plus facilement sur un combat d’Idées et de programmes. En effet, voter pour 1 élu ferait que l’on va choisir le bonhomme ou la bonne femme qui nous plait le plus et pas forcément dont les idées ou le programme nous corresponde le plus. Pire encore, dans certaines région, on va exacerber les reflexes tribaux et le clientélisme au détriment des valeurs des candidats. -Les enjeux de la Constituante sont tellement importants pour l’avenir du Pays qu’il me parait choquant de ne pas avoir de débat de fond durant les semaines à venir. On va rester sur des débats de proximité, du populisme et on risque de voir des méthodes peu orthodoxes (achat de voix, etc…). -Avoir des dizaines de candidats plus ou moins indépendants qui se présentent de façon individuelle va aboutir à une assemblée pas claire dans laquelle les ex RCD recyclés sous couverts d’indépendants ou de notables locaux seraient légions. Une assemblée dans laquelle les visions de la Tunisie des uns et des autres commenceraient à se clarifier le 25 juillet. Une assemblée ou la coalitions des « traditionalistes » serait plus grande que prévu, une assemblée ou les coalitions seraient à contre nature… J’ai déjà lu ici et là que le modèle le plus « démocratique » est le suffrage uninominal : Je ne suis pas d’accord ! La démocratie n’est pas uniquement l’expression de la majorité, c’est également la protection des minoritaires ! Il faut que les « idées » minoritaires soient entendues ! Et on ne pourra pas les entendre si on les sort mécaniquement du débat. J’ai également lu des arguments du type : La proportionnelle par liste va faire le jeu des partis au détriment des indépendants. Je suis en partie d’accord ! Mais il faut assumer ! Nous aurons aux élections quelques 70 partis politiques, cela m’étonnerai fortement qu’on n’aura pas de parti politique qui corresponde à 90% des aspirations de chaque Tunisien. Il est temps que ces « Personnalités » « Indépendantes » s’engagent, il est temps qu’elles mettent leur égo de coté et si elles n’y arrivent pas qu’elles créent des partis autour d’elles ! Et puis les procès d’intention et les raccourcis faciles de type « tous pourris » ne valent pas un millime dans un paysage politique quasi vierge… Je souhaite que lors de ces élections, les projets des uns et des autres soient clairement identifiés afin que l’on vote pour la vision de la TUNISIE qui corresponde le mieux à nos aspirations ! Khaled Abdeljaoued

vendredi, 11 février 2011

De l'ATUGE

Depuis la nomination du gouvernement, l’attention autour de l’ATUGE est grandissante. En effet, avoir 6 ministres tunisiens issus des Grandes Ecoles Françaises est un événement de taille dans la vie de notre association qui a pour vocations de regrouper les quelques 4000/5000 tunisiens issus des Grandes Ecoles Françaises. La présence de ces ministres commence à faire couler beaucoup d’encre suivie de beaucoup de paroles à la radio puis à la télévision… Quelques précisions s’imposent afin de dissiper les malentendus : -Les Grandes Ecoles Françaises sont des établissements dont l’accès est très sélectif. Ceux qui y accèdent sont en général parmi les meilleurs élèves de leur génération avec les meilleurs résultats au Bac. -Une fois l’Ecole finie, on retrouve ces ingénieur (ou ressortissants des Ecoles de Commerce) soit dans l’enseignement et la recherche soit dans les entreprises. Etant donné les critères de sélection a l’entrée, ces « anciens élèves » font généralement de très belles carrières. Les plus audacieux créent leurs entreprises et globalement ils réussissent pas mal. - En Tunisie, on les trouve aujourd’hui dans le management d’entreprise ou pour quelques uns en chef d’entreprises. Aux premières années de l’indépendance, on les retrouvait plutôt au sein de l’Etat, puis quand les entreprises privées sont devenues la locomotive de l’Economie, on les trouve plus dans le secteur privé. -Ces ressortissants Tunisiens des Grandes Ecoles Françaises, ne sont pas tous adhérents à notre association qui regroupe 15% de notre base. Ceci étant dit, rappelons que notre association a vu le jour il y a 20 ans a l’initiative de Elyes Jouini et quelques autres afin de promouvoir deux choses : La Solidarité entre les Tunisiens des GE en France et créer des ponts avec la Tunisie. Rappelons-le, à cette époque, peu de Tunisiens « revenaient » en Tunisie pour y travailler. Très rapidement, une association jumelle a été crée en Tunisie afin de tisser les liens entre les deux rives de la méditerranée. Depuis, notre association ne cesse de grandir en toute indépendance. Nous avons eu de nombreuses tentatives de récupération ou d’entrisme auxquelles nous avons résisté. Depuis les premiers jours, nous avons pris le parti pris de notre pays et aucun parti pris partisan. On nous reproche d’avoir invité des ministres à nos forums ou a nos débats, mais nous l’avons fait sereinement, et les discussions se sont déroulé en général sans langue de bois ! J’ai entendu également des reproches quand a notre timidité dans la critique : Je rappelle que nous ne sommes pas un parti d’opposition ou une ligue des droits de l’homme… Encore moins un corps constitué (Ordre des Ingénieurs) ou un syndicat. D’ailleurs beaucoup de nos adhérents ont été actifs dans d’autres structures, généralement dans l’opposition mais tout le monde a joué le jeu pour laisser notre association en dehors du champ politique. Bref, beaucoup de procès d’intention dus a la nouvelle visibilité de l’ATUGE. Je souhaite également préciser que 3 membres du gouvernement sont adhérents sur les 6. Et que Sami Zaoui, a démissionné du Conseil d’Administration de l’ATUGE le soir même de sa nomination au gouvernement. Je souhaite également préciser que nous n’avons pas eu de sollicitations officielles ou officieuses pour proposer des noms comme certains le laisse entendre. Pour nos relations avec YML, oui nous avons soutenu l’initiative en 2009 et 2010 et pour etre complet nous nous posions des questions pour 2011! Oui nous l’avons soutenu! Il faut assumer ses responsabilités pour représenter la Tunisie dans les mouvements, apolitiques, qui tentent de rapprocher les jeunes de la méditerranée. L’idée est intéressante, les débats constructifs et la presse y était ! Il n’y avait pas de conspirations pour prendre le pouvoir comme certains le laissent entendre. Pour 2011, le CA n’a pas tranché encore… Que des Atugéens soient appelés a participer au gouvernement de TRANSITION, me parait naturel : Quand le pays est en crise, il a besoin de compétences indépendantes et efficaces pour gérer le changement et mettre en place des plans d’action rapides. Je suis fiers de ces tunisiens qui ont accepté de mettre en veilleuse des carrières internationales, de diviser leurs revenus par 10 ou par 30 pour, le temps d’un CDD, se mettre au service du pays ! Jugeons-les sur les actes ! Nous en tous cas, puisqu’ils sont des nôtres, on sera plus critiques et plus vigilants que tout le monde ! Faisant partie du premier bureau élu de notre association à Paris après sa création, et étant président de l’association de Tunis aujourd’hui, je suis fier de notre indépendance ! Le passé l’a prouvé, l’avenir le confirmera !

lundi, 7 février 2011

Soutenir une transition démocratique «douce» ne veut pas dire avaler des couleuvres !

Je l’ai écrit, on ne peut sécuriser cette transition qu’en démantelant le RCD ! Il semble qu’une sentence politique est prise dans ce sens avec la décision du ministre de l’intérieur (encore faut il qu’elle soit confirmée puisqu’elle a disparu du site de la TAP).

Cela ne m’inquiète pas puisque c’est l’affaire de quelques jours…

Ce qui m’inquiète par contre c’est les anciens caïds de l’ancien régime qui continuent à noyauter partout et la naïveté politique complice du gouvernement :

-Les nominations des gouverneurs faites au dépit du bon sens sans consulter les « soutiens » du gouvernement (voir communiqué d’Ettajdid ou de l’UGT), sans même consulter les ministres de ce gouvernement qui ont accepté de soutenir une transition vers la démocratie par devoir !

-Les nominations au niveau des médias nationaux (radios et journaux) qui semblent sortir du bureau du sinistre abdelwaheb abdallah!

-Les nominations au sein des commissions, si importantes pour la transition démocratiques, ne font pas l’unanimité...

D’autres cafouillages viennent semer le trouble comme les déclarations de hédi baccouche, les nominations des administrateurs judiciaires (le financier de Princess Holding a, semble t il, été nommé par la justice pour gérer la boite qu’il a monté de toute pièces pour sakhr materi), les sorties incongrues du ministre des affaires étrangères, les «oublis» flagrants dans le gel des avoirs (il manque des membres de la famille, des belles familles ou des prêtes noms notoires).

Heureusement que le Peuple Tunisien est aux aguets !

Je veux bien soutenir un gouvernement de transition pour qu’il gère les affaires courantes le temps de faire des élections. Mais ce soutien n’est valable que si les choses sont claires par rapport à sa composition et son rôle :

En premier, j’attends de ce gouvernement un démantèlement méthodique et exhaustif de la machine rcd et de l’organisation mafieuse qui s’y est collée. On est bien partis mais certains départements ministériels sont en retard et d’autres ne semblent pas vouloir le faire ! De plus la relation incestueuse PSD-RCD / Etat a duré plus de 50 ans, il va falloir y aller au Karcher !

En second lieux, j’attends que ce gouvernement (j’inclus le Président) s’engage sur un calendrier électoral clair (quelle élections et quand) avec des dates butoirs pour les amendements de la loi qui gère les associations et les partis ainsi que la refonte du code électoral. Cette activité doit se faire avec un maximum de consultations voir faire appel a un référendum populaire pour trancher les grandes questions (chronologie des présidentielles et législatives ; mode de scrutin, ou autre).

En troisieme lieux, j’attends que ce gouvernement déclare la guerre à la corruption ! Qu’il gèle les privatisations, qu’il réexamine les marchés publiques, qu’il annule les marchés passés avec des dessous de tables, qu’il renationalise les sociétés publiques mal acquises, même si c’est des « partenaires » étranger !

En quatrième lieux, j’attends de ce gouvernement un changement des hommes à la tête des grandes administrations, des entreprises publiques, etc… Afin que les trois premiers points soient réalisés sur le terrain.

Il est urgent que ce gouvernement mette hors d’état de nuire les vieux « caids » qui continuent à tirer les ficelles ! Il est anormal que ghariani apparaisse encore sur al jazeera ou fasse encore des réunions, qu’abdallah reçoive encore chez lui… Il est anormal de voir les chefaillons du RCD encore à l’œuvre dans nos villes… Il faut les arrêter, leur couper le téléphone et commencer les interrogatoires ! Il faut également couper les robinets des commissions occultes (les rumeurs sont grandes) qui continueraient de tomber chez les proches de l’ancien régime !

Une fois ceci fait, on peut sereinement aborder la suite et relancer notre économie !

Notre Révolution avait, pour moi, trois principaux objectifs, la Liberté, la Démocratie et la Justice Sociale. Ce que j’ai exprimé jusque là c’était pour avoir des assurances fortes pour la Liberté et la Démocratie. Mais le plus gros enjeu pour moi sera celui de la Justice Sociale. Quel développement durable pour les régions ? Quel modèle de partage de richesses ? Quelle fiscalité ? Quelle Economie ? Sur ces points, les libéraux ont pris une grande avance ! La gauche n’est pas organisée pour défendre ce terrain… La bataille sera rude et les forces en présence, globalement d’accord sur les premiers points, devraient s’organiser pour l’avenir de notre Pays.

lundi, 31 janvier 2011

Les Barbus sont la?

Depuis ce matin, l’arrivée de Monseigneur Rached Ghannouchi déchaine les passions chez les progressistes (« plutôt laïques », les « laïques », les antis religieux, etc..) et les religieux traditionalistes (a divers degrés).

Pour être clair, je considère que le modèle tunisien actuel, dans sa relation a la Religion, n’est pas mauvais (du moins en théorie).

Je crois que nous devons séparer le plus possible la religion du politique. Cela veut dire, par exemple, que les mosquées doivent être « autogérées », que les partis « traditionalistes » doivent être libérés. La bataille est une bataille d’idées, elle devrait se dérouler sans violence (même si les premières sorties des « islamistes » ne sont pas rassurantes) avec des espaces de liberté pour que les visions du monde se confrontent ! La justice et l’état doivent également veiller au respect des lois…

Pour ma part j’ai choisi mon camp : Je ne veux pas d’une loi coranique anachronique en Tunisie.
Plus particulièrement, notre code du statut personnel aujourd’hui me parait trop religieux et il mériterait des amendements basés sur une lecture plus ouverte de l’ISLAM afin que l’on puisse aller vers une vraie égalité des sexes à tous les niveaux (Droits et devoirs).

Je ne suis pas certain que la Tunisie serait « Islamiste » de « nature ».

Je souhaite avouer, tout de même, une petite inquiétude : Beaucoup de personnes qui partagent ma vision sont en train de se diviser sur les questions économiques. Ils ont raison !

Mais je les invite à être plus pragmatiques ! Dans cette phase de transition, ou l’une des clés de la bataille électorale serait la position religieuse (en attendant une maturité démocratique qui permettrait à tous d’avoir des grilles de différenciation qui incluraient le programme social, économique, etc…), je les invite a se regrouper, si possible autour des pôles déjà existants afin de les renforcer, les aider a se structurer (50 ans d’oppression les ont affaibli)… Le front « moderniste » aborde cette phase de transition divisé alors que le front «traditionaliste » sera uni (même si par la suite il se divisera). Pensez y chers amis, faites vos choix, engagez vous !

Et puis avant de dormir, gardez un œil ouvert !

Point du Soir…

Nous avons choisi pour notre Révolution un modèle de transition « douce » afin de ne pas casser complètement les acquis du pays notamment sur le plan économique.
Ce modèle est à l’anti thèse de ceux qui réclamaient une « table rase » afin de rebâtir a nouveau. Je ne vais pas polémiquer sur le sujet, les faits sont là et c’est parti n’en déplaise aux révolutionnaires sincères, aux révolutionnaires de circonstance (ceux qui affichent comme programme politique d’écouter la rue) et aux contre-révolutionnaires (tous les caciques et notables du RCD, les barons de l’UGTT, etc…). Je m’adresse particulièrement aux révolutionnaires sincères pour les inviter a lire la suite du texte parce que leur rôle est important les mois qui viennent. Les défis qui se pose aujourd’hui (il est clair que cette analyse est valide a cet instant puisque la donne peut changer) sont de deux natures :

-Economie : Le pays a marque une pause, salutaire, de quelques semaines… L’espoir est Grand et nous nous devons tous de remettre notre économie sur les rails avec des règles du jeu saines. Ceci veut dire chasser le clientélisme, faire la guerre a la corruption, libérer l’administration du joug du RCD afin de libérer l’initiative de nos fonctionnaires et leur permettre d’être jugés uniquement sur le mérite et la qualité de leur services aux citoyens.

Il est temps d’avoir un Economie saine (ou tout le monde paye ses taxes), sans corruption, sans favoritisme, équitable s’appuyant sur une Justice forte et Indépendante.

Pour faire cela, nous devons être tous responsables, engagés dans nos devoirs et fermes sur nos droits.

-Démocratie : On ne sort pas de 50 ans de Parti Unique indemnes ! Les vieux reflexes sont là, l’Administration est en relation incestueuse avec le RCD depuis des lustres, la rendre neutre et la remettre au service du Citoyen est un challenge de taille.

Les médias publics peuvent être sous contrôle. Les médias privés appartenant aux familles de l’ancien régime ou a leur affidés peuvent avoir leur propre agenda.
Une instance de contrôle indépendante est nécessaire, l’octroi d’autres licences est également urgent ! Les municipalités sont encore gérées par le RCD (A l’exception de quelques unes ou le Peuple a pris le pouvoir via des Groupes de Citoyens)… Passer en mode Service Public, neutre et équitable est un des gros défis des semaines à venir…

Et puis, notre peuple, mature et Citoyen, n’a pas l’expérience de la démocratie ! Il faut que l’on se mette tous en mode apprentissage accéléré.

En fait, notre rôle de Citoyen vigilant est primordial pour construire un pays démocratique !

jeudi, 27 janvier 2011

Petites Indiscrétions et veille du Jour… Nouvelle mise au point...

En attendant l’annonce du gouvernement demain, je vais vous livrer la moisson d’aujourd’hui…

Depuis ce matin je suis remonté contre le mutisme du gouvernement de transition que je prenais pour de l’autisme… Je suis même passé a l’inquiétude.

Une analyse fine d’internet (google, twitter et FB), quelques longues discussions depuis cette après midi et encore cette nuit m’ont permis de prendre du recul.

Il semble que le « Système » benali n’est pas complètement démantelé ! Il s’est barré avec les codes de la transmission satellite des forces de l’ordre et ses sbires parasitent, voir brouillent, les opérations de maintien de l’ordre fortement.

L’ambassadeur de Libye chez les Saouds a également été reçu par benali, et de la il a volé vers Doha… Avec la sortie du « Guide » hier et celle d’avant, on est en droit de se poser des questions sur le rôle de notre pays voisin.

La garde rapprochée de benali ressort à la télé (essentiellement chez Nasra sur Hannibal) et les dernières stats (faites par de jeunes Citoyens) montrent que les « anti-gouvernement » ont un temps de parole largement supérieur aux pros gouvernement sur Hannibal !
J’espère que Sigma et Mediascan nous gratifieront d’une mesure officielle demain afin que l’on comprenne ce qui se passe.

Selon ma lecture, la contre révolution s’organise et les voix raisonnables sont inaudibles puisque tout de suite taxées de traitres a la révolution ou bien elles voient apparaitre des vieux RCDistes qui tentent de la décrédibiliser (comme pour la manif au théâtre, un peu reprise par des anciens RCDistes malgrés la bonne volonté des initiateurs). Il faut tout de même signaler une première sortie d’Ettajdid avec un slogan de manif que j’aime bien « Ni RCD ! Ni Chaos ! ».

Bref, beaucoup de forces occultes et moins occultes poussent au Chaos et tentent de déstabiliser le futur gouvernement de transition… Pourquoi ?

De l’autre coté, les infos filtrées coté Gouvernement montrent une ferme volonté de reprendre l’appareil de l’état en main, mais cela semble complexe notamment avec tous les services qui étaient gérés directement par le palais (Ammar404, Renseignements, Médias, etc…)

L’autre confirmation obtenue est que le nouveau Gouvernement de Transition va être plus clair (pas ou peu de RCD) et son role de transition clairement annoncé. Les commissions sont en cours de constitution, les biens du RCD appartenant à l’état sont récupérés et la mise sous tutelle des avoirs du RCD semble acquise.

Pour moi, et c’est ce que j’ai expliqué dans ma précédente note, il faudra soutenir ce futur gouvernement s’il se confirme ainsi (Sans les grandes figures de l’ancien régime). Je ne suis pas adeptes de la guillotine populaire et je préfère que la Justice, fondement de notre proche démocratie, fasse son boulot pour le RCD… Cela donnera du sens au « RCD dégage ! » qui trotte dans ma tête…

Il faudra aussi que le gouvernement, au Service de la Révolution, nous explique clairement la situation, fasse preuve de pédagogie et partage avec son peuple les menaces qui pèsent sur notre jeune démocratie.

L’UGTT, qui souhaite gouverner avec l’aide de Ben Jaafar et les ultras révolutionnaires (qui voudraient voir les Comités Populaires s’installer) doit décider ce soir de sa position : Participer au gouvernement, soutenir le gouvernement ou aller à l’affrontement.

C’est une responsabilité. D’après moi, l’UGTT n’ira pas a l’affrontement parce qu’elle n’aura rien à dire !

En effet, rester dans le cadre légal est le souhait de la majorité des tunisiens et de l’armée. « Dégager » le RCD sera acquis, reprendre le travail et la construction est le souhait de l’ensemble des Tunisiens. Quelle revendication mobilisera demain l’UGTT ? Un conseil de la Révolution ? Une assemblée Constituante ? Ca fera peut être plaisir à Kaddafi de voir ses théories revendiquées, mais pas à la base de la centrale syndicale !

Bref, en attendant la confirmation de mes indiscrétions, je peux affirmer que quelque soit le choix de l’UGTT, les jours de Jrad à sa tête sont comptés.

Maintenant que les manifestants d’El Kasbah sont protégés par l’armée (Je signale quand même que c’est historique ce que nous vivons là : Une manif au palais du gouvernement sans relâche depuis 3 jours sans bavures et l’armée qui protège… Du jamais vu même dans les plus vieilles démocraties), je vais me coucher plein d’espoir… Demain est un autre jour… je prendrais un café à el Kasbah pour comprendre mieux ce qui se trame autour.

dimanche, 23 janvier 2011

Ce que je crois

Révolution aidant, je me permet de piquer le titre a BBY… On ne vit qu’une fois!

Depuis une semaine, j’essaye d’analyser et de comprendre les enjeux post benali afin d’avoir une lecture « pragmatique » des événements. Ce n’est pas facile. Ca bouge toutes les 30 secondes et sortir une analyse fiable est du domaine de l’impossible.
Avant de publier ce texte, j’ai hésité, parce que depuis peu je suis président d’une association apolitique et indépendante. Je le fais quand même! C’est mon avis personnel et pas celui de l’association. Ce n’est pas parce que je me trouve président que je vais taire ma voix. Le nombre de révolutionnaires sur facebook et twitter est croissant et je crois pas qu’il y’ai beaucoup qui peuvent ce permettre de me donner des leçons. Mon engagement pour mon pays est antérieur !

D’abord, je crois que ce que nous vivons est une Révolution et non une Intifadha. Une révolution comme on l’apprend dans les cours d’histoire avec un peu moins de sang… pour l’instant. J’invite donc tout le monde à relire les livres d’histoire pour essayer de comprendre le contexte et adapter leur grille de lecture. En effet, les guillotines ne sont pas dressée encore et la plèbe les attend...
Ceci étant dit, il faut avouer que cette Révolution a pris de court toute « l’élite » du pays : Le Gouvernement de benali en premier lieu, mais également tous les partis d’opposition y compris les plus « révolutionnaires », les Patrons, les Syndicats...

Il faut aussi voir qu’après l’annonce du Gouvernement de transition, la plèbe ne c’est pas calmé. En effet, une lecture politique de la composition a montré que le Gouvernement comprenait plusieurs Ministres appartenant a l’ancien régime qui présentaient deux menaces majeures pour la révolution : D’abord cela donnait l’impression que l’on protégeait l’ancien système avec des ministres fortement impliqués dans les dérives (Et le mot est gentil) mais aussi des personnalités fortes du RCD capables de reconstruire un RCD fort si on les laisse faire…

Notre valeureux peuple a montré donc une maturité politique et une finesse d’analyse qui a encore une fois dépassé les « Elites ».

Notre « Gouvernement d’Union Nationale» a donc été formé en dépit du bon sens dans la mesure où le noyau dur n’a pas saisi l’ampleur de l’événement. Depuis lundi, la composition du gouvernement n’a pas été amendée pour tenir compte des revendications, légitimes, des tunisiens qui finalement tournent autour de deux axes :

1-RCD dégage ! Revendication qui sous entend beaucoup d’autres, à savoir :

-On n’a plus envie de voir les représentants de l’ancien régime au Pouvoir, nous avons dégagé benali, on ne va pas se payer sa garde rapprochée.

-Récupération des « Biens du Peuple » : Action initiée certes avec la récupération des locaux, des voitures et du personnel détaché, mais la communication a été déficiente pour faire savoir au peuple que c’est fait ! De plus, des symboles forts tels que la Maison du RCD érigée en phallus provocateur en plein centre ville continue d’attiser la haine.

-Démantèlement pur et simple du RCD afin de ne pas voir le « mal » se réincarner dans 6 mois et reprendre le pouvoir formellement.

2-Eradication du Clan benali : Avec la récupération de « notre argent », l’arrêt des membres de la famille, le nettoyage au sein des banques « complices », des administrations « collabo » (Le Fisc, les domaines de l’état ou les douanes). Encore une fois, on tardé à dresser les guillotines !

Les plus avertis voient déjà beaucoup « d’affairistes » qui ont largement profité de l’ancien régime se repositionner habilement. Je ne donnerai pas d’exemple, mais j’en vois des dizaines dans les médias, les biens de consommation, les banques, etc… C’est inadmissible !

Les réponses à ces deux revendications tardent. L’UGTT dépassée par sa base, surtout dans les Régions a été obligée de se radicaliser. Dans la même logique, les partis radicaux dans les extrêmes surfent aussi sur cette vague et leur audience ne cesse d’augmenter.

Ne pas oublier aussi le fait que beaucoup des dirigeants syndicaux tentent de se racheter une virginité en faisant cela… On parle même aujourd’hui de plus en plus de « barbouzes » du RCD qui tentent de rejoindre cette aile radicale puisqu’ils n’ont plus de raison d’être et qu’il faut qu’ils se rachètent eux aussi…

On arrive donc aujourd’hui a une situation de blocage qui va empirer faute de pédagogie, de communication mais aussi disons le faute de lecture réaliste de la situation.

Le Gouvernement aurait du forcer le départ des « têtes » stigmatisées par les revendications dès mardi ! Le RCD devrait trouver l’Homme de la situation qui va prendre en main l’organisation pour se lever, faire le mea-culpa de son organisation pour les 30 dernières années, appeler a un congrès en se référant a l’histoire de son parti avec le mouvement de libération (il pourra même réintégrer Benyoussef au passage)… Mais surtout dire haut et fort, qu’il joue le jeu ! Qu’il rend les locaux, qu’il met ses livres de comptes à la disposition de la Commission Nationale qui se crée, etc…

Le problème c’est que cela n’a pas été fait a temps, c'est-à-dire le mardi. Pourquoi donc ? Parce que le Gouvernement de Transition n’a pas compris son rôle!

Les initiateurs de ce gouvernement étaient dans un modèle de transition « douce » fortement encouragés par les « partenaires » étranger, encadrés par l’armée (Qui, semble t il a imposé une partie des têtes "incriminées") et par les reflexes acquis depuis des années au gouvernement. Ils ne se sont pas mis dans une logique de Gouvernement de transition proprement dit, à savoir au Service de la Révolution.

On ne peut contenter le Pays qu’en changeant le mode de réflexion et le mode de communication.

-Il faut clairement expliquer, avec des messages audibles, que le gouvernement est la avant tout pour la gestion des affaires courantes! Il n’a pas vocation à transformer le pays ! C’est l’affaire du Peuple qui votera. D’ailleurs se placer ainsi permettra d’éviter des négociations sociales fortes ou des chamboulements des lois qui gouvernent notre quotidien (Puisque les attentes sont fortes).

-Il faut montrer que le gouvernement ne se préoccupe pas de protéger les RCD ou les anciens « corrompus »… Virer les Ministres RCD ne sera plus suffisant dans la mesure où cette revendication est « vielle » sur l’échelle temps de la Révolution. Je me demande si Ghannouchi, homme intègre et courageux, ne doit pas se sacrifier pour ramener la sérénité. Il faut également devancer les demandes de demain, à savoir changer les Gouverneurs par des « Gouverneurs de Transition », probes, intègres, qui vont gérer les affaires courantes, au Service de la Révolution, tout comme les ministres. Il faut également les mandater pour faire des actions fortes de détachement du RCD puisque l’administration régionale est en relation incestueuse avec le RCD à toutes les échelles.

-Il faut mettre en avant les Commissions, les doter des moyens de communication et d’organisation adéquat pour qu’elles reprennent l’Initiative et qu’elles focalisent l’attention. Ces commissions doivent fonctionner en toute transparence, peut être même filmée et retransmises a la TV en direct pour que les gens comprennent les enjeux législatifs et aussi pour nous assurer que la justice passera avec les 2 autres commissions.

-Et puis pour profiter de l’Elan citoyen que l’on a vu, notamment lors de ces fameux comités de quartier, il est souhaitable d’appeler à des élections municipales dans 6 semaines au plus tard. C’est risqué pour les partis politiques pas prêts, mais c’est l’une des meilleures façon pour obliger les Citoyens a assumer leur rôle de Citoyens. Il faudra être très courageux pour faire cela, mais si on souhaite installer une démocratie durable dans notre pays, c’est un pas nécessaire.

Ces mesures là, bien communiquée, remettraient le Service de la Révolution et du Pays au centre de l’attention du Gouvernement de Transition, elles permettraient d’affaiblir les extrêmes et l’UGTT qui elle aussi devrait faire un Grand ménage dans la maison !

Pour finir, j’invite tous mes concitoyens à la vigilance, à parler à s’organiser pour être audibles afin de ne pas laisser passer cette chance historique. Engagez vous ! Dans les partis politiques, dans vos villes, dans vos villages, dans la Cité ! Veillez aux dérives (Ce qui s’est fait sur la censure d’Internet est exemplaire : Toute censure ne se fera que sur décision de Justice). Nous avons Tous une responsabilité historique pour protéger notre Révolution, construire une démocratie durable qui apporterai un developpement économique formidable!
Yes we Can! (La aussi je pique!).
We should Invest in Democracy!

A bon entendeur !

  • La plèbe (du latin plebs, plebis) est une partie du nombreux (populus) romain, c'est-à-dire les citoyens romains, distincts des esclaves. La plèbe — les plébéiens — se définit par opposition auxpatriciens ou plus tard à la nobilitas : c’est la partie du peuple qui s'oppose à l'organisation oligarchique de la cité. Dans le langage courant, la plèbe désigne la population. source Wikipédia

dimanche, 23 mai 2010

Petites réflexions sur Ammar, l’opposition et les autres…

Hier Samedi, nous étions quelques poignées habillés en blancs en signe de protestation contre « Ammar 404 », personnage fictif, qui filtre le net Tunisien. Tout d’abord, les « Groupes » sur l’Avenue : -Les « Geeks » à l’Africa, en force et en blanc… plus de 20 -Les Tajdiens et « amis » au Café l’Univers (une dizaine) et une poignée au Grand Café, -D’autre « militants » que je connais de vue mais pas de nom, a l’Univers, au Grand Café, etc.. …. Bref une bonne centaine selon mes estimations et ma balade vers 16h, dont la moitié de « jeunes puceaux et pucelles » de la politique qui ont du sortir du monde « virtuel » pour la première fois… Une amie sur facebook a posté un commentaire déçu du « peu de mobilisation », je partage son amertume, mais je tien a lui dire qu’étant donné le contexte, cette centaine de personnes est une Grande lueur d’espoir pour notre pays ! -D’abord, c’est le premier pont entre une contestation virtuelle, somme toute active, et le monde réel… -La mobilisation d’hier, malgré la présence massive et nerveuse d’Agents, a montré que l’on peut protester « avec la Manière » et pour certains « avec Classe » sans se faire tabasser ni « aller en Prison ! » comme beaucoup le pensent... ou le craignent. -Les initiateurs de la Manif «Non autorisée » sont des acteurs du net Tunisiens, peut être sans engagement dans un parti politique, mais en tout cas avec un fort engagement citoyen et donc par définition politique ! D’autres « membres du réseau virtuel » dont une particulièrement c’est félicitée que les initiateurs et les acteurs ne fasse pas parti de l’opposition, et la je la cite : « … l'opposition tunisienne avec son arrogance est la cause de tout les maux de la Tunise... » Je ne partage pas son raccourci… L’opposition existe, certes pas suffisamment unie, mais c’est elle qui empêche de tourner en rond et la majorité des « petits hommes blancs du 22mai » venait des rangs de cette Opposition… Et ils ont joué le jeu, sans arrogance et sans récupération ostentatoire… Ce type de « sentence » présage déjà d’un « nouveau parti » tout aussi arrogant que les autres si ce n’est plus. Ceci étant dit, l’heure de vérité arrive… La contestation virtuelle aura-t-elle suffisament de souffle ? Profitera t elle de ce flash mob réussi et sans incident pour remettre cela ? On saura dans les jours qui viennent si c’est tache d’huile ou un coup d’épée dans l’eau. De toute facon, Ammar perdra sa 404 tot ou tard....

Pour ma part, a la prochaine invitation, la table de Slim, Yassine et Emna est à ma charge !!!!!!

Sante a tous !!!!.

vendredi, 6 novembre 2009

Tounsi ou rassi 3ali ! Fatma c’est moi !

Depuis les premières infos d’hier sur Arabicca, je me sens mal ! J’ai suivi toute la journée les bribes d’informations avec comme seul résultat une dépression grandissante et un dépit indescriptible. Dans quel monde vivons-nous ? Pour qui ils nous prennent ? Monsieur Ammar & Co : Nous ne sommes pas des brebis ! Et Arabicca n’est pas une « brebis égarée » !

Pour la faire courte, à l’ occasion du 22ieme anniversaire du « Changement », je te rappelle, petit ammar, cet extrait du discours du 7 Novembre !

Moi, cet extrait là, j’y crois ! Je suis sur que Fatma aussi y crois ! Tu devras y croire !

« …L'indépendance de not pays, l'intégrité de notre territoire, l'invulnérabilité de notre patrie et le progrès de notre peuple sont l'affaire de tous les Tunisiens. L'amour de la patrie, sa protection et l'action pour son essor constituent un devoir sacré pour tous les !!!!citoyens.

Citoyens, citoyennes,

Notre peuple a atteint un tel niveau de responsabilité et de maturité que tous ses éléments et ses composantes sont à même d'apporter leur contribution constructive à la gestion de ses affaires, conformément à l'idée républicaine qui confère aux institutions toute leur plénitude et garantit les conditions d'une démocratie responsable ainsi que dans le respect de la souveraineté populaire telle qu'elle est inscrite dans la Constitution. Cette Constitution appelle une révision devenue aujourd'hui impérative.

L'époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie, ni succession automatique à la tête de l'Etat desquelles le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d'une vie politique évoluée et institutionnalisée, fondée réellement sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse… »

Bonne nuit Fatma! Nous sommes de tout coeur avec toi! Quand a toi ammar, tu va avoir de courtes nuits avec les "brebis" que tu viens de reveiller!

dimanche, 6 avril 2008

Cherche Pilote sur TUNISAIR…

De retour de Dubaï, j’ai eu le plaisir de boire une bière avec 4 pilotes TUNISAIR installes aux Emirats depuis peu… Je ne vais pas vous parler des pubs Irlandais de Dubai,… ça sera pour une autre fois…

Mais je vais vous donner des chiffres : Il y a un ou deux ans, on m’avait confirmé que le nombre de PNT (Personnel Navigant Technique soit en clair les pilotes) chez Tunisair est de l’ordre de 330. Jeudi soir on m’a confirme que depuis deux ans, quelques 40 pilotes ont quitté le navire Tunisair pour aller barrer sous les cieux moyen-orientaux… Soit plus de 10% !!!!!!!!!!

Bien sur, on a eu droit a un article sur Jeune Afrique… et même dans la presse local ! Je ne vais donc pas analyser les causes, etc.…
Mais je constate que malgré l’existence d’une école de pilotage de renommée à Borj El Amri, l’état tunisien et en particulier le ministère des transport et le ministère de l’enseignement supérieur n’ont toujours pas décidé de reprendre en main la piste d’el Borj pour y faire entrer 50 voir 100 élève-pilotes par an et en former ainsi la relève.

Je suis prêt à parier, messieurs les décideurs, que les meilleurs élèves voudrons y aller, je suis prêt à parier qu’elle sera classée première parmi les écoles Tunisiennes, je suis prêt à parier que nous arriverons à exporter des pilotes partout dans le monde, je suis prêt à parier que cette école sera hyper rentable, je suis sûr que Tunisair y trouver son compte, je suis certain que les banques financerons les études des non boursiers…

Depuis 5 ans que cette vague de départ a été initié, il fallait le faire. Nous serions aujourd’hui a notre deuxième promotion, Tunisair n’aurais pas eu de problèmes de staff, nous n’aurions pas vu des commandants chevronnés partir sans même démissionner !!!

Alors qu’attendons nous ? Que tous les petits fils des « Barons Pilotes » deviennent pilotes ou que des avions "pavillon Tunisien" restent cloues au sol pour ouvrir les chemins de la méritocratie ??

samedi, 22 mars 2008

Attariq Aljadid

Depuis la relance du journal en hebdomadaire, c’est un vrai plaisir de le retrouver tous les samedis matin (même si ma copie postale arrive que Lundi ou Mardi: Merci la Poste!!!).

La semaine dernière un bon cru… et aujourd’hui encore un pur plaisir… D’abord l’article de mon Ami Ikbal Zalilia concernant Khechiche et son cinéma est d’une teneur remarquable…Le tour de la Tunisphère est agréable Et puis le sujet de Insaf Machta sur l’image du noir a fini par me décider d’écrire cette note. Je ne vais pas vous refaire l’article, il suffit d’acheter le journal... vous y lirez egalement dans la section arabe des articles de fond mais egalement quelques article d'un humour cinglant... Revenons aux noirs et a l'article de Miss Machta. En gros elle part de la dernière compagne de Tunisie Telecom pour évoquer cet retour a l’image de l’esclave qu’on voit fleurir… Je me souviens l’année dernière comment LCE c’est faite allumer par tous (la BAD en tête) pour une image d’un noir. LCE a confectionné cette pub avec amateurisme... Mais K&K, la plus grande agence du Maghreb à la tete de laquelle les plus brillants fils de pub de leur génération avec leurs armada de créas (ok, il y'a plein qui on désertés...), de juristes, de redacteurs concepyeurs, etc... Et qui laisse filer cela, je n'y crois pas!!! Pour moi c'est voulu, prémédité, et ça mérite sanction!!!! Oui, il y a encore un fond de racisme dans notre bled ! Merci a Attariq d’avoir lancé cet éclairage... Il ne faut jamais baisser la garde. Les noirs chez K&K

jeudi, 21 février 2008

Operation Marketing Planétaire

Bonjour, Monopoly va lancer une version mondiale de son jeu… bien sur l’Afrique est absente et la Tunisie inexistante… Sans rentrer dans le débat initie par aquacool, je vous invite tous a aller nominer Tunis.

A+

lundi, 21 janvier 2008

No comment

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lundi, 5 novembre 2007

J'aurais pu (ou aimé) l'écrire...

De Foued Zaouche dans Réalités:

Lettre ouverte à une femme voilée

Par Foued Zaouche

Mon intention est extrêmement respectueuse et j’aimerais entamer un dialogue avec les femmes qui portent le voile, un dialogue fructueux, dans la dignité et le respect, comme celui que l’on peut avoir avec des esprits ouverts et intelligents. Si personne ne doute de la liberté individuelle de porter ou de ne pas porter le voile, il faut expliquer ce que peut signifier le port du voile islamique et ses conséquences sociales et juridiques.

Zyed Krichen, dans Réalités de la semaine dernière, a parfaitement posé la problématique dans son éditorial et dans son article qui relate les tribulations juridiques d’une enseignante en conflit avec son autorité de tutelle à propos du port du voile.

Je voudrais poser une seule question aux Tunisiennes qui ont choisi de porter le voile islamique, et cette question, je ne la poserais pas à l’Algérienne, ni à la Marocaine, ni à l’Egyptienne et certainement pas à la Saoudienne, car celles-ci ne disposant pas des mêmes droits, cela n’aurait aucun sens pour elles. La question est celle-ci : savez-vous qu’en décidant de porter le voile, vous renoncez volontairement à tous vos droits juridiques actuels car ceux qui vous inspirent sont pour l’application de la Charia qui fait de vous des mineures sur le plan juridique ? Ce qui signifie que vous ne pourrez plus ni voyager seule, ni disposer de la personnalité juridique qui vous permet d’avoir un compte en banque, ni commercer en toute liberté sans l’autorisation de votre mari ou de votre père. Vous retomberez sous l’emprise totale des hommes, ce qui représente une insulte à vos mères et à vos grands-mères, ces femmes admirables qui ont milité pour l’émancipation des femmes tunisiennes et lutté courageusement pour l’abandon du port du voile, une pratique qui était l’expression d’une soumission éhontée. Comme le dit très justement Zyed Krichen dans son éditorial, les textes coraniques sont beaucoup plus explicites sur la répudiation et la polygamie qu’ils ne le sont sur le voile. La femme tunisienne risque de se retrouver, à Dieu ne plaise, confrontée à de vieilles pratiques rétrogrades heureusement bannies de notre pays, pour son honneur.

Evidemment, la femme tunisienne peut me rétorquer que le fait de porter le voile est une affaire de croyance personnelle, un acte de liberté et qu’elle ne se sent pas engagée par toutes ces considérations sociales et politiques. Cela est l’expression d’une immense naïveté ou d’une rouerie calculée car ce qu’on appelle le voile islamique est l’étendard affirmé et évident depuis les années 80 d’une doctrine militante extrêmement organisée et d’une dangereuse efficacité, il suffit d’observer son action en Egypte où elle est devenue le terreau d’un prosélytisme effrayant à l’origine d’une chape de plomb culturelle qui s’est abattue sur ce pays, naguère si joyeux.

Et pour celles qui croient « avoir le beurre et l’argent du beurre », c’est-à-dire, porter le voile et conserver les droits que leur confère le Code du Statut Personnel, elles se trompent totalement. En choisissant de porter le voile islamique, la femme tunisienne s’engage dans une doctrine dont la principale revendication est de restaurer la Charia. Chaque Tunisienne qui le porte devient une militante active, parfois malgré elle, de cette idéologie extrémiste qui n’est pas prête à ce genre de concessions sous peine de disparaître et en rappelant le pouvoir exorbitant que donne la Charia aux hommes sur leurs compagnes, réduites à être des mineures « taillables et corvéables à merci ».

Alors, à celles-ci, à ces Tunisiennes qui croient conserver leurs droits tout en portant le voile islamique, je les implore de poser des questions, de demander aux Imams, aux docteurs de la religion et à tous ceux qui se targuent de recommander le port du voile comme une obligation divine. Demandez-leur si vous perdrez vos droits si, par malheur, la Charia était imposée dans notre pays et ce que cela signifierait pour les femmes. Et s’ils vous disent le contraire, demandez-leur ce que signifie alors le fait d’être islamiste si ce n’est pas pour appliquer la Charia. Il faut se méfier des belles promesses de ceux qui ne cherchent qu’à séduire… Renseignez-vous sur le statut juridique de la Saoudienne ou de l’Iranienne, même si celle-ci peut faire illusion car elle va à l’Université et conduit sa voiture. Demandez à cette dernière quel est son statut juridique réel, dans les faits ; elle vous racontera peut-être comment elle peut faire l’objet de vexations de n’importe quel homme qui trouverait son foulard mal ajusté, laissant apparaître quelques mèches coupables ou comment n’importe quel « tartempion » peut s’arroger le droit d’interpeller une femme dans la rue pour lui adjoindre de respecter la religion, du moins celle que son esprit borné a pu en comprendre.

Combien je suis sincèrement peiné par l’aveuglement de celles qui portent le voile car elles risquent de nous entraîner dans un aventurisme effrayant pour notre pays qui a tant besoin de toutes ses énergies pour gagner la bataille du développement. Comment concilier notre volonté d’être un pays de services, c’est-à-dire tolérant, ouvert et accueillant, avec une doctrine passéiste et moralisatrice qui ne peut fleurir que dans les pays pétroliers dont les rentes leur permettent de se passer des autres. Nous, nous avons besoin de toutes nos femmes et de tous nos hommes pour construire notre pays dans ce monde violent et cynique. La petite Tunisie, sans ressources d’hydrocarbures ni minières, a besoin de l’ensemble de ses potentialités oeuvrant pour une dynamique de progrès et d’exigence.

Je ne doute pas de la conviction et de la sincérité de la majorité des femmes qui portent le voile… A elles, je voudrais dire que l’amour de Dieu est au delà d’une tenue vestimentaire et répéter ce que j’avais écrit dans un précédent article, ce n’est pas à la femme de se voiler mais à l’homme de voiler son désir, le seul coupable de cette aberration d’un autre âge.

Je voudrais clore ce énième article que je consacre au voile par l’expression sincère du respect que je porte à l’Islam, celui de l’Ijtihad, celui du dépassement de soi, celui de l’exigence personnelle. L’Islam n’est pas une idéologie politique. Nul ne peut juger mon action, je n’en suis comptable que par rapport à Dieu et à Lui seul. Ceux qui vous disent le contraire vous utilisent. Pour le reste, les lois de la République se chargent d’administrer notre vie terrestre dans le respect de la liberté qui s’arrête où commence celle de l’autre.

L’argument avancé par les islamistes, qui veulent faire du port du voile un simple acte de liberté individuelle qui ne concerne que son auteur, est trompeur. Ils devraient être plus explicites sur le rétablissement de la Charia, qui est l’essentiel de leur programme et sur ses conséquences sur le statut juridique de la femme tunisienne.

mardi, 30 octobre 2007

Il vaut mieux se taire

Aujourd’hui, un ami m’a appelé pour me dire que sur mon blog il y’avait un commentaire raciste, xénophobe, etc… Grosse inquiétude, vérification, etc… il s’agissait de mon premier blog que j’ai délaissé depuis de lustres et qui entre le moment où je l’ai abandonné et le moment où j’ai figé les commentaires… un couillon s’est glissé. Une faute d’inattention qui pourrait nous arriver à tous ! Alors, première leçon, il faut suivre vos blogs ! Même si nous ne sommes pas coupables, nous sommes responsables. Venons maintenant au contenu de ce commentaire : le gars (ça m’étonnerai qu’une fille s’exprime aussi mal) a tout simplement réagi a un article en hors sujet avec une diatribe anti juive de très bas niveau. Je me demande s’il faut répondre parce que ce type de personnes, hors sujet, ne savent que polémiquer… et la polémique est vaine ! Et puis, ça me désole de le dire, c’est un cas désespéré… alors ce n’est pas la peine de lui répondre. Sur ce, faites gaffes à vos blog, entre les rétro liens « roses » et les pubs de viagra, il ya des virus dangereux.

dimanche, 21 octobre 2007

Un peu de tendresse... dans le ble dur!

Le blé est a plus de 450 Euros la tonne… soit au cour du jour 800 DT… Le prix chez nous serait a 400 DT l’année prochaine… seulement ! dirait ceux qui souhaitent libéraliser complètement le prix. Trop diraient les autres qui craignent ainsi une envolée des prix notamment du pain et des denrées de base qui constituent le socle de notre alimentation dans ce pays. Ce combat est vieux, mais de toute façon perdu d’avance… alors résistons autant que possible afin de continuer d’avoir notre bout de pain même quand on mange des pâtes… Mais cette envolée des cours me fait craindre le pire… Moi qui milite pour un peu d’écologie dans notre agriculture…c’est raté ! Même les terres les plus pauvres deviennent intéressante à 450€ la tonne et les nitrates ont de beaux jours devant eux… C’est un peu le même phénomène que le pétrole avec un baril a 90$ qui rend intéressants des gisements délaisses jusque la ou même des exploitation de sols bitumeux…

Alors je lance un appel a tous les agriculteurs… si vous avez les moyens, préservez quelques parcelles pour une agriculture saine… je vous promet ça sera rentable.

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