Des idées...

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mardi, 25 mars 2014

L'Article 15, vous le voulez? Chiche!

La loi d'exclusion des RCDistes et des ex Mounachidines impose quelques réflexions...
-Si elle passe, c'est que l'ANC n'a pas su en plus de 3 ans organiser la Justice transitionnelle... Et que la coalition majoritaire ne souhaite pas profiter de l'année qui reste pour organiser cela!

-Si elle passe, c'est un cadeau en OR qui sera fait à Nidaa, à Hamed Karoui et les partis ex rcdistes! En effet, cela va enlever le seul argument de campagne pour la Troika qui est "le Retour de l'Ancien Système"... puisque par ailleurs, dans leur bilan en positif RAS!

-Si elle passe, elle va priver Ennahdha d'un nombre incalculable de "nouveaux supporters"... cachés partout... Y compris chez leurs alliés.

-Si elle passe, c'est que la Justice Tunisienne ne s'émancipera jamais de la Tutelle du Pouvoir!

Pour ces raisons, la Troika ne voudra pas que l'Article 15 passe! Alors, si je peux me permettre un petit conseil aux "démocrates": Même si c'est anticonstitutionnel et que ça nous pose un problème de déontologie ces "procès collectifs" sommaires, disons chiche!

Je suis pour cette loi d'exclusion! que l'on puisse parler enfin du bilan de la Troika!
Que l'on puisse juger enfin ces crimes de sang, sa corruption, sa faillite morale et intellectuelle sans concessions!

Alors? on fait quoi?

samedi, 22 mars 2014

Lettre ouverte à Hakim Ben Hammouda

(Tribune publiée sur Business News)

Monsieur le Ministre,
Cher Hakim,

Permet moi, au nom d’un rêve partagé d’une Tunisie meilleure de te tutoyer en public malgré ta fonction de Ministre… Ca va choquer plus d’un, mais je ne crois pas que le Prestige de l’Etat dépende de mon tutoiement…

J’écris pour te dire que ta nomination à l’Economie a suscité beaucoup d’espoir en moi.

D’abord l’Espoir de te voir initier les réformes nécessaires à la relance économique et sociale de ce pays en vue de remettre en marche les ascenseurs sociaux qui ont fait que toi et moi nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui. L'espoir de voir un tissu économique de PME revivre et voir l’Etat s’intéresser enfin aux « petits » au lieu de concentrer encore les avantages aux mains des plus nantis qui ont déjà tant bénéficié des faveurs de ce pays… De l’espoir aussi parce que connaissant ta modestie, je me suis convaincu que le Tunisiennes et les Tunisiens sont aptes à connaître la vérité et à relever les défis qu’impose cette période. J’ai encore de l’Espoir également, parce que je te connais soucieux du développement durable, de la Justice sociale et que tu possèdes une vision pour le développement régional qui séduira nos concitoyennes et nos concitoyens. De l'espoir encore pour introduire une dose d’éthique dans le fonctionnement des entités qui dépendent de toi (sois plus des trois quart de l’Economie de ce pays) Et enfin encore et toujours de l'espoir pour voir une réforme fiscale équitable qu'aucun autre gouvernement n’osera entreprendre pour des raisons électoralistes…

J’ai même visualisé la « super banque publique » avec des filiales partout dans le monde qui accompagnerai l’internationalisation de notre économie, j’ai rêvé un observatoire de la bonne gouvernance, j’ai imaginé le plein de bonheur et de prospérité pour ce peuple… Je te voyais réussir une inclusion/intégration de cette « économie para fiscale » qui représenterai plus de 40% des échanges économique de la Tunisie…

Et puis, être dans un gouvernement de transition provisoire ayant potentiellement un large consensus conjugué à ton courage me laissait entrevoir toutes ces choses…

Alors, plus de 40 jours après ta nomination, tu as quelques épreuves qui détermineront le reste de ton mandat :

-Quid des audits des banques publiques ? Pourquoi ne pas publier les rapports ?

-Quid des nominations à la tête des banques, des entreprises sous tutelle et celles dans lesquelles tes collaborateurs siègent aux Conseils d’Administration ?

-Quid de ce qui se passe dans Al Karama , la CDC et autres entreprises confisquées ?

-Quid de la « Consultation Nationale » pour la « loi de finances complémentaire » ? Ou vas-tu faire tienne les recommandations élaborées par le FMI et la Banque Mondiale comme l’ont fait tes prédécesseurs depuis des décennies ?

Tu l’auras remarqué, l’establishment « mafieux » veut déjà ta peau avec ces grèves sauvages ce qui laisse sous entendre que tu es sur la bonne voie… Mais est ce assez ?

En tous cas, si tu vas sur le chemin de mes rêves… Sur le chemin de tes rêves… Sur le chemin du Courage… Sur le chemin de la Rupture avec la pensée Unique… Je peux t’assurer que beaucoup de gens te soutiendraient dont moi.

Je peux t’assurer aussi que l’Histoire Economique de ce pays se souviendra de toi.

Pour finir, je te rappelle ce que tu écrivais il n’y a pas si longtemps sur ton blog dans un article dont le titre parle de « la misère de la pensée économique post-révolution ! » :

« Dans les moments de rupture et de remise en cause de l'ordre économique établi, les penseurs redoublent de créativité et d'inventivité pour comprendre les racines du mal et surtout suggérer les stratégies et les politiques pour mettre les économies sur la voie d'une croissance durable. Comme les grandes crises dans les pays développés, les printemps arabes constituent une rupture majeure dans les cycles et les trajectoires économiques de nos contrées. Cette rupture a exacerbé l'essoufflement des modèles de développement économiques et l'incertitude ambiante. Elle exige des réponses nouvelles pour sortir de la dépression et renverser le cycle économique et offrir une nouveau modèle de développement. C'est au débat, à un échange économique et à une réflexion qui sort des sentiers battus d'apporter des réponses ambitieuses aux défis du moment. »

A bon entendeur !

mardi, 17 décembre 2013

Le Dialogue National, et après?

Beaucoup de gens critiquent l'opposition pour son "échec lors du dialogue national".
C'est vrai, l’échec est là dans la mesure où on n'a pas su imposer un candidat. Mais avions-nous un candidat?

Malheureusement, notre vrai échec est celui-là!

Ne pas avoir réussi, en tant que Front du Salut, ou au moins en tant qu'UPT, à se mettre d’accord sur un candidat est le plus grand gâchis de l'opposition!

Apres le formidable succès du Bardo, le bras de fer gagné à l'ANC, après avoir forcé Ennahdha et sa Troïka à quitter le Pouvoir, on rate les derniers mètres…

Un beau parcours gâché à la fin parce que les uns et les autres, grisés par les succès, dopés par les sondages ont voulu se la jouer solo !

Ce «petit» échec ne doit pas gâcher les succès !

Se débarrasser d’Ali Larayedh sans coup d’état est une victoire certaine pour le processus de transition démocratique ! Parce que ne nous voilons pas la face, c’est ce que nous risquions face au népotisme fascisant d’Ali Larayedh.

Revenons sur ce dialogue où les différents lobbies de l’opposition ont tout fait pour imposer chacun son candidat… Ennahdha a déclaré son choix depuis des semaines et «les initiés» avaient le tiercé du Cheikh dans l’ordre : Ahmed Mestiri, Jalloul Ayed et Mehdi Jomaa.

Une fois la carte Mestiri, soutenue par Ettakattol, grillée, Ennahdha a sorti la carte Jalloul Ayed avec des soutiens «surprises» : Afek, et Attahalof, les deux partis «néo-libéraux»… Jalloul Ayed ayant fait face à un véto clair de la gauche proche de l’UGTT, Ennahdha a sorti son troisième candidat du chapeau. Ce troisième candidat avait un soutien informel de l’UTICA et de l’UGTT et du coup une neutralité bien vaillante d’Al Massar, d’une bonne partie d’Al Jabha et à la dernière minute de Béji Caid Essebsi.

Cette stratégie d’Ennahdha était basée sur une approche tactique claire avec pour chaque candidat un élargissement du cercle des soutiens éventuels. En face, le néant ! Que des candidats anti Ennahdha, plus ou moins déclarés. A part, à sa décharge, Chawki Tabib mais qui était très proche d’un lobbyiste connu. Bref, face à une Ennahdha et un Ettakattol fidèle, l’opposition, pourtant en position de force au début, a perdu des siens à chaque pion avancé.

Aujourd’hui, nous avons un PM qu’Ennahdha a choisi pour nous. Est-il Nahdhaoui ? Je ne crois pas. Va-t-il combattre le système «Bhiri-Larayedh» ? Pas certain ! A nous d’être vigilants ! Et de ne pas lâcher prise !

Est-il l’Homme de l’Occident ? A mon sens pas autant que Jalloul Ayed… A-t-il des soutiens internationaux ? Je l’espère de tout cœur ! Nous avons besoin ces jours-ci d’un support international fort ! Beaucoup de chose vont se clarifier le jour de l’annonce du Gouvernement… En tous cas il n’aura que quelques mois pour montrer qu’il est digne du poste. Il n’aura pas beaucoup de marges de manouvres, mais j’espère qu’il aura le courage d’insuffler une dose de transparence dans l’action gouvernementale et qu’il jettera les bases d’une bonne gouvernance.

Mais pour l’opposition tout reste à faire ! Que va-t-on faire ? Y A-t-il de l’espoir pour regrouper les progressistes de ce pays ?

Ennahdha a commencé sa campagne électorale depuis des mois ! Sa structure est déjà en place. Son équipe Programme est déjà à l’œuvre ! Des milliers de dinars sont engloutis en études pour comprendre les besoins et adapter le discours. En face, rien de bon ne se dessine ! Certains annoncent leur mécontentement et qu’ils quittent le dialogue ! Pour faire quoi? La lutte armée? La désobéissance civile? Après avoir flirté avec «Rached le Grand Homme Ouvert» (sic), ils viennent aujourd’hui jouer au Che Guevara Moderniste ? Et puis dans chaque circonscription, des dizaines de prétendants s’annoncent et je ne vois pas comment et qui pourra mettre de l’ordre ? Optimiste de nature, je dois avouer que je sèche ! Par quel bout commencer ? Comment remettre de l’ordre? Saurons-nous tirer profit des échecs subis lors de la formation du Pole Démocratique Moderniste?

Comme toujours, je pense qu’il y a des choses qui vont nous éclairer : L’Amour de la Tunisie, œuvrer pour que nous soyons tous Citoyens Libres dans une Société Juste et rêver ensemble d’une démocratie prospère et durable pour le bien de tous les Tunisiennes et Tunisiens.

Alors, au travail ! Au terrain, rêvons ! Faisons rêver !

samedi, 22 septembre 2012

New Arab Debates: My Introduction (October 2011, Before Elections)... I was optimist!

This was the question of the first edition of new Arab Debates on October 20th, 2011:
This House be lie ves that in the ir first free e lections, Tunisians have nothing to fear from the Islamists.

Here is my introduction:

In my opinion, we should not fear, but we should be careful. Tunisians gained awareness and they are not ready to compromise this unique opportunity of freedom and democracy by giving keys of their future to people who act differently from what they prone. Or to people who advocate a parliamentary system where the majority will act without control! They want a dictatorial model. The issue with Islamist parties is that they are using democraty to damp it as they do not believe in it!
We have noticed that during the transition process preparation Ennahdha party has participated actively in defining election rules and once it was done they left the Instance in order to stop the law concerning political parties and just yesterday, during its press conference, Mr Ghannouchi statements were really dangerous! How a serious party can claim that he will win the elections by giving a percentage? and if won't happen therefore Ennahdha will demolish any government? We also heard them claiming that they defend freedom but they are main supporters of censorship (Internet, Movies, etc…)

In fact this is what bothers me: The double language islamists are using since years!
They claim things in front of Foreign medias and they say the opposite on the ground! For instance, regarding women rights (Mr Ben Salem in Ecchourouk of April 11 insinuating that women remains unmarried because of laws protecting them ....too much) on the other hands in their program, they claim that they will not touch this law) What to believe??

Regarding keeping mosques out of the political game, they claim it every day, but they do the opposite on the field We 've seen them preaching for Ennahdha or against their competitors, replacing agressively imams, etc…The same thing about applying Chariaa, each day we have contradicted statements…

We heard them during the campaign arguing that not voting for ennahdha is haram! They do not respect the name of the game, the game of loyal competition. Their arguments are based on beliefs and threats.
Last but not least, the last event concerning Persepolis film is enough revealing how they will treat freedom in the future and people who does not have the same opinion and the way of living. In fact the biggest danger is that Islamist supporters are considering themselves as Soldiers of God and the unique defenders of Islam and thus stigmatizing the others!
The threat is that in name of Islam, they proclaim their selves defenders of the Revolution. I would like to remember the audience that benali was hard on freedom, islamists threaten also individual liberties!

Here is a link for the debate.

jeudi, 19 juillet 2012

Le Piège!

J’ai commencé plusieurs textes ces derniers temps, mais je n’ai pas eu le temps d’en finir un… Je vais essayer de reprendre le clavier de manière sérieuse afin d’essayer d’y voir clair et partager avec mes quelques lecteurs des réflexions qu’ils-elles ne manqueraient pas de me renvoyer à la figure….

Ce que je souhaitais partager avec vous c’est le constat amer qu’un piège se referme sur nous !
Quel piège me direz-vous ? Le piège du bipolarisme politique ! En effet, beaucoup de « cadres politiques », de manière machiavélique pour certains, par bêtise pour d’autres et par aveuglement pour une large majorité sont en train de pousser vers le bipolarisme !

Comment cela ?

Dans le camp du Pouvoir, le Président d’Ennahdha est en train de mener sa stratégie de main de maitre pour discréditer ad vitam aeternam ses alliés Ben Jaafar et Marzouki.
Il met en exergue la folie de l’un et la servilité de l’autre afin de ne pas leur laisser d’autre choix que de servir de faire valoir aux prochaines échéances électorales.
Il fait croire à l’un et à l’autre qu’il sera Le Candidat de l’Alliance aux prochaines présidentielles, mais il a déclaré, avec des mots à peine voilés, qu’il se prépare…
Lors de son interview sur Express FM, pour se positionner, il cite l’exemple de Chirac avec l’UMP et Mitterand avec le PS… Le Gars, à juste titre, s’y voit déjà !

De l’autre coté, le Grand « Frère Ennemi » Béji Caid Essebssi trouve son compte !

Ses « amis » ont essayé de flinguer Ettajdid-Al Massar (toute la bande a depuis quitté pour Nida), tout fait pour exploser Al Joumhouri et ont débauché à tour de bras chez Kamel Morjane dont la cote commençait à monter auprès de certains après les elections ...
Pourquoi ? Pour que nulle autre force ne puisse apparaitre comme capable de rassembler ! Mes efforts continus pour rapprocher Al Massar et Al Joumhoury ont constamment butés sur des « mains invisibles » qui, aidées par les Ego des uns, le dogmatisme des autres, ont fait capoter toutes les tentatives de fusion…

Ce qui fait qu’aujourd’hui, dans le camp Moderniste on n’a l’impression que rien ne peut s’écrire sans Nidaa Tounes ! Illusion savamment entretenue par les principaux bailleurs de fonds (ceux qui ne sont pas encore 100% nahdha) et bien sur par la « Peur du Régime Théocratique » qui fait que nos militants et sympathisants « paniquent » et ont besoin d’un « Parti Fort » et d’un Leader rassurant même s’il n’est plus très jeune.

Par ailleurs, le fait de marginaliser l’Assemblée Constituante fait les affaires de Nida Tounes, qui rappelons le n’a aucun député et donc techniquement absente de l’arène.

Et l’Ancien Système me direz-vous ? Et bain, il est partout ! Cette limitation du choix entre des « Conservateurs Religieux » et des « Conservateurs » (au sens pas de rupture avec l’ancien modèle économique) fait l’affaire de tous les Ex….

Ennahdha a évité l’éclatement lors de son congrès et elle apparaitra comme la principale force « ayant une expérience du Pouvoir »… En face, nous aurons une coalition autour de BCE avec les mêmes types d’arguments de « savoir faire »…

De plus, le recul des élections, annoncé aujourd’hui va permettre à ces deux camps de mieux se préparer, se structurer et peut être même ne pas trop se taper dessus… Espérons tout de même que les « Bons » de chaque camp (ceux qui seraient du coté du Peuple et pour la Démocratie) prennent plus de poids.

En quoi c’est un triste tableau ? C’est triste parce que les raisons qui ont mené au départ de benali : Quête de Justice, Dignité, Liberté et Justice Sociale seront sacrifiées à l’autel du « enjeu sociétal important » ! Les uns voient la revanche de l’Islam conservateur, les autres y voient la poursuite du combat moderniste…
Mais plus personnes ne parle de comment sortir d’un modèle dictatorial ! Le combat progressiste proprement dit sera le Grand absent des prochains débats…

Que faire ? Avons-nous le choix ? Est-ce une fatalité ? Il semble que oui… A moins que….

lundi, 4 juin 2012

رجع الكاميرا يا عمار!!!

Depuis des mois, je n’écris plus, pris dans la tourmente quotidienne et de la polémique facebookienne, on perd le nord…

Je voudrais exprimer mon soutien à Ramzi Bettibi qui a un combat juste !
Il est temps que le Citoyen puisse accéder à l’Information et connaisse la vérité.

Certains répondrons que la Justice Militaire doit « garder ses secrets », je répondrais simplement par une question : Pourquoi une Justice Militaire dans ce contexte ?
Et puis, rappelez-vous, c’est d’une révolution qu’on parle ! C’est les gens qui, de part leur sang, nous ont ramené le semblant de liberté dont nous jouissons !

Alors jusqu’à quand ne nous saurons rien de nos martyrs et nos blessés ? Jusqu’à quand le « Système Sécuritaire » va protéger ses « brebis galeuses » ?

Alors oui le combat de Ramzi est juste ! Oui il faut le soutenir !

Mais j’aimerais m’adresser à Ramzi pour lui demander de lever sa grève ! Nous avons besoin de toi, de ta force pour continuer ce combat ! Ne te met pas en danger, nous avons entendus et nous porterons avec toi la voie.

Encore une fois merci.

Amicalement

Khaled Abdeljaoued

jeudi, 8 décembre 2011

De l'Urgent et de l'Important...

Maintenant qu’Ettakattol et le CPR ont adoubé Hammadi Jebali et Enahdha contre deux chaises beylicales, on peut parler des choses sérieuses.

La Constitution :

Le CPR et Ettakattol ont-ils obtenus des garanties de leur allié au gouvernement. Ces deux « partis » ont-ils défini quelques lignes rouges autour de la constitution avant de signer ce chèque en blanc à Ennahdha ? Tout pousse à croire que rien de tel n’est fait. Tout au plus, il ya eu accord sur des idées de réformes politiques et de grandes lignes concernant la politique socio économique.

Bref, ce que nous avons vu là est un partage de postes dans les règles au détriment de tout sujet de fond. Avec in fine un jeu au sein de la troïka de type « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

D’ailleurs les « partenaires » d’Ennahdha n’ont même pas réagi aux « fuites » sur la composition du gouvernement tellement ils étaient obnubilés par je ne sais quoi : Le Gendre de Rached El Ghannouchi Ministre des affaires étrangères, le cousin de Jebali Gouverneur de la Banque Centrale, etc… Ils n’ont pas non plus réagi aux « dérapages contrôlés » de Jebali & Co. au sujet du Khalifat, du Niqab, etc..

Considérant les derniers votes à l'Assemblée, ils viennent, par ces derniers gestes d’allégeance à Ennahdha, de griller toute la marge de négociation qu’ils avaient et vont donc finir en caisse de résonnance du Premier Ministre Jebali.

Quel Gouvernement et quelle gouvernance ?

La Troïka, ou devrais-je dire Ennahdha et ses satellites ?, discutent encore les lignes générales et « qui a droit de nommer qui »… D’ailleurs ils se sont concentrés sur les « Chefs » et les vrais problèmes de fonctionnement ne sont pas soulevés ! Quelle latitude sera donnée aux ministres ? Si l’un d’eux s’avère incompétent et que Jebali le vire, qui le remplacera ? Qui nommera les PDG des entreprises publiques ? Quelle mécanique d’arbitrage entre départements ministériels ? Quels arbitrages budgétaires ? Quelles relations nouvelles avec la société civile ? Quid des dossiers "suspendus" des biens de la famille benali, des dossiers Télécoms,..

Et, le plus important, quelle relance économique?

Tout le monde s’accorde à dire que la situation économique est dans un état catastrophique : un million de chômeurs, une administration encore sclérosée par du clientélisme et népotisme (les événements de Gafsa en sont la preuve), un investissement direct étranger à l’arrêt, investissement local moribond, … Ce sujet nécessite une Mobilisation générale ! Aucune majorité ne peut réussir ce chantier seule ! Comment une commission de neuf personnes (3 de chaque parti) peut elle décider du programme de relance ? Il est urgent qu’Ennahdha et ses appendices prennent la mesure de la tache et comprennent que ce n’est pas un sujet qui se discute dans le « secret » !

Il est urgent que la semaine prochaine l’Assemblée discute enfin, et dans un esprit constructif, de la Relance économique de la Tunisie ! Quels moyens de financements ? Avec, sans démagogie, la question de la dette, de la révolution fiscale et des incitations fiscales… Quels Grands Projets de relance ? Villes nouvelles ? Routes ? Quelle Industries nouvelles en région ? Le Chômage : Entre assistanat et Social, où se trouve l’équilibre ? L’Agriculture, la Santé, le commerce parallèle, etc… Bref des sujets importants à passer en revue avec les députés de la Nation et en portant le débat sur la place publique que l’on comprenne tous ensemble comment aller de l’avant !

Il est vrai qu’Ennahdha va continuer à polluer le débat par des sujets qui ont fait son succès, et nous seront vigilants et en opposition par rapport à une vision paternaliste de l’Etat qui doit décider des libertés individuelles…

Mais il est vrai aussi que la Relance du Pays doit se faire dans le Consensus Général, avec une mobilisation de toutes les ressources et les compétences pour combattre le chômage, faire la guerre à la misère, assurer une couverture sanitaire décente, assurer un logement salubre à tous, faire en sorte que l’école redevienne obligatoire jusqu’à 15 ans, y compris pour les filles, …

Il est donc urgent de publier la « feuille de route » avant même de la « parapher » afin que le débat public s’enclenche!

Monsieur Jebali, j’espère que Dieu vous fera un signe clair afin que vous enlevez votre burqa d’ennahdha pour revêtir un kadroun tounsi, et devenir ainsi, le Premier Ministre de tous les tunisiens dans cette guerre économique qui s’annonce difficile dans un contexte mondial morose.

Je vous propose pour commencer de lever un toast à la santé du tourisme tunisien au plus vite sinon, la saison sera morte…

samedi, 26 novembre 2011

Ennahdha : La Tentation Dictatoriale !

Les masques commencent à tomber et Ennahdha fait tout pour monopoliser le Pouvoir comme je m’y attendais depuis quelques jours… Sans revenir à la période avant le 24 Octobre 2011, durant laquelle Ennahdha a montré à maintes reprises un comportement emprunté au rcd avec une apogée le jour des élections, je vais essayer d’analyser ce qui s’est passé depuis. Commençons par les faits :

-Contrairement à ses affirmations, Ennahdha a « choisi » ses partenaires dans ce GIN (finalement devenu Gouvernement d’Intérêts Nahdhaouis…). Il n’y avait aucune volonté affichée d’avoir un VRAI Consensus National. 30% des élus (un peu plus en voix exprimées) ont été écartés volontairement des « pourparlers ».

-Les négociations avec les « partenaires » du CPR et d’Ettakattol on montré très rapidement qui commande ! Les ministères de Souveraineté et d’Education ont été trustés par Ennahdha. Les partenaires vont hériter des « problèmes » socio-économique et servir ainsi de fusibles…

-Lors des premières séances de l’Assemblée, aucune place n’a été faite à l’Opposition, même à titre symbolique ! J’aurais aimé voir Maya Jeribi en Vice Présidente ! J’aurais aimé voir un Elu hors d’Ennahdha et ses « partenaires » présider une commission ou du moins en avoir la vice-présidence… Que nenni ! On prend tous les postes ! Hors de question que l’on tienne compte d’une voix opposante !

-Les textes (Pouvoirs Temporaires et Règlement Intérieur de l’Assemblée Constituante) initiaux ont été préparés par Ennahdha et ses auxiliaires avec une volonté affichée de faire un passage en force sans discussion.

-Le contenu même de ces premiers textes affiche une volonté claire de monopoliser le Pouvoir en cette phase de transition. Le Premier Ministre devrait avoir tous les Pouvoirs, le Président serait cantonné dans un rôle symbolique et l’Assemblée Constituante en Chambre d’Enregistrement.

-Le « Futur » Premier Ministre, autoproclamé au dépit du respect des règles démocratiques, commence à intervenir dans le travail de l’actuel gouvernement causant ainsi une démission prématurée de Béji Caid Essebssi et ses ministres contrairement aux usages républicains.

Je tiens à rappeler à nos élus d’Ennahdha, ceux du CPR et d’Ettakattol, qui agissent encore en troupeau, certains principes sur la base desquels ils ont été élus :

-L’Assemblée Constituante est souveraine ! Il est hors de question de la déposséder de son pouvoir ! Le Peuple l’a élue pour qu’elle décide et non pour qu’elle applaudisse !

-La Démocratie n’est pas la dictature d’une majorité ! Il faut savoir écouter l’Avis contraire, lui garantir un espace de liberté et de parole et ne pas le cantonner systématiquement dans un ghetto sans influence ! La démocratie, c’est aussi un contre-pouvoir présent et écouté.

-Il est hors de question que la rédaction de la Constitution se fasse dans les alcôves en « secret » comme vous tentez de le faire pour les deux premiers textes !

-Pour le partage du «Gateau-Pouvoir », vous êtes en train de nous refaire du benali avec Jebali en rôle de « Multi Chef », ou devrais je dire « Mufti-Chef », aux pouvoirs les plus étendus sans aucun contre pouvoir possible ! Vous souhaitez que la contestation soit uniquement dans la rue et non au sein de l’Assemblée Constituante…

-Chaque élu-e est personnellement responsable, devant le Peuple et l’Histoire, de ses actes et de ses choix, vous en avez prêté le serment, ne l’oubliez pas !

Khaled Abdeljaoued

Docteur Ingénieur

jeudi, 1 septembre 2011

Des enjeux du jour… et du Pole Démocratique Moderniste

Ce que nous vivons depuis janvier n’est pas une Révolution au sens historique du terme dans la mesure où une Révolution balaye le système existant pour instaurer un nouveau.

Nous étions nombreux à espérer une révolution, mais la majorité du Peuple était dans une logique de « Transition ». En effet, l’autorité de l’Etat et le Système de gouvernement n’ont jamais été remis en cause à la base. La « Dégage » attitude a toujours été accompagnée par un « nommez nous un M. Propre »… A quelques rares exceptions, nous n’avons pas vu le Peuple nommer un Gouverneur ou bien un Maire… L’Avènement rapide de la « Majorité Silencieuse » a fini par enterrer le processus révolutionnaire naissant.

Ce que je veux dire par là, c’est que nous sommes aujourd'hui dans une logique de transition à négocier avec l’Ancien Système qui gouverne encore.

La pression populaire a marqué des points : Des élections démocratiques gérées par une instance indépendante, une vigilance accrue par rapport à la Justice, un éveil citoyen sans précédent, etc… D’autres sujets sont encore « ouverts » : Les médias, le financement de la vie politique, le nettoyage de l’administration, et surtout la Justice Transitionnelle.

Ma conclusion personnelle c’est que nous sommes au début d’un processus long, laborieux et semé d’embuches. Les forces du passé « contrôlent » les rouages de l’Etat et de l’Economie et sans grande concertation elles avancent les pions… L’Ancien Système (Gouvernants, Administration, Médias hérités de benali, Hommes d’affaires, Argentiers, etc…) s’est déjà redéployé :

-Des dizaines de partis RCD avec une « coalition » visible de 4 partis et une quarantaine de partis à vocation régionale. Le moins drôle, c’est que ces partis ont redoublé d’arrogance et revendiquent même un bout de la révolution. Ces partis se sont disputés les cadres du RCD et sont déjà en train de labourer le terrain.

-Le parti du «milliardaire » qui a débauché des cadres du RCD, des jeunes hommes d’affaires, des barbouzes de tout genre, etc… Ce parti à force de budget pub s’est acheté la sympathie de tous les journaux, de Télévisions et des agences de pub.

-Un investissement « massif » de certains hommes d’affaires, bien prospères, dans les partis historiques : Ennahdha, PDP et Ettakattol sont emblématiques vu les financements obtenus. Cela ne veut pas dire que ces partis sont foutus, mais pour moi, cela veut dire que ces partis ne seraient pas dans un modèle de rupture radicale avec l’Ancien Système (cf définition plus haut).

Le cas d’Ennahdha est encore plus complexe dans la mesure où elle a accueilli des milliers de rcdistes comme l’a déclaré R. Ghannouchi et qu’elle essaye de se présenter comme « alternative » paisible et crédible aux yeux de tous… Et comme l’a déclaré son Chef, elle considèrera une alliance avec les « propres du RCD » si l’« Intérêt National » l’exige… Son score aux élections avec ses deux listes nationales (celle officielles et les officieuses soutenues par Mourou) serait déterminant pour la suite des événements.

Je trouve que mon tableau peut paraitre sombre… Mais en réalité il ne l’est pas pour autant !

Les enjeux sont multiples. Là je viens de parler de « Pouvoir », mais pour être honnête, ce qui me motive ce n’est pas le pouvoir ! C’est la construction de la nouvelle Tunisie qui m’importe !
Les quelques mois passés à vouloir construire un Pole Démocratique Moderniste large m’ont éclairé sur les intentions des uns et des autres… Ceux qui sont restés dans le Pôle sont animés par un autre sentiment d’Urgence : Celui de mettre sur les rails un Pays ouvert, démocratique et prospère.

Notre enjeu n’est pas un enjeu de Pouvoir ! Quelque soit notre score aux élections, nous continuerons la lutte pour que la Rupture avec les anciennes pratiques soit consommée! Quelques soit notre score aux élections, nous continuerons à défendre une Egalité Femme Homme dans la Loi et de par la Loi ! Quelque soit notre score aux élections, nous nous battrons pour construire un Parti Démocratique qui serait une alternative sérieuse aux forces du passé pour que la Tunisie vive sa première transition démocratique par les urnes !

Je crois que le Peuple qui ira voter (espérons en masse) saura faire le tri entre les forces en présence.
C’est vrai que nous n’avons pas les moyens de faire une Campagne de Com, c’est vrai que nous n’intéressons pas les Médias de benali puisque nous appelons à réguler le secteur et que nous n'avons pas de budget pub, c’est vrai que nos positions responsables et intègres ne nous classent pas parmi les révolutionnaires romantiques, c’est vrai que nous sommes naïfs dans notre amour de la Tunisie, c’est vrai que nous nous entêtons à avoir le maximum de femmes de valeur en têtes de listes, c’est vrai que nous n’intéressons pas les Instituts de sondages, pauvres que nous sommes, c’est vrai que beaucoup de gens ne parient pas sur nous…

Mais, ce qui est sur, c’est que nous sommes animés par l’intime conviction que nous défendons la juste cause pour une Tunisie Meilleure. C’est cela notre grande force, le militantisme et l'abnégation des Démocrate Modernistes du Pôle fera la différence dans les années qui viennent !
Qui vivra verra...

mercredi, 10 août 2011

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté

Ce matin l’humeur est morose et comme je le répète souvent, le pessimisme est d’humeur et l’optimisme est de volonté ! Je suis donc dans une phase pessimiste pour plusieurs raisons :

-L’émiettement des forces démocratiques entre partis, Indépendants, pseudo indépendants va exploser le Camp démocrate aux élections,

-La remontée des camps conservateurs : Islamistes et exRCD (ou new PSD comme ils se plaisent à se définir) et la possibilité d’un « deal » béni par les US entre ces conservateurs pour se partager « le gâteau » Tunisien,

-Le peu d’intérêt des Tunisiens à la chose publique : on regarde l’arène politique comme on commentait les matchs de foot,

-L’Ancien Système qui se protège et se redéploye avec violence,

-L’Argent coule à flot dans les rouages politiques, ce qui montre que les bénéficiaires du système benali réassurent leurs positions,

-Le Gouvernement dépassé et se laissant dépassé,

-Les révélations sur le 14 janvier et les événements qui suivent veulent montrer qu’en fait nous vivons un coup d’état contre le Clan des Trabelsi, rien d’autre !

Bref, une grande désillusion s’empare de moi et je commence à me poser des questions… Faut-il céder à la fatalité ?

N’ayant pas découvert mon coté « révolutionnaire » le 14 janvier, je pense que nous sommes dans une étape charnière et qu’il faut la négocier avec doigté. Je n’ai jamais eu l’illusion que la démocratisation du pays se fera en 6 mois, mais je ne pensais pas les forces du passé aussi puissantes !

Que faut-il faire ? Simple, il faut se battre !

Entre Ancien Système et Religieux Anciens, une troisième voix existe ! Elle dérange, elle est peu soutenue, elle n’est pas bien organisée, mais nous essayons de faire au mieux ! Le Pôle Démocratique Moderniste que nous essayons de construire et élargir est pour moi la voie la plus crédible pour transformer la Tunisie, pour consommer la Rupture avec l’Ancien Système et mettre la Tunisie sur la voie de la Modernité. Nous ne sommes pas des révolutionnaires romantiques et irresponsables, mais nous incarnerons l’alternative fiable, n’en déplaise à certains.

L’histoire d’Ettajdid, des militants qui soutiennent le pôle, des autres partis sont une garantie forte pour l’opinion publique.

Je suis peut être naïf, nous ne ferons peut être pas de scores électoraux mirobolants, mais nous sommes en train de construire la vraie alternative ! Et si nous croyons en la Tunisie, dans 2 ans, 3 ans, 10 ans… Ca finira par payer !

Non, nous ne baisserons pas les bras malgré le peu de moyens, les convictions primerons !

Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté ! Je suis optimiste pour la TUNISIE !

jeudi, 28 juillet 2011

Situation au 27 Juillet...

Depuis des mois, nous étions un nombreux déjà à espérer une restructuration du paysage politique en Tunisie afin de pouvoir relever sérieusement le défi de la Transition démocratique. Pour ma part, c’est installer durablement une démocratie qui m’anime et me motive. Quand je pense démocratie, je pense avant tout Droit du Citoyen, Liberté et Prospérité pour Tous les Tunisiens sans discrimination aucune (sexe, régions, milieu social). Ma lecture simple et « simpliste » du paysage politique du moment fait apparaitre 4 quatre blocs politiques qui se dessinaient :

-Un bloc des « historiques » qui ont gouvernés durant 55 ans la Tunisie avec les « New RCD », les « New Destouriens » et affiliés… Bloc peu homogène, sans chef légitime et qui essaye avec une grande peine de « se renouveler »… Ce bloc a déjà perdu une partie des troupes allées se ressourcer ailleurs, mais d’après mes observations, il va peser sur la suite des événements.

-Un bloc Islamiste, centré autour d’Ennahdha, fort d’un passé récent de victime de benali et d’un appareil logistique efficace. Ce bloc est tiraillé par deux courants forts : Les traditionalistes qui souhaitent mettre en place une « République Islamiste » et les « ouverts » qui, par conviction ou tactique, souhaitent durablement installer la mouvance dans le jeu démocratique (modèle AKP). Beaucoup de ces « modernistes » ont crée de nouveaux partis faute de stratégie claire d’Ennahdha. Ce bloc commence juste de sortir de l’enfermement identitaire et le discours religieux pour essayer d’apparaitre comme Parti de Gouvernement.

-Un bloc « Démocratique » qui regroupe ceux qui œuvrent pour installer une démocratie durable dans le pays. Les composantes historiques de ce bloc sont Ettajdid, le PDP et Ettakattol… et dans une certaines mesure le CPR (canal historique). Ce bloc s’est renforcé –ou plutôt s’est émietté- par la création d’une douzaine de nouveaux partis dont quelques uns commencent à prendre un peu de place (le PTT et dans une moindre mesure Afek).

-Un bloc d’extrême gauche (PCOT, Watad,…) et de nationalistes fort d’un discours populiste et d’un romantisme révolutionnaire qui essaye de trouver sa place dans la cristallisation des revendications mais qui essaye aussi de jouer un rôle important dans la constituante.

On a observé depuis quelques semaines des alliances, des discussions, des divorces… Mais ce qui est clair c’est que nous assistons à d’autre type de coalitions :

-Le bloc des historiques semble se restructurer autour de Kamel Morjane (depuis que Jegham a trébuché) avec des quadras de l’ex RCD à la manœuvre sous la bénédiction de quelques « vieux » destouriens « écartés » par benali.

-Une coalition électorale « tactique » pour « réaliser les objectifs de la Révolution » entre Ennahdha les Nationalistes et le CPR… Qui pourraient être rejoints par le PCOT. Contre nature me direz-vous ? Tactique je réponds.

-Un Pôle « Démocratique » avec Ettajdid, le PDP, le PTT, Ettakattol et autres nouveaux partis. Vont-ils surmonter leur Egos et leurs « conflits de personnes» entretenus par des années de Bourguiba puis de benali pour faire listes communes ? Vont-ils revoir leurs ambitions personnelles et transcender leurs intérêts partisans ? Ceci étant dit, tout ce monde sait qu’un pays comme le notre se gouverne au « Centre » et avec modération… D’ou peut être une redistribution des cartes encore une fois avant les élections.

Pour moi, j’ai choisi mon camp ! Cela fait des mois que je milite modestement afin de regrouper le camp démocratique pour que l’on puisse créer une Coalition rassurante, capable de mobiliser les électeurs. Il en va du Salut de notre pays parce que la démocratie ne peut s’installer durablement qu’avec des « partis » capables de gouverner et d’assurer une alternance au pouvoir par les urnes avec des Minorités fortes au parlement. Il est aussi important de ne pas laisser les « islamistes » en position forte parce que notre histoire a montré que c’est souvent les plus « extrémistes » qui prennent le pouvoir dans ce type de partis et cela ne pourra être que prélude à une dictature. Ma lecture des choses est peut être naïve, mais je crois profondément, qu’il est possible en peu de temps de réaliser le miracle tunisien ! Le système despotique nous a laissé des forces politiques essoufflées, mais l’espoir nouveau donne des ailes ! Nous y arriverons, j’en suis convaincu !

Et pour redonner espoir, je site SAID AIDI: « Ces dernières semaines, beaucoup de personnes me disent "on ne sait pas où on va". Tachons déjà de na pas oublier d'où on vient!»

Je rêve d’une Tunisie où nous seront des « Citoyens Libres dans une Société Juste » (je pique le slogan d’Ettajdid ;-) ).

vendredi, 15 juillet 2011

Quelle est la stratégie d’Ennahdha ?

Depuis l’arrivée du vieux (BCE), le calme est semble t il revenu dans Tunis et nous nous sommes mis en mode préparation des élections… Le consensus commençait à se mettre en place, l’Instance a sorti ses textes de loi, le gouv s’est remis au boulot et l’ISIE a lancé la machine électorale… Et puis il y a eu le report des élections et là, Boum ! El PDP et Ennahdha ont commencé l’exercice de surenchère… Suivi par l’eternel insatisfait Marzouki et son CPR. Le PDP a vite compris que son intérêt était dans le maintien du consensus… Ennahdha et le CPR (qui essayent depuis le 14 janvier de monter dans le train de la Révolution) ont tout fait pour rompre le consensus ! Il y a eu le coup d’éclat par rapport à la date, puis par rapport à la loi sur le financement des partis puis une sortie de l’instance et finalement un soutien actif à un Nième Kasbah3… Pourquoi ? D’abord je crois que beaucoup d’erreurs ont été commises dans la recherche du consensus de la part du gouvernement : Nominations de ministres Symboles de l’ère benali, absence de concertation, mépris flagrant des journalistes, des politiques, des jeunes, des familles des martyrs, etc… Et puis il y a eu des erreurs d’agenda dans la Haute Instance : La loi sur le financement des partis aurait du précéder toute autre discussion politique afin de ne pas donner les moyens aux uns et à l’autre de râler… Mais cela ne peut tout excuser! Ma question est simple : Pourquoi Ennahdha veut prendre le contrôle avant les élections ? Pourquoi cette stratégie de surenchère qui ne profite qu’aux ex RCD ? Quel intérêt ils avaient (avec leur petit ami du CPR) de monter en épingle cette histoire de sionisme et d’en faire une question existentielle en Tunisie ? Pourquoi limiter leur propagande à « L’Islam est en danger, nous en sommes les seuls protecteurs » ? Autant de question qui me font dire que ce parti est en train de privilégier ses intérêts partisans par rapport à l’intérêt National ! Ennahdha veut GAGNER ces élections par TOUS les moyens ! Je pense que si Ennahdha est le Grand parti Démocrate qu’il se prétend, il doit clarifier les choses : - D’abord arrêter cette surenchère religieuse et identitaire : L’Islam n’est pas en danger et le faire croire n’est que pour contrer leurs adversaires les plus honnêtes: «Les modernistes » ! Et surtout cacher l’absence de tout programme Socio Economique ! -Sortir du double discours par rapport aux exRCD puisqu’ils ont accueillis en leur sein énormément de sbires de benali et surtout des hommes d’affaires qui ont largement prospérés sous l’ère mafieuse ! -Arrêter la surenchère et les « perturbations » gratuites pour permettre au pays de réussir les élections du 23 Octobre.

Je crois que ce parti, s’il est aussi fort qu’il le prétend doit revoir sa stratégie de pourrissement qui ne peut mener qu’à un report des élections où à un éventuel coup d’état policier !

Ce qui se passe ne profite selon moi qu’aux ex RCD (ceux qui n’ont pas rejoins Ennahdha) et nullement à la Tunisie ! A bon entendeur !

mercredi, 11 mai 2011

Garder le Cap!

Dans la cacophonie ambiante, il est difficile de garder l’esprit clair. Pour nous en sortir, il faut fixer l’objectif et ne pas se faire avoir par les diversions. Alors, permettez moi de poser les éléments de l’équation afin d’imaginer quelques éléments de stratégie. La vraie question est « que voulons-nous pour la Tunisie ? »

Ce que nous voulons c’est rompre avec le passé et réussir notre transition pour installer une démocratie durable qui assure une vie digne à tous les Tunisiens. A mon avis, cela veut dire :

-Construire un écosystème politique capable de gérer des alternances démocratiques au pouvoir,

-Réinventer un système économique équitable basé sur la transparence,

-Assoir une République moderne et moderniste avec une bonne gouvernance de l’Etat et du Bien Public qui garanti les libertés de chacune et chacun.

Bien évidemment, la « Tunisie Rêvée » ne se résume pas en trois points, mais cela donne des idées sur ma vision…

Pour y arriver, le chemin est long et épineux !

La première pierre à poser est la réussite des élections de l’Assemblée constituante. Pour cela, il faut garantir un climat social et sécuritaire apaisé et surtout une organisation transparente de la campagne électorale et du vote. Ceci donnera à la Constituante une légitimité populaire qui lui permettra de définir de façon sereine les bases constitutionnelles et juridiques de la Nouvelle Tunisie.

Beaucoup de forces essayent de « plomber » ce processus en semant le désordre ou en retardant le vote. Il s’agit essentiellement de divers combinaisons politico-mafieuses qui usent de tous les moyens : Lobbying auprès du Gouvernement, influences étrangères, manipulation des médias, casseurs dans les rues, démonstration de force, etc… Mais le Peuple est lucide et nous gardons le cap malgré tout ! Il faut continuer à être vigilants, soutenir la Commission Electorale (finalement élue), déjouer les pièges au jour le jour.

Mais comme vous l’imaginez, on n’est pas surs du résultat. Et quand bien même nous aurons de bonnes élections, les forces progressistes et démocratiques de ce pays doivent militer pour barrer la route (pacifiquement via les urnes) aux forces du Passé. Ces forces, bien présentes en Tunisie s’articulent autour de deux clans :

-Les « 3P » selon la formule d’un ami (La police politique de ben Ali + la pègre+ l’ex parti RCD),

-Les « passéistes » qui veulent faire de notre Tunisie un pays islamique gouvernés par les Oulémas selon une lecture ancestrale de la Charia. Ce clan qui considère la démocratie comme un moyen d’atteindre leur fin et non comme finalité en soi.

Bien sur chacun de ces clans a déjà ses satellites, ses versions « light », ses pions sur l’échiquier, ses infiltrations auprès des forces « modernistes » et progressistes, etc…

Alors que faire ?

D’abord concentrer son énergie pour renforcer les vraies alternatives à ces clans ! Nous sommes nombreux à agir depuis des semaines pour un Pole Moderniste Démocratique… Ca vient !
Pour ceux qui ont choisi d’autres partis politiques, assurez-vous que vous n’êtes pas en train de servir indirectement l’un des clans passéistes ! Analysez attentivement les positions de vos « gourous » par rapport à ces deux clans ! Beaucoup des rumeurs qui circulent parlent de scénarii échaudés par ces clans pour se servir de vitrines «propres». Sur le court terme, œuvrer pour faire réussir les élections du 24 juillet est un devoir national !

Et puis ne vous laissez pas détourner de ces objectifs par les joutes facebookiennes ou les journaleux de TV7 et du Renouveau !

dimanche, 24 avril 2011

Assez de nombrilisme! Assez de divisions! Allons de l'avant!

Depuis des semaines, nous sommes nombreux à promouvoir un Front électoral qui représentera les valeurs de modernité de progrès et de justice sociale… Nous avons mis beaucoup de pression sur Ettajdid, le PDP et le FDTL pour les convaincre de cela… Ettajdid a été le premier à faire fi de calculs et accepter l’idée. J'ai de l'espoir pour que les autres bougent cette semaine... Les deux principaux arguments avancés par les uns et les autres pour « repousser » la coalition au 25 juillet sont :

-Mathématiquement, le système de vote choisi est favorable à l’éclatement et si les « modernistes » avancent dans des listes séparées, ils auraient plus de sièges.

-La phase de construction d’une démocratie nécessite la construction de partis forts et c’est l’occasion ou jamais (en l’absence du RCD) de pouvoir mesurer l’impact de chaque parti dans le paysage politique.

D’autres amis, « Indépendants », ayant œuvré au sein d’Initiatives Citoyennes pour défendre des Valeurs de Modernité et de Justice sociale sont aujourd’hui, au vu des réactions des partis et par vieux reflexes « indépendantistes », tentés par des listes indépendantes pour les élections… Les nouveaux partis sont quand à eux en phase de naissance et sont en train d’essayer d’exister sur le terrain et dans l’imaginaire des gens…

Tous les arguments sont compréhensibles et défendables ! Mais tous ces amis oublient que nous ne sommes qu’au début du chemin et que :

-Les principaux sondages sortis jusque là montrent que 85% de la population ne sait pas pour qui voter ! Cela veut dire, au regard des marges d’erreurs, que toute extrapolation est farfelue ! Le fait d’avoir 85% d’indécis ne veut pas dire qu’il y a 85% « gagnables » par les partis. Le travail politique est de longue haleine et une campagne se construit « zenga, zenga ». Le marketing ne peut pas tout faire. Alors, pitié, un peu d’humilité.

-Le seul parti bien organisé jusque là est le parti « ultra conservateur », les extrémistes diraient certains, à savoir Ennahdha et alliés (Tahrir et Mourou). Il a une organisation qui commence à se mettre en place, une communication bien huilée et un plan de bataille sur les rails… A ce rythme, ils feraient plus de 30% aux élections ! (estimation personnelle).

-23 ans de benali n’ont laissé émerger aucune figure et les quelques jours de visibilité depuis le 14 janvier ne permettent à personne de se targuer d’une image forte… Même pas Farhat Rajhi, éphémère Ministre de l’Intérieur, qui nous a touchés par sa sincérité. Alors que dire de Nejib Chebbi, Mustapha Ben Jaafar ou Ahmed Brahim ? Que faire alors ? L’idée la plus simple serait de dire renforçons les partis, soutenons les listes indépendantes… et nous (les modernistes) auront une majorité de sièges à la constituante et nous verrons émerger quelques partis (ou futurs partis issus des regroupements d’indépendants) qui auraient tout le temps de s’organiser en coalitions ou fusions en vu de gouverner et des élections d’après…

Cette hypothèse arrange ceux qui ont fait un choix « pragmatique » de miser sur un « cheval gagnant ». On les voit ici et là entourant le « gourou », défendant « Le Parti » et lancés dans une course aux financements, à la visibilité… En espérant gagner pour faire changer les choses ou peut être accéder au Pouvoir.

Permettez-moi d’être naïf et idéaliste ! L’enjeu est certes de construire un paysage politique, de renforcer les partis, etc… Mais l’enjeu est avant tout de construire la Tunisie de Demain !

La Tunisie a besoin d’un Pole Moderniste qui s’affirme, qui rassemble et qui gagne ! La dynamique d’Union peut faire des miracles ! 1+1=3 voir plus ! La Tunisie a besoin d’un pole Moderniste Uni, fort de ses Valeurs et qui ferait plus de voix que les « Ultras Conservateurs » !

La Tunisie a besoin de coalitions fortes pour que le 25 juillet, Ennahdha et alliés n’apparaissent pas comme la première force politique du pays à cause de nos divisions !

La Tunisie n’a pas besoin d’un « Si Foulen » Présidentiable ! La Tunisie a besoin de 29 listes électorales faites de personnes honnêtes, modernistes, progressistes, proche du terrain et qui créeraient une dynamique autour d’elles pour affirmer l’Identité Tunisienne Moderne. La Tunisie a besoin que ces « Stars d’un jour » se mettent au service de ces listes et qu’elles mettent leur égo entre parenthèse jusqu’au 24 juillet !

L’enjeu réel n’est pas dans le nombre de sièges dans la constituante. Personnes n’aura une majorité et j’espère que notre future constitution sera équilibrée. L’enjeu réel est le décompte des voix dans les premières élections libres que vivra la Tunisie!
Et pour que notre Révolution ne parte pas en fumée, il faudra que le Pole Moderniste soit le premier en nombre de voix.

كفى تشتت، إلى الأمام

تعيش بلادنا اليوم مرحلة تاريخية حسّاسة سيتحدّد خلالھا مصير تونس للعقود القادمة، بعد أن أطاحت ثورة 14 جانفي 2011 بنظام الفساد والاستبداد الذي كبّل الطاقات وأعدم الحريات وجرّ البلاد إلى حافة الھاوية. وشعورا منّا بمسؤولياتنا الوطنية في اتجاه تحقيق أھداف الثورة وحمايتھا من مخاطر الردّة والانتكاس، فإننا نعتقد أن القطع النھائي مع كل أشكال الاستبداد ومع أساليب الحكم البائد ومع الحيف السياسي والاجتماعي والاقتصادي ومع التصحر الثقافي، يتطلب منا جميعا ومن كافة القوى المؤمنة بالديمقراطية كقيمة حضارية، وبالعدالة الاجتماعية وبالمبادئ الكونية لحقوق الإنسان، أن نعمل معا على تحقيق أھداف الثورة في اتجاه بناء دولة ديمقراطية عصرية وعادلة تقوم على الأسس التالية:

-1 الوفاء لأرواح شھداء الوطن الذين واجھوا رصاص الاستعمار في سبيل استقلال تونس، والوفاء لأرواح شھداء ثورة 14 جانفي الذين سقطوا دفاعا عن الحرية والكرامة والعدالة الاجتماعية.

-2 صيانة وتطوير المكاسب الحداثية والعقلانية على أساس التكامل بين الجوانب النيرة التي يزخر بھا تراثنا العربي الإسلامي والتي عمقتھا حركة الإصلاح التونسية وبين القيم والحقوق الكونية، وبالخصوص المساواة الكاملة بين المرأة والرجل.

-3 التفريق الھيكلي بين السلط وضمان استقلال القضاء وحرية الصحافة والإعلام وحرية الفكر والإبداع.

-4 الفصل بين الدين والسياسة بتحييد الفضاءات الدينية عن ممارسة العمل السياسي وتحييد الفضاءات العمومية عن الممارسات الدينية، مع نبذ التعصّب وإرساء قيم التسامح والاعتدال، فالمساجد والجوامع مرافق عمومية وفرتھا الدولة للجميع،وقد جعلت للتعبد لا للسبق السياسي فلا تدعوا مع لله أحدا". "وان المساجد

-5 التأكيد على قيم التضامن بين شرائح المجتمع والتآزر بين المواطنين، مع حماية وتطوير قطاع المرافق العمومية وسن سياسة جبائية عادلة وناجعة، في إطار اقتصاد يضمن التنافس النزيه والشفاف ويوف ّر المناخ الملائم لتحقيق التنمية الشاملة والعادلة بين الجھات والفئات.

-6 اعتبار حماية المحيط من أوكد الأولويات الوطنية وسن سياسة بديلة تعتمد الاستغلال المحكم لمواردنا الطبيعية بما يجن ّب البلاد مصادرة مصالح الأجيال القادمة ويضمن التوازن بين التنمية المستدامة وبين جودة الحياة والمحيط.

-7 التشديد على ضرورة تحييد المدارس والنأي بھا عن السباق السياسي وذلك بالتزام القيم التربوية السليمة التي تحفظ التلميذ من جميع أشكال التسلط على العقول والوجدان فضلا عن التجنيد الانتخابي والتعبئة الايديولوجية .كما يجب إخضاع جميع ضروب الموسسات التربية قبل المدرسة إلى التفقد البيداغوجي والصحي.

ونظرا لما يخوّل للمجلس التأسيسي من صلاحيات واسعة، حيث يرجى أن تحدّد ولايته بسنة، فإن الانتخابات القادمة المزمع تنظيمھا في 24 جويلية 2011 تكتسي أھمية بالغة ومصيرية. لذلك، فإننا نتوجّه بنداء ملحّ إلى كافة الأحزاب والقوى السياسية والنقابات والمنظمات المھنية وتنظيمات المجتمع المدني وإلى كافة المواطنين والمواطنات المؤمنين بنفس المبادئ المذكورة أعلاه، كي نعمل معا على تكوين جبھة وطنية موحّدة لخوض انتخابات 24 جويلية 2011 ضمن قائمات مشتركة تحت شعار واحد تضع مصلحة البلاد ونجاح الانتقال الديمقراطي الحداثي فوق كل اعتبار. ونعلن عزمنا على الاتصال في القريب العاجل بمجمل ھذه الأحزاب والقوى السياسية والفعاليات المدنية، النقابية والحقوقية والمھنية، لحثھا على الاستجابة لھذا النداء والمساھمة الفعلية في إنجاح ھذه المبادرة وإيجاد الآليات العملية لبعث ھذه الجبھة الانتخابية وبلورة برنامجھا الانتخابي واختيار مرشحيھا في كافة الدوائر الانتخابية لنضمن التعبئة الشاملة لقوى التقدم والديمقراطية التي يفرض عليھا الواجب الوطني أكثر من أي وقت مضى تجاوز التشتت الذي أضرّ بھا وبالبلاد ولم يعد يبرّره أي خلاف سياسي أو حزبي، حتى تفوز في ھذه الانتخابات بأغلبية أعضاء المجلس التأسيسي وتتمكن من وضع مشروع مجتمعي يكرس خيار الديمقراطية والحداثة والعدالة الاجتماعية، عبر انتخابات حرّة، نزيھة وشفافة.

samedi, 16 avril 2011

De la méthode

Ce que nous vivons aujourd’hui en Tunisie est assez exceptionnel et l’espoir de voir notre pays vivre en démocratie n’a jamais été aussi grand. L’Instance de Yadh Ben Achour a fini par accoucher, presque dans les temps, d’un projet de code électoral révolutionnaire. Révolutionnaire pour plusieurs raisons :

-Le fait de confier l’organisation des élections à une instance indépendante, en dehors du contrôle du ministère de l’Intérieur est un acte de rupture radical avec le passé ! Tous les « magouilleurs » qui ont falsifié les élections durant les 40 dernières années seront « hors d’état de nuire ».

-Le fait d’interdire les anciens responsables du RCD de se présenter est aussi un acte important. Je ne sais pas ci cela concernera 200 personnes ou 50 000 personnes, mais cela voudra dire que nos futurs élus ne seraient pas de la même nature que ceux que nous avions avant ! Cela aussi répond à une volonté populaire forte que nous avions porté depuis le 14 janvier : « RCD Dégage ! ».

-Le point le plus important concerne la Parité. Décision Sage qui reconnait la place de la femme dans notre société et sa participation active dans la chute du régime de benali. Les réactions depuis cette décision sont nombreuses :

-On conteste la légitimité de cette commission… Soyons clair ! Nul n’est légitime en Tunisie aujourd’hui pour parler au nom du Peuple ! Cette commission a le mérite de faire tout de même l’objet d’un large consensus. J’entends aussi ici et là des appels au référendum, qui réalisera ce référendum ? Quelle commission légitime pourra organiser le référendum ? C’est un cercle vicieux sans fin qui ne finira jamais ! Alors arrêtons de critiquer, mieux est l’ennemi de bien ! L’objectif c’est d’avoir un gouvernement légitime au 25 juillet et pas plus tard ! Le Pays a besoin de se remettre en ordre de marche, l’économie est à l’arrêt, le tourisme est au ralenti, l’investissement est absent…

-On conteste le mode de scrutin : Aucun mode de scrutin n’est parfait ! J’ai déjà expliqué ma préférence pour les listes. C’est un mode plus facile à organiser et qui a ses avantages et inconvénients. Les tenants du mode uninominal par quartier savent pertinemment qu’il est difficile de mettre en place ces élections pour le 24 juillet dans la mesure où un découpage électoral de la Tunisie en petites circonscriptions aurait nécessité une estimation de la population et un découpage « zenga zenga » difficile à finaliser en quelques semaines !

-On conteste la parité ! Et je suis étonné de voir que ça vient de partis se disant modernistes comme le PDP. Je ne commenterai pas plus dans la mesure où cette décision est historique, sa portée symbolique est mondiale et elle affirme la place de la femme dans notre pays. Qu’elle n’assurera pas une parité totale au sein de la constituante soit. Mais que chaque liste, indépendants et partis assument la composition de leur liste.

Le point le plus drôle est tout de même la contestation des RCDistes appuyée par Beji Kaid Essebsi lui-même qui a envoyé son « responsable de communication » tâter le terrain et a sorti ses gouverneurs pour « appuyer ». Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet, mais je rappelle juste que ces « responsables » du RCD ont été actifs ou « passifs » dans la mise en place d’un système politico mafieux qui a violé le pays politiquement et économiquement. Ce n’est pas parce que le Peuple qui a fait la révolution n’a pas dressé la guillotine pour couper les têtes de façon expéditive que ces gens la se croient tout permis et ressortent de leur abris. Les Tunisiens ont montré un attachement fort à la Justice et au Droit, il faudra mettre en place une commission nationale pour écouter ces responsables, leurs mea-culpa et ensuite accepter de « pardonner » les acteurs « passifs » de l’ère benali et juger sévèrement les autres. On n’a pas le temps de le faire, alors cette solution est la plus simple et la plus juste ! Nous sommes en train de rompre avec le système de benali, ce n’est pas avec ses « compagnons de route » que nous réussirons à le faire…. Un peu de décence est nécessaire !

Pour finir je rappelle qu’on est à 99 jours des élections, nous n’avons plus de temps à perdre ! Que chacun de nous s’interroge sur le model sociétal pour la Tunisie des décennies futures et quelle constitution nous garantirai une démocratie durable et une prospérité équitable. Et puis, dans 75 jours, la Campagne électorale commencera. Alors que chaque Tunisien qui souhaite s’engager choisisse son camp et/ou son action pour faire réussir ces élections historiques dans le monde !

dimanche, 27 mars 2011

Pour un Front de Gauche!

La Gauche Tunisienne à une longue histoire de luttes et de résistances qui trouvent leurs racines dans la lutte pour l’Indépendance du pays… Je ne vais pas raconter l’histoire, mais je vais essayer de définir les deux concepts clés qui définissent la Gauche Tunisienne aujourd’hui :

A- La Gauche Tunisienne est résolument Moderniste dans la mesure où elle épouse les valeurs de Citoyenneté universelles tel le qu’on les trouve dans les Chartes de droit de l’Homme (voir http://www.un.org/fr/documents/udhr/ ). Cela implique par exemple l’appel à l’abolition de la peine de mort où à l’égalité dans l’héritage entre homme et femme. Elle est également moderne dans sa conception des rapports de l’homme à son environnement.

B- La Gauche Tunisienne est de gauche ! Cela veut dire que son approche socio-économique est dictée par quelques idées fortes :

  • un souci permanent de Justice Sociale,
  • une recherche permanente de l’équité et de partage équitable de richesses,
  • la Solidarité, avec un parti pris pour défendre les plus « faibles »,
  • la défense d’un Service Public fort et un rôle moteur de l’Etat,
  • il est fort possible de changer le monde ! Ne pas accepter la fatalité des inégalités, de l’ordre établi, du dictat de la Finance mondiale, …
  • privilégier «l’intérêt public » sur les intérêts de marchés ou les intérêts financiers.

Finalement, on pourrait résumer cela en une phrase : œuvrer pour une société plus juste et plus humaine. Ceci étant dit, on voit que sur les valeurs modernistes, il y a moyen de trouver un consensus entre les partis « historiques » et les partis libéraux, notamment parmi ceux qui ont fleuri depuis le 14 janvier.

Sur l’aspect économique, en alliant ces idées et un sens de la responsabilité, j’arrive à la conclusion simple : Il est de la responsabilité du FDTL et d’Ettajdid de lancer au plus vite une coalition afin de rallier les forces vives qui adhèreraient a cette vision du monde et qui seraient prêtes pour construire une Tunisie démocratique plus juste.

J’aurais pu ajouter le PDP, mais depuis quelques jours, on assiste à une « dérive » droitière de ce parti et son premier responsable « officieux », M. Najib Chabbi, rejette publiquement les propositions d’alliances à gauche même si sa première responsable (Maya Jeribi) ne ferme pas la porte. Je crois que dès que ce Front est lancé, le PDP aura à choisir son camp… J’espère qu’il fera le bon choix !

Une coalition résolument moderniste et clairement à gauche rallierait selon moi une large frange de la population et par la même obligerait l’extrême gauche à se positionner sur les sujets de fond et sortir des alliances électoralistes à contre nature avec les conservateurs !

Notre pays a besoin de réinventer son modèle de développement pour qu’il soir solidaire, durable et moderne… Notre pays a besoin d’une majorité moderniste pour que les fondements de la 2ième république ne soient pas accrochés à une gloire passée à mais résolument tournés vers un futur meilleur.

Alors pour être pragmatique, j’invite tous les modernistes de gauche en Tunisie à pousser avec moi ces deux « vieux » partis à unir leurs forces pour le bien de notre pays… Et pour leur bien :-)

mercredi, 16 mars 2011

Des règles du jeu et des enjeux...

Le débat est lancé concernant le mode d’élection de l’assemblée constituante. Il y a globalement deux options pour élire les députés. Ces deux options s’appuient sur un découpage électoral de 1 siège pour 50.000 habitants afin de décider du nombre final des députés. -Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours : Dans ce cas, chaque 50 000 habitants formeraient une circonscription de laquelle sortirait un élu. Le représentant est élu à la majorité absolue. En cas de ballotage (aucun candidat n’obtient 50% des voix + 1 voix), seuls se présentent à un second tour les candidats arrivés en 1ère et 2ème positions. Le candidat arrivé en première position en nombre de voix est élu. -Le scrutin proportionnel à un tour s’appuie sur des listes électorales qui peuvent être régionales ou nationales… Par exemple, dans chaque gouvernorat on détermine le nombre d’élus (Il y’aurait autour de 20 élus sur le Grand Tunis si on dit qu’il y a 1 000 000 d’habitants) et on vote pour des listes. Le nombre de sièges attribué à chaque liste est en fait le pourcentage des votes obtenus. La liste qui obtient 30% aurait 6 sièges dans le cas de figure de Tunis.

Bien sur il existe des variantes autour des modes, puisque techniquement on ne pourra pas découper aisément en circonscriptions de 50 000 habitants (il faudra y aller zenga, zenga et houch, houch), on aura finalement des circonscriptions avec plusieurs députés et d’autres avec des regroupements de « grands territoires » pour atteindre les 50 000 habitants. Bref, ça sera un casse tête de faire un bon découpage électoral surtout si on va vers l’uninominal. Pour ma part, je défends fermement le scrutin par liste proportionnel et je vais expliquer mes raisons : -Un scrutin par liste déplacerai la campagne électorale plus facilement sur un combat d’Idées et de programmes. En effet, voter pour 1 élu ferait que l’on va choisir le bonhomme ou la bonne femme qui nous plait le plus et pas forcément dont les idées ou le programme nous corresponde le plus. Pire encore, dans certaines région, on va exacerber les reflexes tribaux et le clientélisme au détriment des valeurs des candidats. -Les enjeux de la Constituante sont tellement importants pour l’avenir du Pays qu’il me parait choquant de ne pas avoir de débat de fond durant les semaines à venir. On va rester sur des débats de proximité, du populisme et on risque de voir des méthodes peu orthodoxes (achat de voix, etc…). -Avoir des dizaines de candidats plus ou moins indépendants qui se présentent de façon individuelle va aboutir à une assemblée pas claire dans laquelle les ex RCD recyclés sous couverts d’indépendants ou de notables locaux seraient légions. Une assemblée dans laquelle les visions de la Tunisie des uns et des autres commenceraient à se clarifier le 25 juillet. Une assemblée ou la coalitions des « traditionalistes » serait plus grande que prévu, une assemblée ou les coalitions seraient à contre nature… J’ai déjà lu ici et là que le modèle le plus « démocratique » est le suffrage uninominal : Je ne suis pas d’accord ! La démocratie n’est pas uniquement l’expression de la majorité, c’est également la protection des minoritaires ! Il faut que les « idées » minoritaires soient entendues ! Et on ne pourra pas les entendre si on les sort mécaniquement du débat. J’ai également lu des arguments du type : La proportionnelle par liste va faire le jeu des partis au détriment des indépendants. Je suis en partie d’accord ! Mais il faut assumer ! Nous aurons aux élections quelques 70 partis politiques, cela m’étonnerai fortement qu’on n’aura pas de parti politique qui corresponde à 90% des aspirations de chaque Tunisien. Il est temps que ces « Personnalités » « Indépendantes » s’engagent, il est temps qu’elles mettent leur égo de coté et si elles n’y arrivent pas qu’elles créent des partis autour d’elles ! Et puis les procès d’intention et les raccourcis faciles de type « tous pourris » ne valent pas un millime dans un paysage politique quasi vierge… Je souhaite que lors de ces élections, les projets des uns et des autres soient clairement identifiés afin que l’on vote pour la vision de la TUNISIE qui corresponde le mieux à nos aspirations ! Khaled Abdeljaoued

vendredi, 11 février 2011

De l'ATUGE

Depuis la nomination du gouvernement, l’attention autour de l’ATUGE est grandissante. En effet, avoir 6 ministres tunisiens issus des Grandes Ecoles Françaises est un événement de taille dans la vie de notre association qui a pour vocations de regrouper les quelques 4000/5000 tunisiens issus des Grandes Ecoles Françaises. La présence de ces ministres commence à faire couler beaucoup d’encre suivie de beaucoup de paroles à la radio puis à la télévision… Quelques précisions s’imposent afin de dissiper les malentendus : -Les Grandes Ecoles Françaises sont des établissements dont l’accès est très sélectif. Ceux qui y accèdent sont en général parmi les meilleurs élèves de leur génération avec les meilleurs résultats au Bac. -Une fois l’Ecole finie, on retrouve ces ingénieur (ou ressortissants des Ecoles de Commerce) soit dans l’enseignement et la recherche soit dans les entreprises. Etant donné les critères de sélection a l’entrée, ces « anciens élèves » font généralement de très belles carrières. Les plus audacieux créent leurs entreprises et globalement ils réussissent pas mal. - En Tunisie, on les trouve aujourd’hui dans le management d’entreprise ou pour quelques uns en chef d’entreprises. Aux premières années de l’indépendance, on les retrouvait plutôt au sein de l’Etat, puis quand les entreprises privées sont devenues la locomotive de l’Economie, on les trouve plus dans le secteur privé. -Ces ressortissants Tunisiens des Grandes Ecoles Françaises, ne sont pas tous adhérents à notre association qui regroupe 15% de notre base. Ceci étant dit, rappelons que notre association a vu le jour il y a 20 ans a l’initiative de Elyes Jouini et quelques autres afin de promouvoir deux choses : La Solidarité entre les Tunisiens des GE en France et créer des ponts avec la Tunisie. Rappelons-le, à cette époque, peu de Tunisiens « revenaient » en Tunisie pour y travailler. Très rapidement, une association jumelle a été crée en Tunisie afin de tisser les liens entre les deux rives de la méditerranée. Depuis, notre association ne cesse de grandir en toute indépendance. Nous avons eu de nombreuses tentatives de récupération ou d’entrisme auxquelles nous avons résisté. Depuis les premiers jours, nous avons pris le parti pris de notre pays et aucun parti pris partisan. On nous reproche d’avoir invité des ministres à nos forums ou a nos débats, mais nous l’avons fait sereinement, et les discussions se sont déroulé en général sans langue de bois ! J’ai entendu également des reproches quand a notre timidité dans la critique : Je rappelle que nous ne sommes pas un parti d’opposition ou une ligue des droits de l’homme… Encore moins un corps constitué (Ordre des Ingénieurs) ou un syndicat. D’ailleurs beaucoup de nos adhérents ont été actifs dans d’autres structures, généralement dans l’opposition mais tout le monde a joué le jeu pour laisser notre association en dehors du champ politique. Bref, beaucoup de procès d’intention dus a la nouvelle visibilité de l’ATUGE. Je souhaite également préciser que 3 membres du gouvernement sont adhérents sur les 6. Et que Sami Zaoui, a démissionné du Conseil d’Administration de l’ATUGE le soir même de sa nomination au gouvernement. Je souhaite également préciser que nous n’avons pas eu de sollicitations officielles ou officieuses pour proposer des noms comme certains le laisse entendre. Pour nos relations avec YML, oui nous avons soutenu l’initiative en 2009 et 2010 et pour etre complet nous nous posions des questions pour 2011! Oui nous l’avons soutenu! Il faut assumer ses responsabilités pour représenter la Tunisie dans les mouvements, apolitiques, qui tentent de rapprocher les jeunes de la méditerranée. L’idée est intéressante, les débats constructifs et la presse y était ! Il n’y avait pas de conspirations pour prendre le pouvoir comme certains le laissent entendre. Pour 2011, le CA n’a pas tranché encore… Que des Atugéens soient appelés a participer au gouvernement de TRANSITION, me parait naturel : Quand le pays est en crise, il a besoin de compétences indépendantes et efficaces pour gérer le changement et mettre en place des plans d’action rapides. Je suis fiers de ces tunisiens qui ont accepté de mettre en veilleuse des carrières internationales, de diviser leurs revenus par 10 ou par 30 pour, le temps d’un CDD, se mettre au service du pays ! Jugeons-les sur les actes ! Nous en tous cas, puisqu’ils sont des nôtres, on sera plus critiques et plus vigilants que tout le monde ! Faisant partie du premier bureau élu de notre association à Paris après sa création, et étant président de l’association de Tunis aujourd’hui, je suis fier de notre indépendance ! Le passé l’a prouvé, l’avenir le confirmera !

lundi, 7 février 2011

Soutenir une transition démocratique «douce» ne veut pas dire avaler des couleuvres !

Je l’ai écrit, on ne peut sécuriser cette transition qu’en démantelant le RCD ! Il semble qu’une sentence politique est prise dans ce sens avec la décision du ministre de l’intérieur (encore faut il qu’elle soit confirmée puisqu’elle a disparu du site de la TAP).

Cela ne m’inquiète pas puisque c’est l’affaire de quelques jours…

Ce qui m’inquiète par contre c’est les anciens caïds de l’ancien régime qui continuent à noyauter partout et la naïveté politique complice du gouvernement :

-Les nominations des gouverneurs faites au dépit du bon sens sans consulter les « soutiens » du gouvernement (voir communiqué d’Ettajdid ou de l’UGT), sans même consulter les ministres de ce gouvernement qui ont accepté de soutenir une transition vers la démocratie par devoir !

-Les nominations au niveau des médias nationaux (radios et journaux) qui semblent sortir du bureau du sinistre abdelwaheb abdallah!

-Les nominations au sein des commissions, si importantes pour la transition démocratiques, ne font pas l’unanimité...

D’autres cafouillages viennent semer le trouble comme les déclarations de hédi baccouche, les nominations des administrateurs judiciaires (le financier de Princess Holding a, semble t il, été nommé par la justice pour gérer la boite qu’il a monté de toute pièces pour sakhr materi), les sorties incongrues du ministre des affaires étrangères, les «oublis» flagrants dans le gel des avoirs (il manque des membres de la famille, des belles familles ou des prêtes noms notoires).

Heureusement que le Peuple Tunisien est aux aguets !

Je veux bien soutenir un gouvernement de transition pour qu’il gère les affaires courantes le temps de faire des élections. Mais ce soutien n’est valable que si les choses sont claires par rapport à sa composition et son rôle :

En premier, j’attends de ce gouvernement un démantèlement méthodique et exhaustif de la machine rcd et de l’organisation mafieuse qui s’y est collée. On est bien partis mais certains départements ministériels sont en retard et d’autres ne semblent pas vouloir le faire ! De plus la relation incestueuse PSD-RCD / Etat a duré plus de 50 ans, il va falloir y aller au Karcher !

En second lieux, j’attends que ce gouvernement (j’inclus le Président) s’engage sur un calendrier électoral clair (quelle élections et quand) avec des dates butoirs pour les amendements de la loi qui gère les associations et les partis ainsi que la refonte du code électoral. Cette activité doit se faire avec un maximum de consultations voir faire appel a un référendum populaire pour trancher les grandes questions (chronologie des présidentielles et législatives ; mode de scrutin, ou autre).

En troisieme lieux, j’attends que ce gouvernement déclare la guerre à la corruption ! Qu’il gèle les privatisations, qu’il réexamine les marchés publiques, qu’il annule les marchés passés avec des dessous de tables, qu’il renationalise les sociétés publiques mal acquises, même si c’est des « partenaires » étranger !

En quatrième lieux, j’attends de ce gouvernement un changement des hommes à la tête des grandes administrations, des entreprises publiques, etc… Afin que les trois premiers points soient réalisés sur le terrain.

Il est urgent que ce gouvernement mette hors d’état de nuire les vieux « caids » qui continuent à tirer les ficelles ! Il est anormal que ghariani apparaisse encore sur al jazeera ou fasse encore des réunions, qu’abdallah reçoive encore chez lui… Il est anormal de voir les chefaillons du RCD encore à l’œuvre dans nos villes… Il faut les arrêter, leur couper le téléphone et commencer les interrogatoires ! Il faut également couper les robinets des commissions occultes (les rumeurs sont grandes) qui continueraient de tomber chez les proches de l’ancien régime !

Une fois ceci fait, on peut sereinement aborder la suite et relancer notre économie !

Notre Révolution avait, pour moi, trois principaux objectifs, la Liberté, la Démocratie et la Justice Sociale. Ce que j’ai exprimé jusque là c’était pour avoir des assurances fortes pour la Liberté et la Démocratie. Mais le plus gros enjeu pour moi sera celui de la Justice Sociale. Quel développement durable pour les régions ? Quel modèle de partage de richesses ? Quelle fiscalité ? Quelle Economie ? Sur ces points, les libéraux ont pris une grande avance ! La gauche n’est pas organisée pour défendre ce terrain… La bataille sera rude et les forces en présence, globalement d’accord sur les premiers points, devraient s’organiser pour l’avenir de notre Pays.

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